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Le nom de Michèle Morgan appartient à la légende dorée de l'écran. Par-delà les modes successives et les ans, qui ont à peine altéré sa beauté, elle est  restée la plus populaire des actrices françaises.
Tout avait commencé en 1938, grâce à un regard et un imperméable également fameux, qui firent le succès du Quai des brumes de Carné et Prévert. Mais le regard était le plus important et, même s'il n'y avait pas eu la célèbre réplique de Prévert dite par Gabin sur les » beaux yeux » qu'on sait, Michèle Morgan serait de toute façon devenue une star. On le savait dès son premier film.
 
MICHELE MORGAN a de beaux yeux — tout le monde le sait  .
Que n'a-t-on prêté aux yeux de Michèle Morgan, dans lesquels, à l'instar de Jean Gabin, chacun a cru reconnaître tantôt de la fragilité, tantôt de la froideur, tantôt encore l'expression d'une distance éthérée, sans qu'elle ait pu désavouer les sentiments qu'on lui attribuait.
 
 
«Je ne sais pas encore si elle a du talent, mais ce que je sais, c'est qu'elle a un beau visage », disait d'elle Marcel Carné, avant ses débuts de vedette dans « Gribouille ». Une remarque symptomatique de l'époque, qui attachait autant d'importance à l'apparence des acteurs qu'à la facture du film et aux dialogues. Cette approche, la Nouvelle Vague devait la balayer, comme elle écartera les interprètes qui en avaient été les représentants.
Pour Michèle Morgan,  les cinéastes ne sauront jamais exploiter que la mélancolie et la froideur distante, sans jamais s'interroger sur ses dispositions pour la légèreté ou pour toute autre nuance de l'humaine nature. Il faudra attendre Etienne Périer et Claude Lelouch, au crépuscule de sa carrière, pour lui voir jeter sa gourme et revendiquer une certaine décontraction.
 
 
MICHELE MORGAN est née Simone Roussel à Neuilly-sur-Seine, le 29 février 1920 et elle est décédée le 20/12/2016.
Elle a passé le plus clair de son enfance à Dieppe, où la légende veut qu'elle ait acquis ces magnifiques yeux turquoise, à force de contempler la mer. Jeune encore, elle se gave de films
américains et tombe sous le charme de Garbo, au point de supplier sa mère de lui confectionner des blouses vaporeuses. Bien des années plus tard, elle devait reprendre le rôle tenu par la Divine dans « Grand Hôtel » (1932). A 15 ans, impatiente et d'autant plus déterminée à réaliser son ambition d'actrice qu'une devineresse lui a prédit un destin « exceptionnel », elle quitte ses parents pour s'installer chez sa grand-mère, à Neuilly.
Avec sa photogénie, l'adolescente n'a aucun mal à s'imposer comme figurante. Yvan Noé, son premier directeur d'acteurs, ne peut d'ailleurs être plus encourageant lorsqu'il lui prédit : « Avec votre physique et vos 15 ans, il est impossible de ne pas réussir. » C'est lui qui la fera admettre au cours Simon, où elle aura François Périer et, déjà, Gérard Oury pour condisciples. Ce même cours Simon où Marc Allégret viendra la chercher pour l'opposer à Raimu dans « Gribouille ». Elle a 17 ans, et ce premier rôle de victime jettera sur sa personnalité cinématographique ce voile de mélancolie dont elle aura tant de mal à s'affranchir. D'ailleurs, quand ses parents la découvriront à l'écran, ils reconnaîtront à peine l'enfant primesautière qu'elle était. Jean Gabin, lui, n'hésite pas. « Cette môme, il me la faut », dit-il à Carné. Et ce sera « Quai des brumes » et l'immortelle réplique — « T'as de beaux yeux, tu sais » — qui fera, plus tard, le tour du monde et conditionnera sa carrière. Quant à son célèbre ciré noir et au béret qui lui est assorti, ils ont été dessinés par Chanel.
 

