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ROBERT ENRICO était un grand défenseur du cinéma français. Né le 13 avril 1931 à Lievin dans le Pas de Calais, il est décédé  23 février 2001, à l'avant-veille de la cérémonie des Césars — cette fête du cinéma français dont il avait toujours défendu bec et ongles la spécificité — et quinze ans après s'être vu décerner le César des Césars pour « Le vieux fusil », considéré comme l'un des films de l'Hexagone les plus populaires.

Robert Enrico, nous a donné  l'aventure dans la plupart de ses films. Il était le SERGIO LEONE français.

 

De ses origines modestes, dans le milieu de l'immigration italienne de l'avant-guerre, Robert Enrico avait gardé le goût de la justice sociale et une générosité dans les rapports humains, que laissaient deviner les rondeurs bon-hommes et la franchise du regard, derrière une barbe soignée et méticuleusement taillée, qui trahissait également son souci de perfection, voire son esprit tatillon, quand il était sur un plateau de tournage. Avec ses allures de fauve bienveillant, qui respirait la force animale et la bonne santé, il avait toujours privilégié un cinéma populaire, fait d'aventure et d'action, et bâti autour d'amitiés viriles et de vengeances aussi irréductibles qu'étaient carrés ses héros. Faire de Bourvil un solide bûcheron vosgien et de Lino Ventura un marin transi d'amour pour une star du muet était de sa part une facétie qui cassait ce que cette approche pouvait avoir de trop prévisible.

Si son cinéma est traversé de héros au gabarit d'aventurier, c'est paradoxalement à un insecte, une chenille dévoreuse de pins, la thaumetopoea, que Robert Enrico doit son premier succès. Un court métrage documentaire qui lui valut l'attention de la profession et une médaille de bronze à Venise. Plus légitimement pourtant, c'est à « La rivière du hibou », un moyen métrage inspiré d'une nouvelle américaine sur la guerre de Sécession, que l'on fait généralement remonter son entrée dans l'arène cinématographique, deux ans plus tard.


Il était fils de petits commerçants italiens immigrés. Son père, champion motocycliste, aurait voulu le voir reprendre l'affaire familiale, un magasin de deux-roues de Toulon, où ils s'étaient installés dans les années 1930. Mais Robert  nourrissait déjà d'autres ambitions, préférant à l'ascension des cols de l'arrière-pays le souple maniement de la caméra. Il fut élève des pères maristes de Toulon puis a intègré l'IDHEC — l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques — en 1949, où il passera deux ans, dans la section « réalisation », avant de prendre part aux activités théâtrales du groupe médiéval de la Sorbonne, « Les Théophiliens ». Bernard Fresson comptait alors au nombre de ses camarades. Entre 1952 et 1956, il réalise également des reportages pour la télévision — « Le Brésil des Théophiliens » et « Jeanne à Rouen » entre autres — et tourne ses premiers court: moyens métrages, commandes médicale industrielles pour l'essentiel. Appelé sous drapeaux en 1956, il sera tout  versé au service cinématographique des armées, pour lequel, jusqu'en 1959, il tournera  plusieurs courts métrages à fin didactique.


Nourri de littérature américaine, Robert Enrico tourne, en 1961, « La rivière du hibou un moyen métrage adapté d'une nouvelle d'Ambrose Bierce. Palme d'or du cour Cannes (1962) et Oscar à Hollywood , ce film, qui traduit déjà l'horreur du cinéaste pour la guerre, ne sortira paradoxalement salle que sept ans plus tard.

 

Dès 1963 pourtant, Robert Enrico avait confirmé tout bien que public et critiques pensaient de lui  avec « La belle vie », drame d'un conscrit de la guerre d'Algérie, qui se heurtera à la censure mais obtiendra le prix Jean Vigo du cinéaste le plus prometteur.

