PIERRE RICHARD

Publié le par cinestranger

PIERRE RICHARD
Son physique atypique ne le prédisposait pas à faire un jour du cinéma, pas plus que son milieu familial ne l' encourageait. Né le 16 août 1934, dans une famille de l’aristocratie industrielle du Valenciennois, Pierre Richard de la Fays vivra une enfance confinée dans le château de ses parents, gens de grande culture ,
mais aux principes d’éducation rigides. Pour jouer avec ses petits camarades, il lui arrivait de faire le mur.
Pour autant, il ne gardera pas de souvenirs douloureux de cette période : «Je vivais au château, où je restais des heures dans une chambre ou dans le parc. Un univers certes gentil, mais très dur. »
Après le bac, et en partie par esprit de contradiction filiale, il monte à Paris
pour y faire du théâtre et s’inscrire au cours de Charles Dullin. Pas question, à l’époque, de songer au cinéma, pour lequel ii est loin d’avoir le profil d’un Georges Marchal ou d’un Henri VidaL.
Au théâtre, ilcommence modestement par de la figuration. Mais pas n’importe où. Au TNP, à l’ombre des Gérard Philipe, Maria Casarès et Jean Vilar. Un jour, alors qu’il incarne un soldat tué au deuxième acte de "Macbeth ",il tombe endormi aux pieds de Maria Casarès.
Impériale dans son monologue, la grande comédienne se contentera de l’enjamber, provoquant le fou rire d’ Alain Cuny, habituellement impassible. Sa vocation comique était née.
La tragédie a du mal à trouver en lui un interprète crédible. L’un de ses amis cinéastes en fera les frais, le jour où il aura l’étourderie de lui confier le rôle d’un milicien arrêtant une résistante pendant la guerre. La scène n’a jamais pu être tournée. Tout le monde riait. " J’étais immatériel ", résume-t-il.
" Dès qu’on me mettait dans une situation réaliste,j’étais en décalage. »
Il abordera le métier par une école artistique . On le croise dans les boîtes du Quartier Latin.
A l’ Ecluse, avec Barbara, où, fauchés l’un et l’autre, il se partagent une même assiette de ragoût.
A la « Galerie 55 », où se produisent alors Jean Yanne,Jacques Fabbri et Jacques Dufifho.
A Bobino, où, en duo avec Victor Lanoux, il assure la première partie du récital de Georges Brassens.


Il leur faut faire six cabarets pour gagner leur pain quotidien, il finissait rarement la journée sans une trogne écarlate. Dans les années 1960, ses apparitions sporadiques sur les plateaux de télévision de Jean-Christophe
Averty et de Pierre Korainik le signalent à l’attention d’Yves Robert. Sa légèreté de feu follet lui plaît, mais il aura surtout le mérite de voir le personnage derrière l’acteur et de l’encourager à développer sa singularité. Un conseil précieux et entendu. Après avoir mis le pied à l’étrier dansle populaire "Alexandre le bienheureux ", où il n’a qu’un rôle mineur, mais déjà l’ami Jean Carmet à ses côtés, il s’investit pendant un an dans l’écriture d’une satire du monde de la publicité,dont le héros est emprunté aux"Caractères ", de La Bruyère. Plus qu’un divertissement réussi, la critique salue la naissance d’un nouveau
comique, citant Tati, Pierre Etaix mais aussi Harpo Marx, dont il a la vitalité exubérante et
la folie poétique. Moins d’un an plus tard, " Les malheurs d’Alfred " affine le personnage du maladroit et témoigne de l’inventivité de son auteur, Il multiplie les gags, en ne manquant jamais d’y accrocher une touche d’émotion, qui en fait l’humanité. Cette fois, c’est du Charlot que l’on devine dans son Alfred.
Désormais maître de son art et de sa gestuelle et confirmé dans l’emploi de doux étourdi,
il se met au service des Veber,Robert et Zidi, qui s’emploieront non seulement à organiser son talent comique et a le débarrasser de ses impuretés mais aussi à l’inclure dans une histoire,
dont il ne sera que l’un des instrumentistes. Le diptyque du « Grand blond » en est l’exemplaire
illustration, le réseau des intrigues et le foisonnement des personnages et de leurs interprètes convergeant en une parfaite unité pour s’exprimer dans une symphonie sans fausses notes. Très vite pourtant, Francis Veber aura l’idée d’isoler et de stimuler son génie comique en le confrontant à un personnage qui serait son exact opposé. Gérard Depardieu en l’occurrence. La trilogie composée de La chèvre », des « Compères » et des « Fugitifs » devait d’ailleurs coïncider avec l’apogée de sa popularité commerciale.
« Avec lui, c’était du Bach.Quand on a arrêté de travailler ensemble, je me suis senti orphelin », dira-t-il de sa collaboration avec Veber.