Si, à 18 ans, Michèle Morgan est déjà un nom, elle est fascinée par Gabin, qui, depuis « La bandera », est une immense star. Ils seront brièvement amants et de nouveau partenaires, dans « Remorques », dont la guerre interrompra le tournage, avant qu'il ne soit repris en 1941. Tous deux devaient se retrouver à Los Angeles, où l'exil les avait conduits séparément, mais le charme s'était entre-temps rompu. Us resteront néanmoins amis et tourneront encore ensemble, dans « La minute de vérité », en 1952. Elle a 20 ans lorsqu'elle quitte la France pour Hollywood. Mais, après une brève période d'exaltation et un contrat en or avec la RKO, le désenchantement s'installe. Non seulement elle ratera « Casablanca » au profit d'Ingrid Bergman, moins chère, mais son mariage avec l'acteur Bill Marshall (1942-1948) se consumera dans les affres d'une bataille juridique qu'elle perdra, pour la garde de leur fils, Mike (1944). Un séjour de près de cinq ans, dont elle rentrera mortifiée mais soulagée, après que le producteur de « La symphonie pastorale » lui aura offert le rôle de la jeune aveugle, à l'origine de son prix d'interprétation à Cannes.
 
 
Mais la renaissance de sa carrière en France ne la console pas de l'absence de son fils. Il faudra une rencontre, celle d'Henri Vidal, bel et athlétique acteur, pour effacer sa tristesse. Il est la jeunesse, il est le rire, et ils tomberont amoureux sur le plateau de « Fabiola », en 1948, après s'être croisés au Festival de Cannes, quelques mois plus tôt. Leur mariage aura lieu à Paris, le 6 février 1950. « Deux ans de bonheur, neuf ans d'enfer », résumera Michèle Morgan, qui devra assister à la lente mais fatale emprise de l'héroïne sur son époux.
 
Entre-temps, Michèle Morgan a entamé la plus belle décennie de sa carrière, formant un couple de rêve avec son mari, mais aussi avec Jean Marais, dans « Aux yeux du souvenir » et « La clé de verre ». En 1949, dans « La belle que voilà », le hasard veut qu'elle soit la partenaire des deux hommes de sa vie : Henri Vidal et Gérard Oury. Elle se souviendra toujours que, dans le rôle d'une brute, ce dernier devait l'embrasser violemment mais ne pouvait s'v résoudre. A l'époque, en tout cas, il lui suffit de paraître pour illuminer un film et remporter les suffrages. Un privilège mais aussi un handicap, dans la mesure où les rôles viendront à elle sans qu'elle ait à se battre. « J'ai été trop gâtée », avouera-t-elle. « Je ne me suis jamais acharnée à rencontrer tel metteur en scène ou tel producteur. On est toujours venu me chercher. » De toute façon, elle ne s'est jamais fait beaucoup d'illusion sur la place des femmes au cinéma : « de simples accompagnatrices », jugera-t-elle. Mais quelle accompagnatrice elle sera ! De Gérard Philipe dans « Les orgueilleux » et « Les grandes manœuvres ». De Bourvil surtout, dans l'attendrissant « Fortunat » et dans le déchirant « Miroir à deux faces », où elle retrouve Gérard Oury, son confident dans la période tourmentée qu'elle traverse alors. Henri Vidal accumule en effet les cures de désintoxication, mettant la capacité de résistance de sa femme à rude épreuve. Le cœur épuisé, il succombera à la dixième, le 10 décembre 1959, deux semaines après son quarantième anniversaire, et moins d'un mois après Gérard Philipe. « Un mélange de folie et d'exaltation », dira la comédienne de leurs dix années de mariage. « J'ai l'impression que c'est arrivé dans une autre existence. »
 

