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Elia Kazan est né Kazanjoglou, à Constantinople, alors capitale de l'empire ottoman  07/09/1909 à Istambul et est décédé le 28/09/2003.
Famille de petits commerçants grecs. Devant les campagnes de terreur dont étrangers et chrétiens sont alors les victimes, les Kazanjoglou émigrent à Berlin en 1911, avant d'accepter, deux ans plus tard, l'invitation d'un oncle d'Amérique et d'y tenter leur chance dans le négoce des tapis. Après des études dans les quartiers new-yorkais de Brooklyn et de New Rochelle, où il se gagne le sobriquet de « Gadget » (« probablement parce que j'étais petit, vif et excentrique »), il s'inscrit dans la section d'art dramatique de l'Université de Yale. Mais la crise économique des années 1930, qui ruine son père, le jette sur le marché du travail, sans pour autant entamer sa fascination pour le théâtre.

 

Elia se rapproche de Broadway, balaie les couloirs, monte les décors, pour finir par décrocher des figurations. Ambitieux, curieux et passionné, il rejoint, en 1933, le Group Théâtre, scène d'avant-garde, où il joue dans « Golden Boy » et « Waiting for Lefty » de Clifford Odets, avant d'assurer sa première mise en scène, l'année suivante, avec « Dimitroff ». Une fois aiguillé sur cette voie, il ne devait plus se produire qu'occasionnellement comme interprète, et notamment lors de ses débuts à Hollywood. D'ailleurs, en 1942, sa réputation de « director » est faite avec la pièce de Thornton Wilder, « La peau de nos dents » (avec Tallulah Bankhead), grâce à laquelle il obtient le prix de la meilleure mise en scène. Une renommée qui parvient à Hollywood, où il signe, en 1944, un contrat avec la Fox. Socialement engagé à gauche, par conviction mais aussi par son intimité avec l'intelligentsia new-yorkaise, Elia Kazan dénonce, dans « Le lys de Brooklyn », la misère des petites gens ruinés par le capitalisme. Un plaidoyer qui tirera sa force de son style semi-documentaire et de la vivacité de son rythme. Un langage et des préoccupations qu'il reproduira avec « Boomerang », dont le thème est la corruption politique. Comme l'antisémitisme et les préjugés raciaux sont au cœur du « Mur invisible » et de « L'héritage de la chair ». Autant de sujets délicats au moment où les crispations politiques nées de la guerre froide sont sur le point de se radicaliser sous l'influence du sénateur McCarthy. Il n'empêche : Kazan accumule les distinctions et excelle à tirer le meilleur de ses acteurs. 

Selon Karl Malden, l'un de ses comédiens fétiches, le cinéaste choisissait ses interprètes au terme d'une longue promenade dans la nature, et après les avoir mis à la torture pour connaître leur vraie personnalité. S'il sortait déçu de l'examen, il se tournait vers d'autres candidats. Curieux, d'ailleurs, comme ils se louèrent tous de la place éminente qu'il laissait à l'acteur, alors qu'il ne pouvait parler d'eux sans une certaine condescendance. « Marlon Brando est le seul à qui l'on pouvait laisser une grande marge de liberté, le seul qui comprenait tout. Je n'avais rien à lui expliquer. » Brando, dont il fera effectivement une star, comme il donnera un nom à James Dean, Montgomery Clift, Rod Steiger, et toutes les jeunes pousses issues de cet Actors Studio qu'il avait cofondé, en 1947, avec Lee Strasberg, dans l'esprit du Group Théâtre. Des comédiens au jeu à ce point intériorisé, qu'ils seront les personnages avant de les jouer, et dont Robert De Niro et Al Pacino seront, un jour, les héritiers. C'est à cette époque que commence sa fructueuse collaboration avec Tennessee Williams, dont il mettra en scène ou portera à l'écran « Un tramway nommé Désir », « Camino Real », « La chatte sur un toit brûlant » et « Doux oiseau de jeunesse ». Cette coopération étroite avec les dramaturges et les écrivains — Miller, Steinbeck, Fitzgerald, Thornton, Odets—court tout au long de son œuvre.


Le 10 avril 1952, Elia Kazan se prépare à livrer la performance la moins glorieuse de sa vie. Pressé par les zélateurs de la commission McCarthy, qui lui reprochent son éphémère appartenance au parti communiste, dans les années 1930, il va dénoncer huit de ses anciens camarades, dont Clifford Odets et Paula Strasberg. Une trahison dont il portera le poids durant le restant de ses jours, et d'autant plus impardonnable, aux yeux de ses contradicteurs, qu'il n'a jamais exprimé le moindre regret. Au contraire : dans « Sur les quais », il fait l'apologie de la délation, tandis que « Man on a tightrope » a toutes les caractéristiques du pamphlet anticommuniste. 37 ans plus tard, lors de la chute du mur de Berlin, n'aura-t-il pas le cynisme de cette autojustification : « N'avais-je pas raison d'éprouver quelque méfiance pour le monde communiste, puisque celui-ci en vient même, aujourd'hui, à renier Lénine? » La réaction d'un homme cassé dans son orgueil et qui, croyons-en Vivien Leigh, ne fit jamais le moindre effort pour plaire : « Kazan n'a cure des civilités. Quand un individu ou un groupe l'ennuie, il le plante là, sans excuse, sans justification. »


Dans les années 1960, Kazan évite les sujets qui fâchent pour se consacrer à un cinéma davantage tourné vers les valeurs familiales et inspiré de ses propres souvenirs. Tels « America, America » qui conte l'émigration de son oncle vers les Etats-Unis . 

A la fin des années 1960, il a virtuellement mis un point final à son oeuvre, préférant s'exprimer désormais par le biais de l'écrit. Il ne pourra d'ailleurs supporter que « Le dernier nabab » soit laminé par la critique, qui soulignera l'échec de son adaptation du roman inachevé de Scott Fitzgerald. Honoré sur le tard, pour l'ensemble de son œuvre, le cinéaste et metteur en scène devait décéder le 28 septembre dernier, dans son appartement new-yorkais. Moins orgueilleux, mais nullement repenti.

 


PIE IN THE SKY 1934
THE PEOPLE OF THE CUMBERLAND 1937
IT'S UP TO YOU 1941
LE LYS E BROOKLYN ... A TREE GROWS IN BROOKLYN 1944
LE MAITRE DE LA PRAIRIE.... THE SEA OF GRASS 1946
BOOMERANG 1946
LE MUR INVISIBLE .... GENTLEMAN'S AGREEMENT 1947

 
L'HERITAGE DE LA CHAIR .... PINKY 1949

PANIQUE DANS LA RUE .... PANIC IN THE STREETS 1950
UN TRAMWAY NOMME DESIR .... A STREETCAR NAMED DESIRE 1950


VIVA ZAPATA .... VIVA ZAPATA 1951


MAN ON A TIGHTROPE 1952
SUR LES QUAIS .... ON THE WATERFRONT 1954


A L'EST D'EDEN .... EAST OF EDEN 1954


LA POUPEE DE CHAIR .... BABY DOLL 1956


UN HOMME DANS LA FOULE ..... A FACE IN THE CROWD 1956
LE FLEUVE SAUVAGE ....WILD RIVER 1960
LA FIEVRE DANS LE SANG .... SPLENDOR IN THE GRASS 1960


AMERICA AMERICA 1960
L'ARRANGEMENT ... THE ARRANGEMENT 1969
LES VISITEURS .... THE VISITORS 1972

 

LE DERNIER NABAB .... THE LAST TYCOON 1976

 

 

ELIA KAZAN
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Tag(s) : #REALISATEUR

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