Entre-temps, les années ont passé sans qu’il en ait vraiment pris conscience . C’est dans
l’oeil des autres et dans les salles désormais clairsemées qu’il se sera vu vieillir.
Les doux farfelus, les comiques lunaires n’auraient_ils plus la cote dans notre
univers impitoyable, où « les nouveaux rigolos ont un style plus caustique et plus méchant que le mien »,


Mais l’homme a des réserves inépuisables d’optimisme et, surtout, une jolie panoplie de curiosités annexes.
C’est l’époque où il fait son retour au théâtre,après vingt ans d’absence, dans « Feu la mère de Madame » (1994),de Feydeau.
C’est également l’époque où il prend conscience de sa popularité dans les pays d’Europe de l’Est,C’est d’ailleurs sous la direction de la Géorgienne Nana Djordjadzé qu’il tournera coup sur coup,deux films qui pourraient être le départ d’une nouvelle carrière métissage entre drame et comédie.Il a réalisé des reportages sur le génocide indien en Amérique latine, sur Che Guevara et sur la Tchétchénie
.

 

 


Et maintenant on n'hésite plus à faire appel à lui au cinéma pour
des  rôles en rapport avec son âge. En 2017 , il sera dans le film LE PETIT SPIROU.


JACQUES BECKER...     MONTPARNASSE 19   ...      1958


MARCEL MOUSSY...     TROIS HOMMES SUR UN CHEVAL    ...     1967
SERGE KORBER ...    UN IDIOT A PARIS    ...     1967
YVES ROBERT ...   ALEXANDRE LE BIENHEUREUX   ...      1967


CHRISTIAN PAUL ARRIGHI    ... LA COQUELUCHE   ...      1968
PIERRE RICHARD    ... LE DISTRAIT       ...  1970
PIERRE RICHARD  ...   LES MALHEURS D'ALFRED     ...    1971

YVES ROBERT ...   LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE    ...     1972


FRANCOIS REICHENBACH    ... LA RAISON DU PLUS FOU  ...       1972
PIERRE RICHARD    .... JE SAIS RIEN MAIS JE DIRAI TOUT ...        1973


REMO FORLANI    ... JULIETTE ET JULIETTE    ...     1973
CLAUDE ZIDI    ... LA MOUTARDE ME MONTE AU NEZ   ...      1974

YVES ROBERT ...  LE RETOUR DU GRAND BLOND     ...    1974

 

 

MARCO PICO     ...UN NUAGE ENTRE LES DENTS    ...     1974
JACQUES ROZIER  ...   LES NAUFRAGES DE L'ILE DE LA TORTUE   ...      1975
DIDIER KAMINKA ...    TROP C'EST TROP    ...     1975
CLAUDE ZIDI  ...   LA COURSE A L'ECHALOTE   ...      1975
GEORGES LAUTNER ...    ON AURA TOUT VU   ...      1976

 

 


FRANCIS VEBER ...    LE JOUET    ...     1976

 

