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Jolie, bien éduquée, comme Jennifer Jones et Jean  Simmons, Jeanne Crain fut un produit typique des années de guerre .

Jolie, lumineuse et juste assez sexy pour  ne pas paraître provocante , elle n'avait rien de la pin up dont  les boys couvraient les murs de leur chambrée, mais tout  en revanche, de la mère et épouse parfaites. 

 Désireuse de changer de registre et d'échapper aux rôles trop sucrés auxquels l'avait assignée jusque-là   la 20th Century Fox, Jeanne s'émancipa de son pygmalion pour des personnages plus mûrs et moins innocents à partir  de 1954. Mais, depuis toujours, sa priorité avait été la famille et ainsi pour elle, Jeanne se retirera une fois parvenue à  la quarantaine.

Jeanne est née  de parents irlandais\ à Barstow (Californie) le   25 mai 1925et fut éduquée à Los Angeles, où son père était directeur du département des langues vivantes de la Inglewood High School. Promotion qui n'empêcha nullement sa fille de poursuivre
ses études à la St. Mary's Academy. 

                             

C'est à l'occasion d'une représentation scolaire de « Scarface », sans parenté avec le film hollywoodien sur le personnage d'AI Capone, qu'elle décide incontinent de devenir actrice. Mais il faut croire qu'à l'époque déjà, sa beauté avait quelque chose de cinématographique, car, lors d'une visite des studios de la RKO avec l'école, elle est remarquée par Orson Welles, qui lui propose un bout d'essai dans le but de lui confier éventuellement le personnage de Lucy dans « The magnificent Ambersons ». Hélas, le résultat désole Welles : à 16 ans, la timidité de l'adolescente est telle qu'elle dévore sa personnalité une fois passée par le filtre de l'écran. C'est finalement Anne Baxter, comédienne plus mûre et déjà aguerrie, qui héritera du rôle. On parlera encore de Jeanne Crain pour « The song of Bernadette ». Mais, là aussi, elle pâlira devant Jennifer Jones. Trop jeune, elle ne prend pourtant pas ombrage de ces relatifs revers. Au contraire, ils l'encouragent à intégrer l'atelier d'art dramatique de l'université locale et à fréquenter les concours de beauté. Le bon véhicule, comme l'avenir le révélera, puisque le titre de « Miss Long Beach » lui vaudra, en 1943, d'être remarquée par des talent scouts 6e la Fox. Un contrat à court terme et un premier engagement : celui d'une fille en maillot de bain au bord de la piscine dans « The gang's ail here ». Pas le genre de rôle auquel on l'identifiera plus tard, même s'il l'installe provisoirement dans le paysage hollywoodien.

Le succès public de « Home in Indiana », avec June Haver, l'y enracinera définitivement, en même temps qu'il entraînera une réévaluation de son contrat et placera désormais son nom en tête d'affiche. Malheureusement, « In the meantime, darling » se fait étriller par la critique, qui n'épargne pas davantage son interprète. Jeanne Crain ne serait-elle qu'une baudruche? Non point. Elle rebondit avec « Winged victory », où elle incarne la femme d'un aviateur de guerre. Un genre qui fera fortune auprès du public, comme en feront plus tard l'expérience Grâce Kelly et William Holden avec « Les ponts de Toko-Ri ».
Elle se fixe clairement dans « State fair », comédie musicale où, délicieuse jeune fille de l'Amérique profonde, Jeanne Crain tombe amoureuse du journaliste Dana Andrews et lui susurre à l'oreille « It might as well be Spring », doublée pour le chant par Louanne Hogan. 1945 sera une année faste pour l'actrice, qui voit son contrat revu à la hausse par son employeur et convole en justes noces avec le comédien Paul Brinkman (Paul Brooks), qui devait plus tard abandonner le show-business pour se lancer avec succès dans les affaires. Ensemble, ils auront sept enfants et connaîtront une brève séparation en 1956, avant de se réconcilier et de rester unis jusqu'à ce que la mort les sépare définitivement. 

 

Pour l'heure, Jeanne Crain cristallise les sympathies d'un public séduit par sa beauté sans arrogance et ses belles manières. Une popularité que consolidera accidentellement Elia Kazan en lui confiant le rôle délicat de Pinky, une jeune fille née de parents noirs mais à la peau blanche. Délicat, parce que Hollywood, à l'époque, évitait comme la peste les sujets à thème racial. Avec raison, semble-t-il, car, en dépit des excellentes critiques, le film sera vilipendé dans le sud des Etats-Unis, où il était inconcevable qu'un Blanc bien né pût vouloir épouser une Pinky en connaissance de cause. Le brûlot de Kazan sera même interdit de diffusion dans une ville du Texas, avant que la Cour suprême ne déclare la mesure anticonstitutionnelle. Beaucoup d'actrices noires, telle Lena Horne, convoitaient le rôle. Mais Darryl Zanuck, le patron de la Fox, voulait une comédienne de race blanche et cotée au box-office. Paradoxalement, « Pinky » accroîtra la popularité de Jeanne qui recevra jusqu à 6.000 lettres par jour, dont à peine 1 % en provenance de mécontents.

