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JEAN-MARC BORY était un homme discret, secret jusqu'à l'effacement, ne révélant de lui-même que la part intime qu'il s'autorisait à faire passer dans chacun de ses personnages. Au point que s'il avait toujours tiré grande fierté d'avoir tourné « Les amants » avec Louis Malle et Jeanne Moreau, il avait été profondément dérangé par la notoriété un brin scandaleuse que le film avait suscitée en son temps, ainsi que par la soudaine et inconfortable mise en lumière à laquelle ce tapage médiatique l'avait contraint.

 

JEAN-MARC BORY était né dans la Suisse rurale des vallées enclavées et chichement peuplées à  Noville, Vaud,  le 17 mars 1934
et il est décédé le 31 mars 2001  à Belle-Île-en-Mer, Morbihan.

Dans son enfance, il lui était arrivé de passer deux  mois seul dans les alpages, avec pour unique interlocuteur un troupeau de vaches. Par quel chemin cette existence frugale l'orienta-t-elle vers la scène ? Son père pratiquait le théâtre en amateur, et sa mère, musicienne de formation, ont  éveillé en lui le désir de devenir acteur.

Il prend des premiers cours d'art dramatique à Lausanne, où il débute sur les planches dans des rôles muets. Mais il n'est de reconnaissance qu'à Paris. Et, malgré l'arrachement que lui cause l'éloigne-ment du pays natal, il en prend la route durant l'hiver 1952-1953.
Parvenu dans la capitale française, il suit les cours de Maurice Escande, se retrouve souffleur dans la pièce de Calderón "La dévotion à la Croix ", fait trois mois de figuration dans "Bel Ami " et dans " Electre ou La chute des masques " et prend part à la présentation du "Portrait de Camille" au
festival d'Angers. Il connaît sa première chance dans le rôle de Gauthier d'Aulnay, le héros malheureux de « La Tour de Nesle », où il a pour partenaires Maria Casarès et Serge Reggiani, qu'il devait toujours regarder comme ses maîtres. Le même Reggiani qui le retiendra pour sa propre production d' Hamlet  et le recommandera, en 1955, à André Cayatte pour le rôle du juge d'instruction dans " Le dossier noir "». Nelly Bo-geaud y sera une autre débutante. Entre-temps, en septembre 1954, il s'était installé en tête d'affiche de "Cœur ébloui ", la pièce de Lucien Descaves que Pierre Brasseur avait créée avec Simone Renant vingt-huit ans auparavant.


Si l'année 1955 inaugure ses débuts cinématographiques, elle se signale également par deux accidents graves qui sont à deux doigts de mettre prématurément fin a sa carrière. Le premier lui cause une fracture de la colonne vertébrale. après un plongeon dans une eau trop peu profonde. Le second lui  vaut quinze fractures et six mois d'immobilisation, après avoir percuter un mur à 120 km/ h. A l'automne 1956, il a pourtant regagné Paris pour la reprise de  " La Tour de Nesle"  - aux Mathurins, avant de monter la délicieuse pièce de Peter Ustinov "Romanoff et Juliette "  (1957). Occasion que saisit Louis Malle pour, lui offrir le rôle du jeune archéologue avec Jeanne Moreau  .

 

" Les amants " s'attirera, en 1958, les foudres de la censure et de la morale bourgeoise, qui y fustigera "l'apologie de l'adultère ", " la propagation d'un néo-amoralisme et " l'exhibition de scènes scabreuses ". Autant de réactions outrées qui amèneront, en maints endroits, le film à être provisoirement retiré de l'affiche. 

 

Si Bory ne goûte que modérément cet excès d'attention, le public se découvre, pour sa part, un nouveau centre d'intérêt en la personne de ce comédien sobre, à la voix douce et enveloppante, à l'insolence enjôleuse et au sourire sain, capable d'exprimer une émotion en ne recourant qu'à un minimum d'artifices. Une séduction que l'on retrouvera dans une dizaine d'autres films, avant que Bory lui-même ne s'en fatigue. Entre-temps, il compense par le théâtre ce que le cinéma lui coûte de frustrations et s'épanouit dans des rôles difficiles, mais qui conviennent on ne peut mieux à sa gravité naturelle. Ainsi " La cerisaie ", de Tchékhov, et " La grande imprécation devant les murs de la ville ", de Tankred Dorst.


