JACQUES FEYDER

Publié le par cinestranger

JACQUES FEYDER est un des grands réalisateurs du cinéma français de la première moitié du 20 ° siècle.
Il aura tout fait : des débuts de comédien, des scénarios , de la réalisation et de la production.
Il était belge né le 21/07/1885 à Ixelles  et est décédé le 24/08/1948.

Après la mort de sa mère, il manifesta l'intention de devenir comédien. Hostile à ce projet, son père lui interdit aussitôt d'user de son véritable nom. Jacques fit sa valise et quitta le domicile paternel. En cours de route, passant dans une rue « Faider », il décida d'adopter ce nom comme pseudonyme et c'est ainsi rebaptisé qu'il fit ses débuts à Paris, au théâtre et, à l'occasion, à l'écran.
Il joua à Lyon durant la saison 1913-1914 et y rencontra Françoise Rosay. De retour à Paris, il tint un petit rôle dans Les Vampires (1915) de Louis Feuillade et fut engagé, au début de l'année 1916, comme apprenti réalisateur par le légendaire producteur Léon Gaumont.
Alors qu'il était théoriquement assistant de Gaston Ravel, Feyder se vit laisser de plus en plus d'indépendance et s'affirma progressivement comme metteur en scène à part entière. Il réalisa plus de dix films, aujourd'hui oubliés et longtemps considérés comme perdus, avant de revenir en Belgique, où il fut appelé sous les drapeaux en 1917. Il passa peu de temps au front et fit partie en tant qu'acteur du théâtre aux Armées dirigé par Victor Francen.
Après la guerre, Feyder rompit avec Gaumont à la suite du différend occasionné, semble-t-il, par La Faute d'orthographe (1919). Grâce à de multiples bailleurs de fonds (dont le distributeur Louis Aubert), et fort d'un budget très élevé pour l'époque, Feyder partit au Sahara dans la région de Touggourt, pour filmer L'Atlantide (1921) d'après Pierre Benoit avec la danseuse Stacia Napierkowska dans le rôle d'Antinéa. En dépit de l'énorme succès populaire qui accueillit le film lors de sa sortie, L'Atlantide semble aujourd'hui extrêmement daté et handicapé par le jeu affecté de son interprète.
Feyder se montra en fait beaucoup plus à l'aise dans le mélodrame réaliste avec Crainquebille (1922) qu'il réalisa l'année suivante. Adaptation audacieuse et personnelle du roman d'Anatole France (qui se déclara d'ailleurs très satisfait de la transposition de son œuvre), le film bénéficia de l'interprétation remarquable de Maurice de Féraudy, et surtout du talent de Feyder pour évoquer la vie quotidienne des quartiers populaires de Paris.
Feyder allait manifester une réelle maîtrise dans la direction d'enfants avec deux films, Visages d'enfants (1925) et Gribiche (1925). Entre ces deux films, il réalisa L'Image (1925) pour lequel Jules Romains écrivit un scénario curieux dans lequel quatre hommes tombaient amoureux d'une femme qu'ils ne connaissaient que par une photo exposée dans une vitrine.
Feyder adaptera ensuite successivement Mérimée et Zola : pour Carmen (1926), il se verra imposer la chanteuse espagnole Raquel Meller dont les caprices dénaturèrent les projets du réalisateur. Quant à Thérèse Raquin (1928), dont il n'existe plus actuellement de copie et qui fut salué unanimement par les critiques de l'époque, il symbolise désormais le chef-d'œuvre disparu à jamais.
Ultime film muet français de Feyder avant son départ pour les États-Unis, Les Nouveaux Messieurs (1928) était une amusante satire des mœurs parlementaires qui connut des démêlés avec la censure. Plusieurs scènes, dont celle du député assoupi rêvant que l'hémicycle se peuplait de danseuses en tutu, valurent au film de ne sortir qu'au bout d'un an au prix de plusieurs coupures.

