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Otto Preminger est né le 05/12/1906 à Vienne et est décédé le 23/04/1936.

Son père, avocat juif en renom, ne décourage pas sa précoce vocation pour le théâtre, à condition qu'il achève d'abord son droit. Tout en poursuivant ses études, Preminger joue au théâtre Josefstadt de Max Reinhardt, équivalent viennois du célèbre théâtre de Berlin. A l'âge de dix-neuf ans, il décide de passer à la mise en scène et, en 1932, il réalise son premier film, Die grosse Liebe, mélodrame qui restera son ultime tentative cinématographique pour cette période. Promu directeur technique du théâtre Josefstadt en 1935, il s'inquiète vivement de la montée au pouvoir de Hitler. Quand Joseph M. Schenck, de la 20th Century-Fox, lui propose de venir travailler à Hollywood, Preminger accepte : il part pour les États-Unis le 16 octobre 1935.
Sur le plan professionnel, ses premières années en Amérique sont frustrantes. Le patron de la 20th Century-Fox, Darryl F. Zanuck, met à l'épreuve le jeune metteur en scène en lui confiant deux petits films de série B, Under your Spell (1936) et Danger-Love at Work (1937). Partageant le même tempérament violent, les deux hommes entrent vite en conflit. Déchargé autoritairement par Zanuck de la réalisation d'un film important, Kidnappée (1938), Otto Preminger subit l'ostracisme de l'industrie du cinéma et passe quelques années à Broadway comme metteur en scène de théâtre.
En 1943, il revient à la 20th Century-Fox comme metteur en scène et acteur de Margin for Error, tiré de la pièce de Claire Boothe Luce, inaugurant une série d'interprétations très convaincantes d'officiers nazis, entre autres celle, inoubliable, du commandant du camp de prisonniers de Stalag 17 (Stalag 17, 1953) de Billy Wilder.

Le succès de Margin for Error vaut à Preminger un nouveau contrat, qui lui permet de réaliser, mais aussi de produire des films. C'est alors qu'il décide de tourner Laura, mais Zanuck, qui se méfie encore un peu de cet « autocrate viennois », charge Rouben Mamoulian de la réalisation. Au vu des premiers résultats, désastreux, Zanuck remplace Mamoulian par Preminger : c'est sans doute l'une de ses meilleures décisions. Après un accueil assez tiède, Laura connaît un grand succès. Considéré souvent comme le meilleur film de Preminger, c'est certainement l'une de ses plus belles œuvres, un film noir, trouble et d'une élégance cynique jamais égalée,
auquel le metteur en scène fera souvent référence dans les films qu'il réalisera au cours des années 40. Mais Le Mystérieux Dr Korvo (Whirlpool, 1949) et Mark Dixon détective (Where the Sidewalk Ends, 1950) ne sont nullement inférieurs, bien au contraire. Un si doux visage conclut brillamment la période « noire » de Preminger. Comme Laura et Crime passionnel (Fallen Angel, 1945), ce film est un thriller plein d'équivoque où le suspense conventionnel se trouve subordonné à une atmosphère d'un romantisme pervers. Jean Simmons est inoubliable dans le rôle d'une jeune femme dont le comportement énigmatique et le visage impénétrable pourraient être aussi bien ceux d'une sainte que d'une sorcière. Comme Jean Seberg dans Bonjour tristesse, c'est l'héroïne type de Preminger : toutes deux sont contraintes d'accomplir des actes irréparables, et présumés immoraux, par des pulsions trop fortes qu'elles ne peuvent ni comprendre ni maîtriser.


Le film suivant d'Otto Preminger, La lune était bleue (The Moon Is Blue, 1953), marque ses débuts de producteur indépendant
C'est au cours des années 50 que Preminger réalise quelques-uns de ses meilleurs films. Il est l'un des premiers metteurs en scène à exploiter les possibilités d'expression du Cinémascope. Dans ses premiers films sur grand écran, comme Rivière sans retour (River of no Return) et Carmen Jones (Carmen Jones), tous deux de 1954, Preminger utilise ce nouveau procédé pour composer de longues prises de vue avec des mouvements de caméra très complexes.

