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ROBERT DHERY

Acteur  et réalisateur né Robert Fourrey à La Plaine St Denis le 27/04/1921 décédé le 05/12/2004

Sans remonter jusqu'au triomphe des Branquignols, en 1948, il nous suffit d'évoquer le souvenir des files s'allongeant devant les salles de cinéma qui affichaient " La belle Américaine " et " Allez France! ", dans les années 1960, pour se rappeler à quel point le comique bon enfant et chaplinesque de Bernard Dhéry était alors populaire. Un comique de copains, nourri de gags et d'improvisation, né du cabaret et du music-hall, duquel émergeait la tête de cet aimable voisin de palier avec sa mine ahurie et perpétuellement souriante, ses effusions lacrymales et sa gentillesse désarmante. Le portrait inversé d'un Louis de Funes, avec lequel il connut les premières faveurs du public.

On sait moins que Robert Dhéry ne fut pas toujours prophète en son pays, puisque l'énorme succès que fut « La plume de ma tante », entre 1955 et 1960, c'est à Londres et dans une tournée des villes américaines qu'il le recueillit. Au point que la reine d'Angleterre et le chancelier de l'Echiquier découvrirent la revue musicale avant la France , et que  Broadway l'honora du titre de « Best musical of the year »..

   

Pour l'état civil, il était Robert Fourrey, né à La Plaine-Saint-Denis, le 27 avril 1921. Mais, en souvenir du village de ses grands-parents, où, enfant, il avait coutume de passer ses vacances d'été, il choisira le pseudonyme de Dhéry, le « p'tit gars d'Héry ». Elève de l'Ecole supérieure de commerce de Paris, il est envoyé à Ramsgate pour parfaire son anglais. Il en revient avec le désir de devenir clown. Et, comme le père Fourrey n'est pas homme à contrarier une vocation, il n'oppose aucun interdit à son entrée dans une école de cirque, puis au Cours Simon. Au Conservatoire, il fait la connaissance de Colette Brosset, un ancien petit rat qu'un accident avait contraint à abandonner les chaussons rouges. « Viens là, j'ai besoin d'un Arnolphe pour mon Agnès », fait le professeur, qui monte « L'école des femmes ». Entre la petite blonde aux yeux immenses et souriants et le grand candide aux timidités d'adolescent, c'est l'harmonie instantanée. Ils se marieront le 18 novembre 1943.

 

C'est à cette époque que le couple se lie d'amitié avec Gérard Calvi, fils de violoniste et compositeur lui-même, à qui Robert donne à lire un manuscrit de quatre cents pages bourré de gags et baptisé par Colette « Les gaufrettes ». Mises en musique par Calvi et enrichies de couplets de Francis Blanche, « Les gaufrettes » sont refusées par tous les théâtres de Paris. « Injouable ! » Dans l'attente de jours meilleurs, Robert Dhéry monte, avec Christian Duvaleix et Jacques Emmanuel, un trio de clowns, « Les Sockett », qui parcourt la province et se produit à l'A.B.C, où Yves Montand avait fait ses débuts parisiens quatre ans plus tôt. Simultanément, il anime, avec Francis Blanche, sur les ondes de Paris-Inter, une émission humoristique intitulée « Faites chauffer la colle » En 1948, Georges Hébert, le directeur aux abois du Théâtre La Bruyère accepte de monter « Les gaufrettes », entre-temps rebaptisées « Branquignol », d'une contraction des mots branque et guignol. Croisement entre la comédie musicale et le théâtre de boulevard.C'est un triomphe avec de nouveaux talents : Raymond Bussières, Annette Poivre, Jacques Ary, Micheline Dax et Jean Carmet.

Plus tard, pour « Dugudu » (1951 ), « Ah ! Les belles bacchantes » (1953) et « Jupon vole! » (1954), de nouveaux branquignols, dont Francis Blanche, Annie Girardot, Louis de Funès, Jacqueline Maillan et Michel Serrault, viendront renforcer la première génération. Mais, en ce 21 avril, jour de triomphe, ni Robert Dhéry, retenu par un engagement au théâtre des Ambassadeurs, ni Colette Brosset, à la veille de donner naissance à leur fille Catherine, ne sont paradoxalement présents. Entretemps, au cinéma, Robert Dhéry poursuit une carrière d'interprète commencée en 1942. Mais il n'est au mieux de sa popularité que lorsqu'il se met lui-même en scène ou sous-traite une de ses idées. Ainsi à Jean Loubignac pour « Ah ! Les belles bacchantes », qu'un ami critique  l'avait dissuadé de réaliser.Un avis qu'il devait regretter d'avoir écouté.