En 1928, Feyder accepta de signer un contrat avec la MGM. C'était la première proposition de ce genre faite à un réalisateur français depuis l'époque de la Première Guerre mondiale. Feyder s'installa alors à Culver City, plein d'espoir, en compagnie de sa femme. Mais comme bien d'autres hôtes célèbres de Hollywood, il dut immédiatement se plier aux rythmes infernaux de l'organisation MGM et assister à de nombreuses et interminables conférences.
Après plusieurs mois d'attente, Feyder se vit enfin confier la réalisation du Baiser (The Kiss, 1929), le dernier film muet de Greta Garbo, qui jouait le rôle d'une meurtrière. Le réalisateur et l'actrice, tous deux « émigrés », eurent plaisir à travailler ensemble, et Feyder dirigea également Garbo dans les deux versions, allemande et suédoise,Anna Christie, 1930. Les Feyder se lièrent aussi d'amitié avec Emil Jannings, F.W. Murnau et Ludwig Berger. Mais dès 1932 l'aventure américaine prenait fin, Feyder ne pouvant supporter plus longtemps l'attitude des dirigeants de la MGM.
Le Grand Jeu fut écrit par Feyder en collaboration avec Charles Spaak, qui allait devenir l'un des meilleurs scénaristes du cinéma français. La trouvaille du film — l'histoire d'un homme poursuivi par la vision d'une femme blonde qu'il a aimée autrefois et qu'il retrouve sous les traits d'une femme brune — devait être reprise plus tard par Boileau et Narcejac pour le roman dont Hitchcock tira Sueurs froides (Vertigo, 1958). Utilisant avec beaucoup d'à-propos les possibilités du parlant, Feyder eut la belle idée de doubler son actrice (Marie Bell), dans le rôle de la femme brune, avec une voix grave et vulgaire. Comme à son habitude, Françoise Rosay apporta sa touche personnelle au film en incarnant avec son grand abattage une femme revenue de tout. Après ce succès dans Le Grand Jeu, elle prit manifestement beaucoup de plaisir à jouer un rôle expressément conçu pour elle dans Pension Mimosas : celui d'une femme éperdument amoureuse de son fils adoptif, lequel exploite la situation sans le moindre scrupule.

C'est en 1935 que Feyder et Françoise Rosay allaient ensemble atteindre le sommet de leur carrière. Cette année-là, en effet, sortit un film rangé, depuis, parmi les classiques du septième art français : La Kermesse héroïque.
Située en Flandres au XVIIe siècle, l'action débute par l'annonce de l'arrivée imminente d'un personnage redouté, le duc d'Olivares, gouverneur espagnol des Pays-Bas, dans la petite ville de Boom. Révoltées par la lâcheté des hommes, les femmes de la ville, menées par l'épouse du bourgmestre (Françoise Rosay) décident   de  préparer  aux  occupants  un accueil particulièrement écœurant et outré. Belge d'origine, Feyder s'inspira pour l'image et la mise en scène de cette fresque historique des grands maîtres de la peinture flamande; au détour de chaque plan, on reconnaît Bruegel, Frans Hais ou Jordaens.
La Kermesse héroïque provoqua les réactions les plus variées, et en Belgique de nombreux spectateurs accusèrent Feyder d'avoir cherché à faire allusion à l'occupation de leur pays par les troupes allemandes pendant la Première Guerre mondiale et à la collaboration acceptée par la population flamande. Quoi qu'il en fût, le concert des louanges adressées par ailleurs à Feyder lui valut d'être invité à Londres par son ami Alexander Korda pour tourner Le Chevalier sans armure (Knight Without Armour, 1937), qui évoquait les aventures d'un jeune journaliste (Robert Donat) envoyé en Russie au moment de la Révolution et aidant une comtesse (Marlene Dietrich) à s'enfuir. Mais, malgré tout son métier, Feyder ne parvint pas à faire passer sa vivacité habituelle dans un film tourné dans une langue différente du français, Il n'en fut pas de même pour Les Gens du voyage (1938), réalisé à Munich, et qui est une description intéressante de la vie d'un cirque ambulant.
Toujours soucieux d'authenticité, Feyder se rendit jusqu'au cercle polaire arctique, à Kiruna (Suède), pour tourner certaines scènes de La Loi du Nord (1939), Le film racontait l'histoire d'un homme qui s'enfuit au Canada après avoir tué l'amant de sa femme. Feyder avait à peine fini de monter La Loi du Nord que la guerre éclata. Les autorités insistèrent pour que le titre du film fût changé, Il fut distribué en 1942 dans une version réduite sous le titre La Piste du Nord et il fallut attendre 1945 pour le voir dans son intégralité,

