THOMAS MITCHELL

Publié le par cinestranger

La silhouette ronde, le sourire loyal et la tignasse perpétuellement en désordre, il était, avec Walter Brennan  le second rôle le plus attachant du cinéma américain, au point qu'avec le temps, sa présence à l'affiche était attendue avec autant de familière affection que  celle des stars dont il était le faire-valoir. THOMAS MITCHELL  fut ailleurs davantage une tête qu'un nom. Celle de l'ami de la famille, de l'oncle bonhomme porté sur la bouteille (La vie est belle ) ou du copain de régiment à jamais facétieux. Tous personnages à hauteur tomme, ancrés dans la réalité de  la vie quotidienne et auxquels le omédien conféra la part de"human touch " qui fit sa popularité. Mais, au-delà du cliché officiel , il y avait aussi le dramaturge auteur d'une dizaine de pièces de théâtre, le premier bénéficiaire du tiercé Oscar-Tony-Emmy et le titulaire d'une filmographie dont la totalité des titres devrait faire pâlir d'envie tout acteur bien né. Un trait incomplet si l'on oubliaitqu' il fut également, à la scène, la première incarnation du lieutenant Columbo, popularisé plus tard par Peter  Falk, et que, amateur de belles éditions et de tableaux, il était le détenteur d'une collection inestimable de livres et de peintures où les incunables voisinaient avec van Gogh. 

 

 

 

Descendant direct du dramaturge irlandais Dion Boucicault, Thomas Mitchell était né le 11 juillet 1892 à Elizabeth (New Jersey), dans une famille de sept enfants dont le père et le fils aîné étaient journalistes dans la presse écrite. Lui-même a la littérature et le théâtre dans la peau, et ses études secondaires à peine terminées, il se lance à la conquête des tréteaux. Mais le théâtre n'a pas encore d'emploi pour lui. et, dans l'attente de circonstances plus favorables, le jeune Thomas accepte un poste de coursier au Newark News. Plus tard, il rejoindra l'équipe du Newark Star pour y intégrer l'équipe des chroniqueurs de la vie culturelle. Une occupation qui va l'amener à écrire des saynètes, puis des pièces, et — pourquoi pas ? — à en être finalement l'interprète.
En 1913, il trouve enfin le chemin de la scène en apparaissant avec les Ben Greet Players, au Madison Square Garden de New York, dans « La tempête », de Shakespeare. Une prestation convaincante qui amène Charles Coburn à l'inclure dans sa troupe itinérante. Deux années durant, il portera ainsi la bonne parole shakespearienne à des légions d'étudiants, jusqu'au cœur des collè
ges. De retour à New York, il se consacre avec plus de sérieux à l'écriture. Il en naîtra « Glory Hallelujah », « Little accident » et « Cloudy with showers », qu'il met en scène et parfois interprète. A l'occasion, il remanie les créations d'autres auteurs — comme « Forsaking ail others », qui doit accompagner le flamboyant retour de Talullah Ban-khead —, mais, le plus souvent, il dirige.
En 1935, il est invité à Hollywood comme scénariste. Mais l'échec est au rendez-vous, et il devient acteur à temps plein. Surtout à partir d'« Horizons perdus », sa première collaboration avec Frank Capra, qui saura toujours tirer le meilleur parti de son physique bonhomme. Car Mitchell n'a pas le profil du jeune premier, et il sait pertinemment que s'il veut faire carrière, il lui faut briller dans l'ombre des têtes d'affiche. Une urgence qu'il se met en devoir de satisfaire au plus vite. Au point que, quatre ans à peine après « Les horizons perdus », il décroche l'Oscar du meilleur acteur de second plan pour son personnage de médecin ivrogne dans « La chevauchée fantastique », aux côtés de John Wayne et de Claire Trevor. L'année 1939 sera d'ailleurs son année faste. Pas moins de quatre films, tous de premier plan : « M. Smith au Sénat » (avec James Stewart), « Quasimodo » (avec Charles Laughton), en père de Scarlet O'Hara dans « Autant en emporte le vent », et « La chevauchée fantastique ». Pourtant, malgré la touche d'angélisme qui accompagne la plupart de ses compositions, ses personnages ne furent pas systématiquement aimables et bienveillants, même si l'impitoyable shérif du « Bani » et le lâche conseiller municipal qu'il incarne dans « Le train sifflera trois fois » seront salués avec autant d'éloges par la critique.