Bonjour tristesse est l'un des deux films qu'il réalise avec Jean Seberg; actrice inconnue et inexpérimentée, c'est elle que Preminger choisit parmi les milliers de candidates au rôle principal de Sainte Jeanne (Saint Joan, 1957), adaptation cinématographique inspirée de l'œuvre de Bernard Shaw. Le film, et l'actrice subissent de dures critiques, mais Preminger persiste et donne à sa protégée le rôle de Cécile, l'adolescente gâtée du roman de Françoise Sagan. En l'occurrence, la gaucherie de Jean Seberg et sa diction peu convaincante se révèlent parfaitement adaptées au personnage d'une jeune fille qu'un père amoral (David Niven) encourage à rechercher le plaisir et à éluder les responsabilités, quelles qu'en soient les conséquences morales. Preminger transforme la mince histoire de Sagan en une contemplation impitoyable du temps et de la solitude.
Avec la sortie du drame judiciaire Autopsie d'un meurtre, le metteur en scène se trouve à nouveau au cœur d'une formidable tempête déclenchée par les bien-pensants, à cause des références sexuelles explicites de son intrigue et de ses dialogues, très libres. Grâce à une distribution exceptionnelle dont James Stewart, Lee Remick et Ben Gazzara sont les piliers, Autopsie d'un meurtre sera l'un des plus grands succès commerciaux et critiques de Preminger. Il est suivi d'une version peu convaincante de l'opéra noir de George Gershwin Porgy and Bess (Porgy and Bess, 1959) et d'une série d'adaptations de best-sellers très commerciaux, entre autres Exodus, Tempête à Washington, Le Cardinal, Première Victoire (In Harm's Way,  1965), Que
vienne la nuit (Hurry Sundown, 1967).
En 1965, Preminger dirige Laurence Olivier, Carol Linley et Noël Coward dans Bunny Lake a disparu, une de ses meilleures incursions dans le domaine de l'obsession et de la paranoïa.
Cherchant toujours à atteindre la quintessence des intrigues et des personnages, Preminger aborde un sujet de Graham Greene avec The Human Factor (1979), magnifiquement interprété par Nicol Williamson et Richard Attenborough, film qui, à première vue, raconte une histoire d'espionnage très conventionnelle, mais qui transcende en réalité les limites du genre — c'est souvent le cas des films de Preminger. S'il lui manque la tension d'un thriller, c'est seulement parce que le metteur en scène, comme à son habitude, cherche moins à décrire l'action qu'à approfondir les rapports psychologiques qui la sous-tendent.

 

  

 



Il aura eu 3 épouses et 2 enfants.




DIE GROSSE LIEBE...        1931
UNDER YOUR SPELL...        1936
DANGER LOVE AT WORK...        1937
MARGIN FOR ERROR...        1943
IN THE MEANTIME DARLING ...LAURA...        1944


SCANDALE A LA COUR...    ROYAL SCANDAL...    1945
CRIME PASSIONNEL...    FALLEN ANGEL...    1945
CENTENNIAL SUMMER...        1946
AMBRE...    FOREVER AMBER...    1947
DAISY KENYON...    FEMME OU MAITRESSE...    1947
LA DAME AU MANTEAU D'HERMINE...    THAT LADY IN ERMINE....    1948
THE FAN    ...    1949
LE MYSTERIEUX DOCTEUR KORVO...    WHIRPOOL...    1949
MARX DIXON DETECTIVE...    WHERE THE SIDEWALK ENDS...    1950
THE THIRTEEN LETTER...        1950
UN SI DOUX VISAGE...    ANGEL FACE..    1952


LA LUNE ETAIT BLEUE...    THE MOON IS BLUE...    1953
LA RIVIERE SANS RETOUR...    RIVER OF NO RETURN...    1954


CARMEN JONES    ...    1954
CONDAMNE AU SILENCE..    THE COURT MARTIAL OF BILLY MITCHELL...    1955
L'HOMME AU BRAS D'OR...    THE MAN WITH THE GOLDEN ARM...    1955
SAINTE JEANNE    ...SAINT JOAN    1957
BONJOUR TRISTESSE.....        1957
PORGY AND BESS    ...    1958
AUTOPSIE D'UN MEURTRE...    ANATOMY OF A MURDER...    1959
EXODUS    ...    1960
TEMPETE A WASHINGTON...    ADVISE AND CONSENT...    1962
LE CARDINAL...    THE CARDINAL...    1963
PREMIERE VICTOIRE...    IN HARM'S WAY...    1964
BUBBY LAKE A DISPARU...    BUNNY LAKE IS MISSING...    1965
QUE VIENNE LA NUIT...    HURRY SUNDOWN...    1967
SKIDOO    ...    1968
DIS MOI QUE TU M'AIMES JUNIE MOON...    TELL ME THAT YOU LOVE ME JULIE MOON    ...1970
DES AMIS COMME LES MIENS...    SUCH GOOD FRIENDS...1971
ROSEBUD...        1974
LA GUERRE DES OTAGES    ...THE HUMAN FACTOR...    1979

OTTO PREMINGER

OTTO PREMINGER

Tag(s) : #REALISATEUR

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