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René Simon est un acteur français, né le 18  mai 1898 à Sainte-Savine (Aube) et mort le 17 février 1971 à Paris.

 

Il avait été mutilé de la face pendant la guerre de 14-18, il en avait gardé une légère distorsion dans les traits du visage. Il a créé le célèbre cours de théâtre  René Simon qui a formé d’illustres acteurs tels François Périer, Pierre Mondy , Belmondo , André Héraud, Jacques Herbert, Jacques Riberolles ,Henri Poirier , Jean Le Poulain, Robert Hirsch, Jacqueline Maillan, Marthe Mercadier, Robert Hossein, François et Monique Chaumette, Philippe Nicaud, Jean-Claude Pascal, Philippe Lemaire, Cécile Aubry, Geneviève Page ...

 

 

 

 

 

Au  théâtre, on apprend tous les jours mais on doit tout de même bien commencer par quelques rudiments. Il faut savoir régler sa voix selon que l'on joue devant cinquante ou deux mille personnes, se déplacer sur scène sans tourner le dos aux spectateurs et, dans une pièce comique, laisser au public le temps de rire, mais pas une seconde de trop, avant d'enchaîner la réplique suivante. Tous ces petits trucs qui deviennent par la suite des réflexes, c'est René Simon qui les a enseignés.

 

Personnage baroque, généreux, solaire, René Simon régnait sur son cours avec la ferveur d'un monarque adoré. Il avait l'enthousiasme, l'énergie, la fougue, de ceux qui se sentent exister en aidant les autres à se découvrir, à aller au bout d'eux-mêmes.

 

Pour les soixante-dix ou quatre-vingts élèves qu'il prenait en charge selon la saison, son grand studio de peintre du XVe arrondissement était un vrai sanctuaire. Les fastes de ce palais se résumaient pourtant à une petite estrade de deux marches, et à deux projecteurs sur pied qui dispen­saient une lumière chiche quand ils ne tombaient pas en panne. Mais ces murs défraîchis étaient habités par une foi qui, chaque lundi, ramenait toute sa classe autour de ce professeur messianique. Pour rien au monde, les futurs artistes n'auraient raté cette cérémonie. Simon s'asseyait sur son bureau, et les élèves se disposaient autour de lui, par terre sur la moquette. Le cours n'avait rien de magistral : il se résumait à une succession de scènes jouées par les élèves, et commentées par le maître. Simon tranchait souvent  : « Bon, toi, tu vas travailler ça. Toi, la grande sauterelle, tu lui donneras la réplique. Si ça ne va pas avec elle, qui a un caractère impossible, tu peux deman­der à l'autre, là-bas, la blonde. Entre les deux, tu te débrouilles. Tu reviens avec l'une d'elles. »

 

Au moment des « passages », tout le monde se taisait. A la fin de la scène, Simon faisait ses observations aux deux élèves qui venaient de travailler, en développant ses remar­ques pour que tout le monde en profitât.

Parfois, il entrait dans une sorte de délire magnifique, parlant avec passion du métier de comédien, de sa gran­deur. Malgré sa prestance et son impeccable diction, René Simon disait lui-même qu'il n'était pas un très bon acteur : mais là, en professeur d'art dramatique, il tenait son meil­leur rôle.

René Simon connais­sait admirablement le théâtre. Il avait tout lu, savait par cœur des pièces entières, à force d'entendre et de disséquer le répertoire. Son enthousiasme le faisait parfois donner dans les apartés. Au beau milieu d'une scène qu'il expli­quait, il s'interrompait sans prévenir :       « Mes enfants, mes enfants, écoutez ce que c'est beau, écoutez-moi ça. Allez, reprenez-moi ce passage...»

René Simon savait bien que tous ses «enfants» n'allaient pas devenir de grandes vedettes. Mais cela ne l'empêchait pas d'entretenir le feu sacré et il avait raison.

Le flair était un des traits du génie de René Simon. Il ne se trompait jamais. Dès qu'un nouvel arrivant franchissait sa porte, il était en mesure de le classer, avant même qu'il ouvrît la bouche : jeune premier, valet comique, etc.

Ainsi de Pierre Mondy il lui a dit :

« Toi, tu trouveras ton emploi à l'âge de quarante ans. Si tu peux attendre jusque-là, tu auras des rôles... »,

: «N'abandonne pas... »

« Il y a des comédiens qui sont faits pour aller de A à Z... Certains joueront uniquement le A, les rôles titres, d'autres joueront de B à Z. C'est le cas de Mondy.... »

 

Passionné de psychomorphologie, il scrutait le visage des élèves dont il aimait deviner les personnages qu'ils porteraient : « Regardez François plus tard, il ressemblera à Lucien Guitry... »

En début d'année, ou lorsque arrivent des nouveaux, le patron inscrit sur le tableau les trois lettres S, A, M : « Voilà ce qu'il faut pour être acteur, déclare-t-il. Santé, Audace, Mémoire... »

Outre ses conseils toujours avisés, Simon se singularisait par son immense humour — qui le poussait à parodier ses élèves — et par son aptitude étonnante à « lire » à travers les élèves, comprendre leurs motivations souvent complexes et, même, deviner leur avenir.

 

De Belmondo, il disait : "Avec une gueule pareille, comment voulez-vous qu'il fasse du théâtre ? Il fait partie du Central ou quoi ? On s'attend à recevoir un direct du gauche dès qu'on s'approche de lui !"

RENE SIMON

RENE SIMON

Tag(s) : #ACTEURS

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