A l'époque, il s'est si bien intégré au paysage cinématographique que sa popularité a largement dépassé ce média pour s'imposer à la radio, au théâtre et, plus tard, à la télévision. En 1953, il obtient le Tony du meilleur acteur pour la comédie musicale de Broadway « Hazel Flagg », inspirée du film avec Carole Lombard et Fredric March « La joyeuse suicidée » (1937). Une distinction ne venant jamais seule, il est, cette même année, lauréat d'un Emmy, qui est à la télévision ce que l'Oscar est au cinéma. Simultanément, il retrouve les chemins de la mise en scène théâtrale, qu'il avait abandonnés à la veille de son arrivée à Hollywood, en 1935. Tout discret qu'il reste, en dépit de son omniprésence dans l'ombre des Gary Cooper et des Ray Milland, Thomas Mitchell est l'un des acteurs de second plan les mieux rémunérés. Un privilège qui lui permet de satisfaire à sa fièvre de collectionneur de tableaux de maîtres. Au lendemain de la guerre, l'une des plus belles pièces de sa pinacothèque était un Rembrandt. Une tête de Christ miraculeusement sauvée de Pologne lors de l'invasion allemande de 1939.
A partir des années 1950, et en dépit d'une belle régularité dans la qualité de ses prestations — "Par l'amour possédé " et " Milliardaire pour un jour " —, la présence de Thomas Mitchell se fera plus rare au cinéma. Il est vrai qu'entre-temps, il a tâté de la télévision, et les rôles qu'on lui propose lui plaisent.

Mieux : ils lui valent une notoriété plus grande qu'à l'écran, du moins dans son pays natal. Ainsi se fera-t-il une jolie réputation locale avec des séries comme « Mayor of the town », « The O. Henry Playhouse » et « Glencannon ». Dans les dernières années de sa vie, Thomas Mitchell souffrait d'une santé déficiente. C'est d'ailleurs d'un cancer, qui l'avait tenu alité depuis plusieurs mois, qu'il mourra, le 17 décembre 1962, deux jours après Charles Laughton. Cet homme aimable qui avait donné aux cinéphiles tant de raisons de croire aux vertus de l'optimisme en avait perdu jusqu'au sourire. Il laissait alors une veuve, Anne Stuart Brown, une fille, Anne Lange, et un neveu, James Mitchell, qui avait été ministre du Travail sous l'administration Eisenhower.

 


ELMER CLIFTON...      SIX CYLINDER LOVE      1923
WILLIAMJ AMES CRAFT...     LITTLE ACCIDENT     1930
JAMES FLOOD ...    ALL OF ME     1934
DOROTHY ARZNER...     L'OBSESSION DE MME CRAIG ....CRAIG'SWIFE....   1936
EDWARD LUDWIG     ...ADVENTURE IN MANHATTA
N     1936
RICHARD BOLESLAWSKI...     THEODORA DEVIENT FOLLE  ...THEODORA GOES WILD...   1936
EDWIN L MARIN ...    MAN OF THE PEOPLE     1937
ROBERT RISKIN...     SERENADE...WHEN YOU'RE IN LOVE....     1937
FRANK CAPRA ...    LES HORIZONS PERDUS ....LOST HORIZON...    1937


ROSS LEDERMANN...     I PROMISE TO PAY     1937


LEO MAC CARREY     PLACES AUX JEUNES  ...MAKE WAY FOR TOMOROW....   1937
JOHN FORD     ...HURRICANE   ...  1937
STANLEY LOGAN ...    LOVE HONOR AND BEHAVE   ....  1938
TAY GARNETT ...    TRADE WINDS  ...   1938
JOHN FORD      ...LA CHEVAUCHEE FANTASTIQUE ...STAGECOACH...    1939


HOWARD HAWKS ...    SEULS LES ANGES ONT DES AILES...ONLY ANGELS HAVE WINGS...     1939
WILLIAM DETERLE ...    QUASIMODO  ...THE HUNCHBACK OF NOTRE DAME...   1939
FRANK CAPRA ...    MR SMITH AU SENAT...  MR SMITH GOES TO WASHINGTON...   1939
VICTOR FLEMING...     AUTANT EN EMPORTE LE VENT ...GONE WITH THE WIND...    1939