Une faveur qui ne l'empêchera pas d'être privée du personnage de « L'héritière » au profit d'Olivia de Havilland.
En 1953, après « Vicki », et malgré la reconnaissance qu'elle porte à la Fox de lui avoir mis le pied à 1'étrier, elle demande son émancipation pour explorer de nouveaux répertoires. Des personnages de femmes énergiques, presque masculines, comme dans « Man without a star » et « Guns of the Timberland ». Deux propriétaires de ranchs qui préfigurent ses propres activités, dans la mesure où elle sera bientôt à la tête, avec son mari, de deux élevages de bœufs  de 750 têtes chacun.

Au seuil des années 1960, la carrière cinématographique de Jeanne Crain marque le pas. De plus en plus régulièrement, elle décline les offres pour passer davantage de temps avec sa famille et assister son époux dans ses affaires. Comme le fera pertinemment remarquer un chroniqueur de la vie hollywoodienne, elle est de ces femmes qui ne manquent pas d'ambition, mais n'en incommodent pas les autres. En guise de chant du cygne, elle tourne trois coproductions européennes, à l'époque où les péplums et les westerns spaghetti font florès, avant de se retirer définitivement en 1973 pour se consacrer à l'éducation de son dernier enfant, alors âgé de 8 ans. Longtemps après avoir disparu des écrans, elle recevait encore du courrier de fans émus qui venaient de la découvrir à l'occasion d'une rediffusion de ses anciens films à la télévision.

Finalement, au terme d'une vie au cours de laquelle elle aura eu la sagesse d'équilibrer travail et petites joies maternelles et conjugales, Jeanne succombera à une crise cardiaque, le 14 décembre 2003, deux mois à peine après le décès de son mari.

BUSBY BERKELEY...THE GANG'ALL HERE...943
HENRY HATAWAY...HOME IN INDIANA...1944
GEORGES CUKOR...WINGED VICTORY....1944
OTTO PREMINGER...IN YHE MEANTIME DARLING...1944
WALTER LANG...LA FOIRE AUX ILLUSIONS...STATE  FAIR...945
JOHN M STAHL...PECHE MORTEL....LEAVE HER TO LEAVEN...1945
OTTO PREMINGER...QUADRILLE D'AMOUR...CENTENNIAL SUMMER...1946
HENTY KING...MARGIE...946
LLOYD BACON...TU M'ETAIS DESTINEE...YOU WERE MEANT FOR ME...1947
GEORGES SEATON...L'AMOUR SOUS LES TOITS...APARTMENT FOR PEGGY..1948
JOSEPH L MANKIEWICZ...CHAINES CONJUGALES...A LETTER TO THREE WIVES...1948

OTTO PREMINGER...L'EVENTAIL DE LADY WINDERMERE...THE FAN...1949
ELIA KAZAN...PINKY..1949
WALTER LANG...TREIZE A LA DOUZAINE...CHEAPER BY THE DOZEN...1950
JEAN NEGULESCO...TAKE CARE OF MY LITTLE GIRL...1951
JOSEPH L MANKIEWICZ...ON MURMURE DANS LA VILLE...PEOPLE WILL TALK...1951

 

GEORGES CUKOR...THE MODEL AND THE MARIAGE BROKER...1951

HENRY LEVIN...SIX FILLES CHERCHENT UN MARI...BELLES ON THEIR TOES...1952


HENRY HATAWAY...LA SARABANDE DES PANTINS...O HENRY'S FULL HOUSE...1952

JOSEPH M NEWMAN...MEURTRE A BORD...DANGEROUS CROSSING...1953
HARRY HORNER...VICKI...1953
HARMON JONES...CITY OF BADMEN..1953
GEORGES MARSHALL...DUEL DANS LA JUNGLE...DUEL IN THE JUNGLE...1954
KING VIDOR...L'HOMME SANS ETOILE...MAN WITHOUT A STAR...1954
RICHARD SALE...LES HOMMES EPOUSENT LES BRUNES..GENTLEMEN MARRY BRUNETTES...1955
GEORGES MARSHALL...THE SECOND GREATEST SEX...1955

RUSSELL ROUSE...LA PREMIERE BALLE TUE...THE FASTEST GUN ALIVE...1956
JACK ARNOLD...MORT SUR LA VOIE PUBLIQUE...THE TATTERED DRESS...1956
CHARLES VIDOR...LE PANTIN BRISE...THE JOKER IS WILD...1957

ROBERT D WEBB...TONNERRE SUR TIMBERLAND...GUNS OF THE TIMBERLAND...1959

BRUCE HUMBERSTONE...MADISON AVENUE...1960

JOSEPH M NEWMAN...TWENTY PLUS TWO...1961
FERNANDO CERCHIO...NEFERTITI REINE DU NIL...NEFERTITI REGINA DEL NILO..1961
IRVING RAPPER...PONCE PILATE...961
FERNANDO CERCHIO...PAR LE FER ET PAR LE FEU...COL FERRO E COL FUOCO...1961
JOHN BRAHM...HOD RODS TO HELL...1967
LEE MADDEN...THE NIGHT GOS SREAMED...1971
JOHN GUILLERMIN...ALERTE A LA BOMBE...SKYJACKED...1972

L'HOMME A LA ROLLS (TV SERIES)

http://www.cinestranger.com/2016/03/jeanne-crain.html

http://www.cinestranger.com/2016/03/jeanne-crain.html

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