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Doté d'un physique avantageux qui l'emportait sur ses qua­lités de comédien, Robert Taylor était l'archétype de l'acteur sous contrat. Fleuron de l'écurie MGM durant vingt-six ans — un privi­lège qu'il partagera avec son ri­val Clark Gable —, il se glissa sans protestation aucune dans la production standardisée du premier studio hollywoodien, qui allait faire de lui l'incarna­tion du héros romantique et le faire-valoir de ses grandes stars féminines, les Greta Garbo, Joan Crawford et Jean Harlow. Une image qui, si elle lui apporta un dévoué fan-club de femmes au bord de la crise de nerfs, lui valut également une réputation de jeune fat efféminé, au point qu'il adopta le port de la mous­tache et que la MGM éprouva le besoin de « viriliser » son regis­tre en le versant occasionnelle­ment dans des aventures guer­rières et des westerns. Aussi sage dans sa vie privée qu'il était consensuel dans son acti­vité professionnelle, Robert Taylor ne prêta jamais le flanc au scandale. Seule son idylle avec Barbara Stanwyck souleva quelques vagues parmi les lé­gions d'admiratrices contrites. Mais, sitôt la tempête apaisée, il abandonna à la MGM le soin d'organiser la cérémonie nup­tiale, reconnaissant implicite­ment le confort qu'il y avait pour un acteur à être pris en charge par son studio. Pour le public, autant que pour la préservation d'une image sans tache du glamour hollywoodien, il n'était pas de sacrifice, en cet âge d'or du cinéma que tout membre du club n'eût volontiers consenti avec docilité.

Il a connu son zénith vers la fin des années 30, comme partenaire d'Irène Dunne dans le Secret magnifique, de Greta Garbo dans le Roman de Marguerite Gautier,
de Barbara Stanwyck dans la Femme de son frère, de Joan Crawford et de bien d'autres belles dames. Peut-être son meilleur rôle dans le genre a-t-il été celui qu'il tenait face à Vivien Leigh dans le Pont de Waterloo.

Acteur solide et régulier, c'était un grand séducteur plutôt qu'un comédien de premier ordre, mais, à l'occasion, il savait être impressionnant, par exemple dans Johnny Eager avec Lana Turner (dans un rôle de gangster) ou dans Lame de fond avec Katharine Hepburn (en mari maniaque). Et il a fort bien interprété un Indien, héros de la guerre, qui retrouve sa patrie mais ne peut y rester, dans la Porte du diable, d'Anthony Mann. Au cours des années 50, Robert Taylor s'est spécialisé dans les grandes épopées, à commencer par Quo vadis?, pour poursuivre avec la fameuse biologie médiévale : Ivanhoé, les Chevaliers de la Table ronde et Quentin Durward.

 

Il était né Spangier Arlington Brugh, le 5 août 1911, dans la petite lo­calité de Filley, dans le Nebraska. Il n'a pas 3 ans lorsque son père, médecin de campagne, transporte son cabinet et sa famille dans la ville voisine de Béatrice. Adolescent, il se prend d'intérêt pour la musique, joue du banjo et du saxophone, mais c'est comme violoniste qu'il intègre un trio, avec lequel il se produira sur les on­des de la radio locale. Le jeune Span­gier songe un instant à marcher dans la voie paternelle, tâte même de l'éco­nomie, mais lorsque son professeur de musique accepte un poste d'ensei­gnant au collège de Pomona, en Cali­fornie, il l'y suit. Ses talents de tribun ne tardent pas à l'orienter vers l'art dramatique, discipline artistique qui al­lait décider de son avenir, le jour où, à l'occasion d'une représentation sco­laire de « Journey's end »>, il est repéré par le chef de casting de la MGM. Mais, à la veille de son premier rôle, son père meurt, et le voilà de retour au Nebraska, sans intention de repren­dre un jour le chemin de Hollywood. Illusions déçues? Défaut d'enthou­siasme ? Toujours est-il qu'il faudra l'in­sistance de sa mère et sa promesse de venir s'installer avec lui à Los Angeles pour qu'il reconsidère sa décision.

Découvert par la MGM, il tournera paradoxalement ses deux premiers films sous les bannières de la Fox et d'Universal. La firme au lion ne devait commencer à s'intéresser à lui qu'avec le succès d'estime que lui vaudra au­près des femmes « West Point of the air », où il n'a pourtant qu'une ligne de dialogue. Un détail qui n'échappera pas à Louis Mayer, qui lui signera, dans la foulée, un contrat de dix-sept ans. Sui­vent des rôles plus étoffés, dans « Times Square lady » et « Broadway melody of 1936 ». Mais c'est « Magni­fient obsession », que reprendra vingt ans plus tard Rock Hudson, qui fera de lui le nouveau Rudolph Valentino. Incarnation du charme et de l'élégance, il possède un physique qui correspond idéalement aux canons de beauté d'alors. Mais s'il dame le pion à Clark Gable, l'autre star de la MGM, il s'ap­puie aussi sur un répertoire moins ri­che, circonscrit à des personnages de gommeux et d'amoureux romantiques dont la quintessence sera l'Armand Duval de « Camille ». Une faveur, en ces temps d'avant-guerre, encore alimen­tée par les rumeurs d'idylle avec Bar­bara Stanwyck, et que l'on s'empres­sera d'aller vérifier, l'année suivante, en se précipitant aux projections de •< This is my affair ». Dans quelle mesure leur mariage, en 1939, ne relevait pas par­tiellement de la stratégie du studio pour conforter son image de star, on ne sau­rait encore le jurer aujourd'hui.