 

Nommé entre-temps réalisateur à l'ORTF alors l'unique chaîne de télévision française, change de genre et passe au film populaire d'aventures avec "Les grandes gueules " inspiré d'un roman de José Giovanni. « En visionnant « La rivière du hibou ", j'ai tout de suite compris qu'Enrico était l'homme de la situation », se souvient l'écrivain, qui, à l'époque cherchait un réalisateur pour porter son récit à l'écran. " Il avait de la poésie, le talent pour fil mer l'action et les vastes espaces, et il aimait exalter les grands sentiments. " Cumulant dorénavant les succès populaires et les éloges de la critique, Robert Enrico tourne avec les vedettes françaises les plus renommées de l'époque.

Il  obtiendra la réussite avec  Aventuriers (1966), d'après un roman de José Giovanni. Alain Delon, Lino Ventura, Serge Reggiani y sont entraînés dans une histoire totalement farfelue, dont Johanna Shimkus est une sorte d'enjeu ravissant et complice. Il y a beaucoup de tendresse dans tout cela et Robert Enrico y exalte l'amitié passionnée de gens qui s'embarquent sur un même bateau — bien que le thème soit éternel : la recherche impossible d'un trésor perdu.

Un peu moins réussi sera Ho! (1968), d'après un autre roman de José Giovanni, malgré la présence de Jean-Paul Belmondo et Johana Shimkus. L'aventure y était de moindre intérêt.

Les Belmondo, les Ventura, les Delon, les Ronet, mais aussi Brigitte Bardot, qu'il entraîne dans une comédie d'aventures exotiques, " Boulevard du Rhum ", et jette dans les bras de Lino Ventura. Un tournage au Mexique qui enchante B.B., comme elle le confiera à ses Mémoires.

En 1975, le cinéaste atteint un sommet avec « Le vieux fusil », triomphateur de la première cérémonie des Césars et élu, dix ans plus meilleur film de la décennie. Pourtant, ce n'est qu'au désistement de Lino Ventura, qu croyait pas au personnage, que Philippe Noiret devra d'incarner le chirurgien Julien Dandieu. Un Noiret qu'Enrico avait connu à l'IDHEC et qui avait coiffé la casquette d'un agent de la RATP dans un de ses courts métrages. Romy Schneider, en revanche, n'eut aucun mal à être convaincue : la seule lecture du scénario l'avait émue aux armes. Paradoxalement, cette apothéose que fut « Le vieux fusil » sera, pour Enrico, l'amorce du déclin.

 

Jamais plus, en effet, il ne devait connaître pareil succès Populaire, à l'exception de "Pile ou face ", servi par le duel entre Noiret et Serrault, et d'"Au nom de tous les miens "».
En 1989, à l'occasion du bi-centenaire de l'événement, le cinéaste se retrouve très officiellement investi de la réalisation du premier volet de l'histoire de la Révolution française. Mais, malgré a somptuosité de la mise en scène et un casting éblouissant, l'ensemble manque singulièrement de souffle et de lyrisme.


 C'est alors qu'il tourne « Fait d'hiver », en 1998, qu'apparaissent les premiers signes du cancer du poumon qui devait l'emporter deux ans plus ard. Malgré l'interprétation toute en nuance de Charles Berling,dans un rôle à contre-emploi, ce drame d'un père divorcé qui refuse de rendre ses enfants à leur mère et se barricade chez lui, sera mollement accueilli par public et critiques. 

 

LA BELLE VIE...1962

LES GRANDES GUEULES... 1965

LES AVENTURIERS... 1966
TANTE ZITA ...1967

HO... 1968
UN PEU BEAUCOUP PASSIONNEMENT ...1970
BOULEVARD DU RHUM... 1971

 LES CAIDS... 1972
LE SECRET... 1974
LE VIEUX FUSIL... 1975
 

L'EMPREINTE DES GEANTS... 1979
PILE OU FACE ...1980 

AU NOM DE TOUS LES MIENS... 1983


ZONE ROUGE ...1986
DE GUERRE LASSE ...1987
LA REVOLUTION FRANCAISE 1989
VENT D'EST... 1992
FAIT D'HIVER... 1998

ROBERT ENRICO

ROBERT ENRICO

Tag(s) : #REALISATEUR

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