EDWARD LUDWIG ...    LES ROBINSONS DES MERS DU SUD ...SWISS FAMILY ROBINSON...    1940
LLOYD BACON ...    THREE CHEERS FOR THE IRISH     1940
SAM WOOD ...    NOTRE VILLAGE   ...OUR TOWN...  1940
BEN HECHT ...    L'ANGE DE BROADWAY ...ANGELS OVER BROADWAY....    1940
WALTER WANGER...     LES HOMMES DE LA MER  ...LONG VOYAGE HOME...   1940
VINCENT SHERMAN ...    FLIGHT FROM DESTINY...     1940
ANATOLE LITVAK ...    OUT OF THE FOG ...    1941
WILLIAM DETERLE ...    HERE IS A MAN  ..   1941

HOWARD HUGHES ...    LE BANNI   ....THE OUTLAW....  1941
ROBERT STEVENSON...     JEANNE DE PARIS ...JOAN OF PARIS...    1942


WALTER LANG ...    FILLE DES ILES  ...SONG OF THE ISLANDS...   1942


ANATOLE LITVAK...     AMES REBELLES...THIS ABOVE ALL...     1942
ARCHIE MAYO ...    LA PENICHE DE L'AMOUR....MOONTIDE...     1942
JULIEN DUVIVIER...     SIX DESTINS....TALES OF MANHATTAN...     1942


HENRY KING ...    LE CYGNE NOIR  ....THE BLACK SWAN...   1942
JOHN STAHL ...    LE SERGENT IMMORTEL  ....THE IMMORTAL SERGEANT....   1942

TAY GARNETT ...    BATAAN....     1943


JULIEN DUVIVIER ...    OBSESSIONS....FLESH AND FANTASY...     1943
LLYOD BACON ...    J'AVAIS CINQ FILS  ....THE SULLIVANS...   1944
WILLIAM A WELLMAN ...    BUFFALO BILL     1944
HENRY KING ...    WILSON     1944
JOHN STAHL ...    LES CLES DU ROYAUME ...THE KEYS OF THE KINGDOM....    1944
ANDRE DE TOTH ...    EAUX DORMANTES...DARK WATERS...     1945


LLYOD BACON ...    CAPITAINE EDDY...CAPTAIN EDDIE...     1945
BRUCE HUMBERSTONE...     ECHEC AU CRIME...WITHIN THESE WALLS...    1945
VICTOR FLEMING ...    L'AVENTURE  ...ADVENTURE...   1945


EDWARD BUZZELL...     THREE WISE FOOLS     1946
ROBERT SIODMAK...     LA DOUBLE ENIGME ...THE DARK MIRROR...    1946
FRANK CAPRA ...    LA VIE EST BELLE ...IT'S A WONDERFUL

LIFE...    1946


JACK CONWAY ...    L'ILE ENCHANTEE...HIGH BARBAREE...   1946
ROY ROWLAND ...    L'HEURE DU PARDON ...THE ROMANCE OF ROSY RIDGE...    1947
RAOUL WALSH ...    LA RIVIERE D'ARGENT ....SIVER RIVER....    1948


JOHN FARROW ...    UN PACTE AVEC LE DIABLE...ALIAS NICK BEAL...     1948
EDWARD LUDWIG ...    LE GRAND DEPART ....THE BIG WHEEL...    1949
STUART HEISLER ...    JOURNEY INTO LIGHT....    1951
FRED ZINNEMANN ...    LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS....HIGH NOON...     1952
JERRY HOPPER ...    LE SECRET DES INCAS....SECRET OF THE INCAS...     1954
GEORGE MARSHALL ...    LA TERREUR DES HOMMES SANS LOI ....DESTRY...   1954


FRITZ LANG     LA CINQUIEME VICTIME...WHILE THE CITY SLEEPS...     1956
DAVID FRIEDKIN...     UNE VILLE PASSE EN JUGEMENT....HANDLE WITH CARE...     1958
MURIEL BOX     ...TOO YOUNG TO LOVE     1960
JOHN STURGES ...    PAR L'AMOUR POSSEDE ...BY LOVE POSSESSED...    1961
FRANK CAPRA    ...MILLIARDAIRE POUR UN JOUR  ....POCKETFUL OF MIRACLES... 1961

 

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