En 1955, c'est le début d'une tournée triomphale, qui va mener, pendant quatre ans, Robert Dhéry et sa troupe d'amis fidèles, de Londres à New York, pour présenter « La plume de ma tante » au public anglo-saxon. Pour ne s'en tenir qu'aux chiffres, la revue musicale aura été applaudie par 700.000 spectateurs, parmi lesquels la reine Elisabeth II, son mari, sept souverains étrangers, quantité de ministres et autant de vedettes, dont Ingrid Bergman, qui l'aura applaudie à quatre reprises. Les années 1960 sont balisées par deux comédies savoureuses et pleines de fraîcheur, « La belle Américaine » et « Allez France! ».

Dhéry en sauveteur muet de Diana Dors ou contraint de donner l'aubade pour s'offrir le plein d'essence de sa « belle Américaine » sont d'inoubliables souvenirs de jeunesse. Mais il sait aussi se faire l'interprète de Feydeau et  Neil Simon, quand il ne s'abandonne pas à son goût pour l'opérette, en assurant la mise en scène de quelques-unes des plus belles œuvres de l'opéra-comique, comme « Le comte Ory » (1976), « La grande-duchesse de Gerolstein » (1979), et « Monsieur Choufleuri » (1988).
En 1974, après « Le petit baigneur » et l'hommage rendu à Louis de Funès, son partenaire des jours sans pain, Robert Dhéry signe, avec « Vos gueules, les mouettes! », son dernier film dans l'esprit qui avait fait la popularité des Branquignols. La bonne humeur et l'alacrité de la fidèle petite troupe sont toujours bien vivantes, mais le comique cinématographique est sur le point d'aborder de nouvelles  terres et de larguer la
commedia dell'arte.

 

Si l'esprit Branquignol était demeuré intact au fil des années, ses représentants avaient vieilli, la troupe d'origine s'était dispersée, et une autre veine comique venue du café-théâtre avait pris le relais, donnant un terrible coup de vieux à l'humour potache et bienveillant de cette bande de copains.

Bien loin d'être terminée, la prolifique carrière d'auteur et de metteur en scène de Dhéry se poursuivra néanmoins dans les années 1980 Mais la maladie neurologique, dont souffrait le comédien depuis plu sieurs années, devait finalement avoir raison de sa gaieté et le confinera dans une retraite anticipée, le soustrayant à la fois à nos regards et le privant d'une inspiration féconde Décédé le 5 décembre dernier, il devait être inhumé, trois jours plus tard dans la plus stricte intimité, au  petit cimetière d'Héry, le village de l'Yonne dont il avait tiré son nom de scène.

 



JEAN GREMILLON ....REMORQUES 1939
ANDRE ZWOBABA ... UNE ETOILE AU SOLEIL 1942
PIERRE DE HERAIN ... MONSIEUR DES LOURDINES 1942
PAUL MESNIER ... FOU D'AMOUR 1942
JEAN FAUREZ ... SERVICE DE NUIT 1943
JACQUES HOUSSIN ... FEU NICOLAS 1943
MARCEL CARNE ... LES ENFANTS DU PARADIS 1943
SERGE DE POLIGNY ... LA FIANCEE DES TENEBRES 1944
JACQUES HOUSSIN ... LE MERLE BLANC 1944
JEAN DE MARGUENAT ... MADAME ET SON FLIRT 1945
MAURICE CAM ... ON DEMANDE UN MENAGE 1945
JACQUES HOUSSIN ... EN ETES VOUS BIEN SUR 1946
JEAN PAUL PAULIN... LE CHATEAU DE LA DERNIERE CHANCE 1946

KARL LAMAC ... UNE NUIT A TABARIN 1947
MARCEL ABOULKER ... LES AVENTURES DES PIEDS NICKELES 1947


ANDRE HUNEBELLE... METIERS DE FOUS 1948
PIERRE MONTAZEL ... JE N'AIME QUE TOI 1949
ROBERT DHERY ... BRANQUIGNOL 1949


ROBERT DHERY ... LA PATRONNE 1949
ROBERT DHERY ... BERTRAND COEUR DE LION 1950

MARC ALLEGRET ... MADEMOISELLE ET SON REVENANT 1951
CLAUDE CARIVEN ... L'AMOUR N'EST PAS UN PECHE 1952
JEAN LOUBIGNAC ... AH LES BELLES BACHANTES 1954

ROBERT DHERY ... LA BELLE AMERICAINE 1961


JEAN MARC THIBAULT ... UN CHEVAL POUR DEUX 1961
ROBERT DHERY... ALLEZ FRANCE 1964



JEAN LHOTE... LA COMMUNALE 1965
ROBERT DHERY ... LE PETIT BAIGNEUR 1967


MARCEL MOUSSY ... TROIS HOMMES SUR UN CHEVAL 1969

CHRISTOPHER MILES... A TIME FOR LOVING 1971
MICHEL BOISROND ... ON EST TOUJOURS TROP BON AVEC LES FEMMES 1971
ROBERT DHERY ... VOS GUEULES LES MOUETTES 1974
CHRISTIAN DE CHALONGES ... MALEVIL 1980
BERTRAND TAVERNIER... LA PASSION BEATRICE 1987


 

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