Le début des années 1960 marque un flottement, tant dans sa vie affective que dans sa carrière. Si elle trouve assez vite appui et réconfort auprès de Gérard Oury, professionnellement, à l'instar de la « Marie-Antoinette » de Jean Delannoy, elle incarne l'Ancien Régime, ce cinéma de studio, figé et codifié, que la Nouvelle Vague et son vent de liberté vont rendre obsolète. Peu ou prou, ses compositions d'alors s'inscriront d'ailleurs dans le prolongement de l'image de marque que le temps lui a modelée, telles la Constance du film de François Villiers ou la femme adultère mais pétrie de remords des « Pas perdus ». Le délicieux « Benjamin », de Michel Deville, où la jeunesse de Catherine Deneuve n'éclipse en rien l'éclat de sa beauté, laisse espérer à ses admirateurs un retour aux affaires, mais il sera paradoxalement son chant du cygne. Un éloignement librement consenti et justifié par la médiocrité des rôles qui lui sont alors proposés et par son peu de goût à se vendre.

 
Malgré des retours épisodiques, essentiellement encouragés par l'amitié de Claude Lelouch ( il disait de Michèle :" irréprochable, d'une humeur toujours enjouée, à la fois 4e attentive et débordante d'idées " ), Michèle Morgan glissera insensiblement dans une semi-retraite, meublée, il est vrai, par de nouveaux foyers d'intérêt. La peinture, qu'elle pratique  en professionnelle, inaugurant sa première exposition en 1968. L'écriture, qui lui permet de s'ouvrir de nouvelles portes, dont celle de la généalogie. Le théâtre ensuite, pour lequel Gérard Oury l'aidera à vaincre ses appréhensions. Ainsi la verra-t-on dans « Le tout pour le tout » (1981), de Françoise Dorin, dans « Chéri » (1983), de Colette, mais aussi dans « Les monstres sacrés » (1993), de Cocteau, où elle retrouve Jean .Marais, à qui la pièce avait été dédiée en 1939. Un joli parcours, au final, ponctué de rôles légendaires et de bonheurs personnels, mais aussi de tragédies.
 
 
 
 
 
 

 
Michèle aura tourné pour la télévision une série "Le tiroir secret" en 1986  et des téléfilms tels 
La veuve de l'architecte en 1995
Des gens si bien élevés997
La rivale 1999
 
Voir liste films ci dessous
YVAN NOE ...MADEMOISELLE MOZART ...1935
ROBERT SIODMAK ...LA VIE PARISIENNE ...1935
RENE GUISSSART ...UNE FILLE A PAPA ...1936
YVAN NOE ...MES TANTES ET MOI ...1936
LEONIDE MAGUY ...LE MIOCHE ...1936
YVAN NOE ...GIGOLETTE ...1936
MARC ALLEGRET ...GRIBOUILLE ...1937
MARC ALLEGRET ...ORAGE ...1937
MARCEL CARNE ...QUAI DES BRUMES ...1938

 

ALBERT VALENTIN ...L'ENTRAINEUSE ...1938
MAURICE GLAIZE ...LE RECIF DE CORAIL ...1939
GEORGES LACOMBE ...LES MUSICIENS DU CIEL ...1939
JACQUES FEYDER ...LA LOI DU NORD ...1939
JEAN GREMILLON ...REMORQUES ...1940
JULIEN DUVIVIER ...UNTEL PERE ET FILS ...1940
LEWIS MILESTONE ...MY LIFE WITH CAROLINE ...MY LIFE WITH CAROLINE ...1941
ROBERT STEVENSON ...JEANNE DE PARIS ...JOAN OF PARIS ...1942
 

EDWARD L MARIN ...TRAHISON EN MER ...EWO TICKETS TO LONDON ...1943
TIM WHELAN ...AMOUR ET SWING ...HIGHER AND HIGHER ...1943
MICHAEL CURTIZ ...CAP SUR MARSEILLE ...PASSAGE TO MARSEILLE ...1944
JEAN DELANNOY ...LA SYMPHONIE PASTORALE ...1946
 