Entre-temps, pour le libérer des sté­réotypes et affirmer sa masculinité, la MGM le distribue dans une série de rô­les virils, dont ceux du boxeur de « The crowd roars » et du gangster de « Johnny Eager ». Mais, conscient que c'est dans la romance qu'il excelle et que gît son magnétisme, Mayer en fait le héros de <• Waterloo Bridge », drame sentimental avec Vivien Leigh, qui renforcera sa cote d'amour à la veille de la guerre. Un conflit auquel il participera entre 1943 et 1946. comme réalisateur de films de propagande et instructeur de vol, dans la mesure où il avait été jugé, à 32 ans, « trop vieux » pour le service actif. Patriote, Robert Taylor pouvait l'être aussi dans son sens le plus étroit. Ainsi dénoncera-t-il, devant la commission des ac­tivités anti-américaines du Sénat, les relents pro-communistes de « Song of Russia », que la MGM l'avait con­traint à tourner, comme il avait déjà re­nâclé, en pleine période d'arrogance nazie, à jouer un soldat allemand pourtant sans reproche dans « Three comrades ».

Si le retour aux affaires, au lende­main de la guerre, se ressent de sa trop longue absence, Robert Taylor gagne en maturité et en finesse de jeu ce qu'il a perdu en séduction physique et en clubs de groupies. En service prolongé auprès de la MGM — jus­qu'en 1958 —, il inaugure même un répertoire nouveau, dans le western et le film d'aventures historiques, s'ouvrant une seconde carrière qui culmi­nera en 1951 avec le super-péplum qu'est Quo vadis. Mais, depuis 1949, il s'absente de plus en plus fré­quemment sous le prétexte de tour­nages lointains, et Barbara Stanwyck n'est pas du bois dont on fait les Pé­nélope. Ses dix mois en Italie pour « Quo vadis » seront la goutte qui fait déborder le vase et mèneront à un di­vorce à l'amiable. Les deux époux étaient d'ailleurs appelés à se retrou­ver sur le plateau de « The night walker ». En 1954, Robert Taylor se re­marie avec la comédienne allemande Ursula Thiess, qui lui donnera deux enfants, Terrance (1955) et Tessa (1959). Une vie conjugale apaisée qui lui inspirera des envies de retraite et d'élevage de chevaux. Il n'en fera rien, malgré le déclin de faveur qu'il connaît légitimement à partir de 1960 et la conscience de n'avoir dû sa carrière qu'à un physique en accord avec les fantasmes de l'époque. Ces dix an­nées de félicité devaient néanmoins connaître une fin brutale le 8 juin 1969. Atteint d'un cancer du poumon, résultat de quarante ans de tabagie, il mourra prématurément, accompagné de l'éloge funèbre de son ami Ronald Reagan, alors gouverneur de Califor­nie, que l'on avait rarement vu pleurer à si chaudes larmes.

DAVID BUTLER...HANDY ANDY...1934
DOUGLAS SIRK...DEMAIN EST UN AUTRE JOUR ...THERE'S ALWAYS TOMORROW...1956
CHARLES BRABIN...UNE MECHANTE FEMME...A WICKED WOMAN...1934
GEORGE B SEITZ...MEDECIN MONDAIN...SOCIETY DOCTOR...1935
GEORGE B SEITZ...TIMES SQUARE LADY ...1935
RICHARD ROSSON...TEL PERE TEL FILS...WEST POINT OF THE AIR...1935
EDWARD SEDGWICK...MEURTRE DANS LA MARINE...MURDER IN THE FLEET...1935
ROY DEL RUTH...BROADWAY MELODY 1936: NAISSANCE D'UNE ETOILE ...1935
JOHN STAHL...LE SECRET MAGNIFIQUE...THE MAGNIFICENT OBSESSION...1935

ROY DEL RUTH...UNE CERTAINE JEUNE FILLE...PRIVATE NUMBER...1936
W. S VAN DYKE...LA FIEVRE DES TROPIQUES...HIS BROTHER'S WIFE...1936
CLARENCE BROWN...L'ENCHANTERESSE...THE GORGEOUS HUSSY...1936
GEORGE CUKOR...LE ROMAN DE MARGUERITE GAUTHIER...CAMILLE...1937