Pendant l'Occupation Feyder se réfugia en Suisse, Il y tourna Une femme disparaît (1942), avec Françoise Rosay, qui incarnait dans ce film quatre personnages différents. Puis le réalisateur connut des difficultés matérielles et traversa une sorte de crise intérieure. Il écrivit un livre, en collaboration avec sa femme, qui parut en 1944 sous le titre « Le Cinéma notre métier ».
Comme bon nombre d'artistes qui avaient choisi l'exil, Feyder se sentit mal
à l'aise dans le Paris (pourtant sa ville d'élection) de la Libération. Outre de graves ennuis de santé, il assistait à l'ascension d'une nouvelle génération de réalisateurs,
Lorsqu'il accepta un travail de supervision pour Macadam (1946), réalisé par un cinéaste encore assez maladroit Marcel Blistène, Feyder était déjà sérieusement malade et, chose étonnante, se montra dur envers son jeune collègue. Ce devait être sa dernière contribution au cinéma. Jacques Feyder mourut le 25 mai 1948.


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DES PIEDS ET DES MAINS...    1915
UN CONSEIL D'AMI...    1916
TIENS, VOUE ETES A POITIERS...    1916
MONSIEUR PINSON POLICIER...    1916
L'HOMME DE COMPAGNIE...    1916
LE PIED QUI ETREINT...    1916
LE PARDESSUS DE DEMI-SAISON...    1916
LE DESTIN EST MAITRE...    1916
LE BLUFF...    1916
LA TROUVAILLE DE BECHU...    1916
LA PIECE DE 10 SOUS...    1916
BISCOT SE TROMPE D'ETAGE...    1916
ABREGEONS LES FORMALITES...    1916
TETES DE FEMMES,FEMMES DE TETE...    1916
L'INSTINCT EST MAITRE...    1917
LES VIEILLES FEMMES DE L'HOSPICE...    1917
LE RAVIN SANS FOND...    1917
LE FRERE DE LAIT...    1917
LE BILLARD CASSE ...    1917
LA FAUTE D'ORTHOGRAPHE...    1918
L'ATLANTIDE....    1921
CRAINQUEBILLE..    1922
DAS BILDNIS...    1923
VISAGES D'ENFANTS...    1925
AU PAYS DU ROI LEPREUX...    1926
GRIBICHE...    1926
CARMEN    ...1926
THERESE RAQUIN...    1928
LES NOUVEAUX MESSIEURS...    1929
THE KISS...    1929
LE SPECTRE VERT    ...1930
SI L'EMPEREUR SAVAIT CA    ...1930
OLYMPIA...    1930
ANNA CHRISTIE...    1931
DAYBREAK...    1931
REVOLTE DANS LA PRISON...    1931
SON OF INDIA...    1931
LE GRAND JEU...    1934
PENSION MIMOSAS    ...1935
LA KERMESSE HEROIQUE...    1935
DIE KLUGEN FRAUEN...    1936
KNIGHT WITHOUT ARMOUR...    1937
LES GENS DU VOYAGE...    1938
FAHRENDES VOLK    ...1938
FAHRENDES VOLK...    1938
LA LOI DU NORD...    1939


UNE FEMME DISPARAÎT...    1942
MATURA REISE...    1946
MACADAM    ...1946

 

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