ARTHUR RIPLEY ...L'EVADEE ...THE CHASE ...1946
CAROL REED ...PREMIERE DESILLUSION ...THE FALLEN IDOL ...1947
 

ALESSANDRO BLASETTI ...FABIOLA ...1948
 

JEAN DELANNOY ...AUX YEUX DU SOUVENIR ...JEAN MARAIS ...1948
 

MARC ALLEGRET ...MARIA CHAPDELAINE ...1948
JEAN PAUL LE CHANOIS ...LA BELLE QUE VOILÀ ...1949

JEAN DELANNOY ...DESTINEES ...1952
YVES ALLEGRET ...LES ORGUEILLEUX ...1953
 

 
RENE CLEMENT ...LE CHÂTEAU DE VERRE ...1950
JEAN GREMILLON ...L'ETRANGE MADAME X ...1950
CLAUDE AUTANT LARA ...LES 7 PECHES CAPITAUX ...1951
JEAN DELANNOY ...LA MINUTE DE VERITE ...1952

JEAN DELANNOY ...OBSESSION ...1954
 
 
 

YVES ALLEGRET ...OASIS ...1955
RENE CLAIR ...LES GRANDES MANŒUVRES ...1955
 

CLAUDE AUTANT LARA ...MARGUERITE DE LA NUIT ...1955
SACHA GUITRY ...SI PARIS NOUS ETAIT CONTE ...1955
JEAN DELANNOY ...MARIE ANTOINETTE ...1955
 

JEFFREY HAYDEN ...LES VENDANGES ...THE VINTAGE ...1957
DENYS DE LA PATELLIERE ...RETOUR DE MANIVELLE ...1957
ANDRE CAYATTE ...LE MIROIR A 2 FACES ...1958
 

HENRI VERNEUIL ...MAXIME ...1958
GIANNI FRANCIOLINI ...FEMMES D'UN ETE ...RACCONTI D'ESTATE ...1958
HENRI DECOIN ...POURQUOI VIENS TU SI TARD ...1959
CAMILLO MASTROCINQUE ...BREVES AMOURS ...1959
GOTTFRIED REINHARDT ...GRAND HOTEL ...MENSCHEN IM HOTEL ...1959
ROBERT HOSSEIN ...LES SCELERATS ...1960
ALEX JOFFE ...FORTUNAT ...1960
 

FRANCOIS VILLIERS ...LE PUITS AUX 3 VERITES ...1961
HENRI VERNEUIL ...LES LIONS SONT LACHES ...1961
PHILIPPE AGOSTINI ...RENCONTRES ...1961
GERARD OURY ...LE CRIME NE PAIE PAS ...1961
CLAUDE CHABROL ...LANDRU ...1962
DUCCIO TESSARI ...LE PROCES DES DOGES ...IL FORNARETTO DI VENIZIA ...1963
FRANCOIS VILLIERS ...CONSTANCE AUX ENFERS ...1963
 

ANDRE HUNEBELLE ...MEFIEZ VOUS MESDAMES ...1963
JACQUES ROBIN ...LES PAS PERDUS ...1964
ROBERT HOSSEIN ...LES YEUX CERNES ...1964
ETIENNE PERRIER ...DIS MOI QUI TUER ...1965

CLAUDE LELOUCH ...LE CHAT ET LA SOURIS ...1975
 

MARK ROBSON ...LES CENTURIONS ...LOST COMMAND ...1966
MICHEL DEVILLE ...BENJAMIN OU LES MEMOIRES D'UN PUCEAU ...1967

CLAUDE LELOUCH ...ROBERT ET ROBERT ...1978
CLAUDE LELOUCH ...UN HOMME ET UNE FEMME 20 ANS DEJA ...1986
GUISEPPE TORNATORE ...STANNO TUTTI BENE ...TOUT LE MONDE VA BIEN ...1990
 
 
 
 
MICHELE MORGAN
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