GERARD OURY ...   LA CARAPATE    ...     1978
PIERRE RICHARD ...    JE SUIS TIMIDE MAIS JE ME SOIGNE ....       1978
PIERRE RICHARD ...    CE N'EST PAS MOI C'EST LUI      ...   1979
GERARD OURY ...  LE COUP DU PARAPLUIE     ...    1980


FRANCIS VEBER  ...   LA CHEVRE    ...     1981
BERNARD GUILLOU   ... UN CHIEN DANS UN JEU DE QUILLES        .... 1982
FRANCIS VEBER   ...  LES COMPERES   ...      1983

YVES ROBERT...     LE JUMEAU    ...     1984


FRANCOIS LETERRIER   ...  TRANCHES DE VIE   ...      1984
CLAUDE ZIDI    ... LES ROIS DU GAG ...        1984
BERTRAND NAUER...     DIALOGUE DE SOURDS ...        1985
FRANCIS VEBER ...    LES FUGITIFS     ...    1986


EDOUARD MOLINARO   ...  A GAUCHE EN SORTANT DE L'ASCENCEUR...         1988
MOSHE MIZRAHI   ...  MANGECLOUS     ...    1988


JEAN LOUIS LECONTE...     BIENVENUE A BORD     ...    1989
PIERRE RICHARD   ...  ON PEUT TOUJOURS REVER      ...   1990
DIDIER KAMINKA   ...  PROMOTION CANAPE     ...    1990
GERARD JOURD'HUI ...    VIEILLE CANAILLE   ...      1991
MARCO PICO   ...  LA CAVALE DES FOUS...         1992


YVES HANCHAR ...    LA PARTIE D'ECHECS ...        1993


BENOIT BARBIER   ...  L'AMOUR CONJUGAL   ...      1994
NANA DJORDJADZE  ...  LES MILLE ET UNE RECETTES DU CUISINIER AMOUREUX  ...       1995
PIERRE RICHARD  ...  DROIT DANS LE MUR   ...     1997
NANA DJORDJADZE   ... L'ETE DE MES 27 BAISERS   ...     1999


CATHERINE CORSINI ...   MARIEES MAIS PAS TROP     ...   2002
DAMIEN ODOUL  ...  EN ATTENDANT LE DELUGE   ...     2003
LAURENT BAFFIE  ...  LES CLEFS DE BAGNOLE     ...   2003
JULIEN LECLERCQ  ...  TRANSIT     ...   2004
JACQUES ROZIER  ...  LES NAUFRAGES DE L'ILE DE LA TORTUE ...       2004
GERARD BITTON  ...  LE CACTUS    ...    2005
BILL BARLUET   ... DERIVES     ...   2006
PIERRE FRANCOIS MARTIN LAVAL  ...  ESSAYE-MOI   ...     2006
ERIC BARBIER  ...  LE SERPENT    ...    2007
ASH BRANNON   ... LES ROIS DE LA GLISSE     ...   2007
CHRISTOPHE BARATIER ...   FAUBOURG 36     ...   2008


JACQUES REMY GIRERD ...   MIA ET LE MIGOU   ...     2008
ROBERT MENARD   ... LE BONHEUR DE PIERRE   ...   2008

PIERRE-FRANCOIS MARTIN LAVAL...KING GUILLAUME...2009 

THOMAS GILLOU...VICTOR....2009

YANN MOIX...CINEMAN...2009

JEAN TEDDY FILIPPE....LE MYSTERE...2010

STEPHANE ROBELIN...ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE ?...2011
ERIC BESNARD...MES HÉROS...2012

YURIY VASILEV....LE VENDEUR DE JOUETS ...2013

VINCENT LANNOOLES...LES  AMES DE PAPIER...2013

EMILE GRANDPERRET...FUI BANQUERO....2016

DOMINIQUE ABEL....PARIS PIEDS NUS....2016

STEPHANE ROBELIN....UN PROFIL POUR DEUX....2017

NICOLAS BARY....LE PETIT SPIROU...2017

 

( biographie d'après télé-Ciné-revue )

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