En 1968, il pense raccrocher définitivement, déprimé par l'orientation qu'a prise sa carrière. Cinématographique essentiellement. " J'avais le sentiment de me prostituer pour de l'argent ", avouera-t-il. " Il faut sans cesse s'abaisser à des concessions professionnelles, penser avant tout à séduire le public, à aller au-delà de ses désirs. " « Le public? », répond-il alors à une question de journaliste. «"Je m'en fous, du public. Le rôle du comédien est de favoriser l'éclosion d'une œuvre, et non de plaire au public. "

 

Il se ravisera. Mais le cinéma, où il ne reviendra que par amitié pour un réalisateur comme Soutter ou Delannoy, ne sera plus qu'une activité secondaire en regard de sa dévotion pour le théâtre et de ses échappées vers la télévision. La scène, où son tempérament le porte vers des œuvres volontiers sèches et ascétiques, comme peut l'être le répertoire d'un Strindberg ou d'un Kleist, lui apporte encore de belles satisfactions. Ainsi " La danse de mort"(1971 ), avec Alain Cuny et Maria Casarès, et " Catherine de Heilbronn " (1979), avec Pascal Greggory et Pascale Ogier.

 

Mais en 1982, il parle de nouveau de se retirer, d'autant qu'il s'est découvert une curiosité pour la peinture. Pendant quelques années, il joindra même le geste à la parole. Mais l'arrivée tardive d'une famille nombreuse (1984-1985), un fils et des jumelles, et les responsabilités économiques y afférant, ne va pas tarder à le remettre en selle. Jean-Marc Bory s'était même attaqué à la mise en scène, lui qui avait toujours eu le scrupule de ne pas imposer son excès d'autoritarisme aux autres.
Quelques mois avant sa disparition, le comédien avait encore signé la mise en scène de " Lucio Silla", de Mozart, pour l'opéra de Lausanne, repris ensuite par le théâtre de Caen. C'est presque aussi discrètement qu'il avait mené sa carrière qu'il devait décéder d'un arrêt cardiaque, alors qu'il tondait la pelouse de sa maison de Belle-Ile, où il attendait sa femme et ses trois enfants pour les vacances de Pâques.

 

ANDRE CAYATTE ...LE DOSSIER NOIR ...1955
LOUIS MALLE ...LES AMANTS ...1958

SILVIO AMADIO...LES LOUPS DANS L'ABIME...1959
HERVE BROMBERGER...LES LOUPS DANS LA BERGERIE...1959
ABEL GANCE ...AUSTERLITZ ...1960


GIANNI PUCCINI... IL CARRO ARMATO DELL'8 SETTEMBRE   ...1960
MICHEL DEVILLE...ADORABLE MENTEUSE  ...1962


HENRI DECOIN...MALEFICES...1962


ROGER VADIM...LE REPOS DU GUERRIER...1962

JEAN-LUC GODARD...ROGOPAG...1963
JACQUES BARATIER ...DRAGEES AU POIVRE ...1963
PASQUALE FESTA CAMPANILE...AMOURS SANS LENDEMAIN  ...1963
PIERRE KAST...LES VACANCES PORTUGAISES...1963
TERENCE YOUNG...LA FANTASTIQUE HISTOIRE VRAIE D'EDDIE CHAPMAN...1966
LUCHINO VISCONTI...L'ETRANGER...1967
MAURIZIO PONZI...I VISIONARI  ...1968
ITALO ZINGARELLI ...UNE PROSTITUEE AU SERVICE DU PUBLIC ET EN REGLE AVEC LA LOI     ...1970
ROGER PIGAUT ...COMPTES A REBOURS ...1970
JUAN LUIS BUNUEL...AU RENDEZ VOUS DE LA MORT JOYEUSE...1973


PIERRE GRANIER DEFERRE...LA RACE DES SEIGNEURS...1974


YANNICK BELLON...JAMAIS PLUS TOUJOURS...1976
YVES BOISSET...LE JUGE FAYARD DIT LE SHERIF...1976
FRANCOISE SAGAN...LES FOUGERES BLEUES  ...1977
SALVATORE SAMPERI... CASTA E PURA ...1981
MICHEL SOUTTER...L'AMOUR DES FEMMES...1982
FRANCOIS REUSSER...DERBORENCE ...1985
ANDRZEJ ZULAWSKI...L'AMOUR BRAQUE  ...1985
RENAUD VICTOR...LE MEILLEUR DE LA VIE...1985
JEAN DELANNOY...BERNADETTE...1988


JEAN DELANNOY...MARIE DE NAZARETH  ...1995
......
1980 LES HERITIERS (TV SERIES)
1989 CONDORCET (TV MINI-SERIES)
1996 LE COMBAT DES REINES (TV MOVIE)
1993 L'AFFAIRE SEZNEC (TV MOVIE)

Ajout d'un commentateur " Les invités de Roger Pigaut dans lequel Jean-Marc Bory y jouait le rôle de Marc Avignon aux côtés de Nicole Calfan , fiction tv diffusée a la télé "

Tag(s) : #ACTEURS

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