W. S VAN DYKE...VALET DE CŒUR...PERSONAL PROPERTY...1937
WILIAM A SEITER...SA DERNIERE CHANCE...THIS IS MY AFFAIR...1937


ROY DEL RUTH...MELODIE DE BROADWAY ...1937
JACK CONWAY...VIVENT LES ETUDIANTS! ...1938
FRANK BORZAGE ...TROIS CAMARADES ...1938
RICHARD THORPE...LA FOULE EN DELIRE...THE CROWD ROARS...1937
W S VAN DYKE...TRAFIC D'HOMMES ...1939
NORMAN TAUROG...LUCKY NIGHT...1939
JACK CONWAY...LA DAME DES TROPIQUES...LADY OF TROPICS...1939
NORMAN Z MCLEOD...REMEMBER?...1939
MERVYN LEROY...LA VALSE DANS L'OMBRE...WATERLOO BRIDGE...1940


MERVYN LEROY...ESCAPE...1940


FRANK BORZAGE...FLIGHT COMMAND...1940
DAVID MILLER...LE REFRACTAIRE...BILLY THE KID...1941
ROBERT Z LEONARD...DUEL DE FEMMES...WHEN LADIES MEET...1941
MERVYN LEROY...JOHNNY ROI DES GANSTERS...1941

GEORGE CUKOR....HER CARDBOARD LOVER ...1942
ROBERT Z LEONARD...LE CARGO DES INNOCENTS...STAND BY FOR ACTION...1942
EDWARD BUZZELL...THE YOUNGEST PROFESSION...1943
TAY GARNETT ...BATAAN ...1943
GREGORY RATOFF...AMES RUSSES...SONG OF RUSSIA...1943
VINCENTE MINNELLI...LAME DE FOND...UNDERCURRENT...1946
CURTIS BERNHARDT...LE MUR DES TENEBRES...HIGH WALL...1947
ROBERT Z LEONARD...L'ILE AU COMPLOT ...THE BRIDE...1949
VICTOR SAVILLE...GUET-APENS...CONSPIRATOR...1949


ANTHONY MANN...LA PORTE DU DIABLE...DEVIL'S DOORWAY...1950

SAM WOOD...EMBUSCADE..AMBUSH...1950


MERVYN LEROY ...QUO VADIS ...1951
WILLIAM A WELLMAN...CONVOI DE FEMMES...WESTWARD THE WOMEN...1951

RICHARD THORPE...IVANHOE...IVANHOE...1952
NORMAN PANAMA...LE GRAND SECRET...ABOVE AND BEYOND...1952
JOHN FARROW ...VAQUERO ...VAQUERO ...1953

RICHARD THORPE...LA PERLE NOIRE...ALL THE BROTHERS WERE VALIANT...1953
RICHARD THORPE ...LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE...KNIGHTS OF THE ROUND TABLE ...1953
ROBERT PIROSH ...LA VALLEE DES ROIS ...VALLEY OF THE KINGS ...1954
ROY ROWLAND...SUR LA TRACE DU CRIME...ROGUE COP...1954


ROY ROWLAND...L'AVENTURE FANTASTIQUE...1955
RICHARD THORPE ...LES AVENTURES DE QUENTIN DURWARD ...1955
RICHARD BROOKS...LA DERNIERE CHASSE...THE LAST HUNT...1956


HENRY KOSTER...AU SIXIEME JOUR...D-DAY THE SIXT OF JUNE...1956
HENRY KOSTER...LES GRANDS DE CE MONDE...THE POWER AND THE PRIZE...1956

RICHARD THORPE ...CONTREBANDE AU CAIRE ...TIP ON A DEAD JOCKEY ...1957
ROBERT PARRISH...LIBRE COMME LE VENT...SADDLE THE WIND...1958


JOHN STURGES ...LE TRESOR DU PENDU ...THE LAW AND JACK WADE ...1958
ALBERT C GANNAWAY...TRAQUENARD...NO PLACE TO LAND...1958
MICHAEL CURTIZ...LE BOURREAU DU NEVADA...THE HANGMAN...1959

RICHARD THORPE...LES AVENTURIERS DU KILIMANDJARO...KILLERS OF KILILANDJARO...1959
RICHARD THORPE...LA MAISON DES 7 FAUCONS...THE HOUSE OF THE SEVEN HAWKS...1959
ARTHUR MILLER...LE GRAND RETOUR...THE MIRACLE OF THE WHITE STALLIONS...1962
TAY GARNETT...LES RANCHERS DU WYOMING...CATTLE KING...1963
RUSSELL ROUSE...LA MAISON DE MADAME ADLER...A HOUSE IS NOT A HOME...1965
WILLIAM CASTLE...CELUI QUI N'EXISTAIT PAS...THE NIGHT WALKER...1965


PAUL WENDKOS...JOHNNY TIGER...1966
HUGO FREGONESE...LA PAMPA SAUVAGE ...1966
JAMES NEILSON...LE JUSTICIER DE L'ARIZONA...THE RETURN OF THE GUNFIGHTER...1966
LUIGI SCATTINI...LA SFINGE D'ORO ...
JAMES NEILSON...GAMINES EXPLOSIVES...WHERE ANGELS GO TROUBLE FOLLOWS...1967
ETIENNE PERIER...LE ROUBLE A DEUX FACES...RUBLO DE DOS CARAS...1969
1959-1962 THE DETECTIVES (TV SERIES)
1966-1969 LES AVENTURIERS DU FAR-WEST (TV SERIES)

 

ROBERT TAYLOR

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