ROGER MOORE

Publié le par cinestranger

 

Héritier du rôle de James Bond au moment où Sean Connery commençait à donner des signes de lassitude, Roger Moore n'aura malheureusement pas eu la riche carrière de son prédécesseur, même si elle ne fut pas moins brillante dans ce que ce terme peut évoquer de hollywoodien. Acteur au registre limité, dont le talent a toujours reposé sur le charme, le jeu des arcades sourci-lières et deux belles rangées de dents blanches, il aura su magistralement tirer parti de son physique et de l'attrait qu'il exerçait sur les femmes. Deux atouts qui en firent la star populaire qu'il est devenu, et qu'il aurait pu ne pas être s'il n'y avait eu le Saint, Brett Sinclair et l'agent 007. L'acteur lui-même ne s'est d'ailleurs jamais caché de cultiver la paresse comme une seconde nature et de n'avoir intrigué pour obtenir le rôle de James Bond que pour la manne financière qu'il représentait. Il n'empêche que, si le bilan cinématographique de Roger Moore n'est pas de celui que l'on citera en exemple aux jeunes générations de comédiens, l'aisance, le panache et le détachement humoristique avec lesquels il a toujours habité ses personnages de limier, d'aristocrate et d'agent secret, auront permis à un large public et aux enfants'que nous avons été d'engranger bien des souvenirs heureux. Quelles que soient les générations, Brett Sinclair, le Saint et James Bond appartiennent à la galerie d'aventuriers de notre imaginaire collectif.

Fils d'un policier londonien, Roger Moore est né dans le quartier de Stockwell, le 14 octobre 1927. Elève du lycée de Batter-sea, il est évacué vers le Sussex, puis le Buckinghamshire, lorsque éclate la guerre. Il ne devait jamais oublier le rougoiement du ciel, témoin des bombardements lointains de Londres par l'aviation allemande, alors que son père officiait encore au commissariat de Bow Street. « Rog » a 15 ans quand il quitte les études. Habile en dessin, il se fait recommander auprès d'une société spécialisée dans la conception de dessins animés, où lui est confié un travail de coloriste... et de garçon de courses. Est-ce paresse ou incapacité, mais au bout d'un an, ses patrons le licencient. Il enchaîne avec un emploi de figurant sur le tournage de « César et Cléopâtre », découvrant simultanément que la vie d'« acteur » répond idéalement à son hédonisme naturel. D'ailleurs, moins de trois jours après son arrivée sur le plateau, il est accroché par le coréalisateur Brian Desmond Hurst, qui lui propose de financer sa formation à la Royal Academy of Dramatic Art, pour autant que ses parents assurent ses dépenses quotidiennes. Une offre qu'il ne peut refuser.
Roger Moore se souviendra de ce passage à la RADA comme l'une des périodes les plus heureuses de son existence. Apres deux petits rôles, dans les pièces « Un chapeau de paille d'Italie » et « Le cercle de craie caucasien », il décide de s'affranchir de la théorie pour se roder au contact d'une troupe de Cambridge. Mais la fin de la guerre ne signifie pas celle de la conscription, et le voilà détaché en Allemagne, où il est affecté, en tant qu'acteur, au divertissement des troupes. Rendu à la vie civile, il vit dans une seule pièce de la maison de ses beaux-parents, avec Doorn Van Steyn (1946-53), une copine de la RADA qu'il a épousée à la faveur d'une permission. Quatre années durant, ils tireront ainsi le diable par la queue, d'autant qu'ils ne sont ni l'un ni l'autre très en demande dans le métier. C'est le moment pour « Rog » de se souvenir qu'il a une belle gueule et de l'ascendant sur les femmes. Par le biais du mannequinat, il va croiser la route de la chanteuse Dorothy Squires, une célébrité locale, qui, par ses relations, va lui trouver un emploi de doublure dans la pièce « La petite hutte ». En 1953, il solde ses comptes avec Doorn et épouse Dorothy aux Etats-Unis, où il s'ouvre un début de carrière à la MGM, à l'ombre d'Elizabeth Taylor et de Van Johnson. En 1955, il atteint à une forme de consécration par le partage de l'affiche de « Diane de Poitiers » avec Lana Turner, et par un joli succès populaire sous la cotte de mailles du chevalier Ivanhoé dans le feuilleton télévisé du même nom. Il prendra même la succession de James Garner dans la série « Maverick ». Mais ce succès personnel cache un manque d'intérêt des Américains pour sa personne. Son retour en Europe en sera l'immédiate conséquence.

 


Tandis que sa femme intrigue auprès de Cubby Broccoli pour que lui soit confié le rôle de James Bond, Roger Moore tombe sous le charme d'une starlette italienne, Luisa Mattioli. sur le plateau de « L'enlèvement des Sabines ». Mais il n'obtiendra ni le rôle de l'agent 007 ni le divorce. Du moins pas dans l'immédiat. Obstacle qui ne l'empêchera pas d'avoir deux enfants de sa maîtresse italienne, alors qu'il est toujours marié à Dorothy Squires (1953-68), et de remettre à plus tard sa conquête du personnage de lan Fleming. Entretemps, la chance et le hasard se présentent à lui sous les traits du producteur Lew Grade, qui a racheté les droits du « Saint », la créature de Leslie Charteris.

Sept années durant, et pour son plus grand bénéfice. Roger Moore vivra ainsi dans l'ombre de Simon Templar. Les aventures de ce pionnier des. grandes figures de héros de la télévision se vendront dans 80 pays et sont encore l'objet de rediffusions à l'heure actuelle. En 1969, la quête d'un successeur à Sean Connery. dans le rôle de James Bond, surprend Roger Moore alors qu'il vient de signer pour une nouvelle série de Lew Grade. « Amicalement vôtre ».

Par bonheur, le personnage de l'élégant lord Sinclair devait jouir d'une popularité au moins égale à celle du « Saint », renforçant la candidature de son interprète à la succession de Sean Connery et de George Lazenby, lorsque ceux-ci abandonneront définitivement le costume de l'agent 007.
 

Le succès de « Vivre et laisser mourir » ouvre, pour Moore, onze années de convivialité forcée avec Bond. Une promiscuité dont il songe d'autant moins à se plaindre que l'espion de Sa Majesté lui apporte l'aisance financière et fait de lui une star. A son crédit, il faut d'ailleurs convenir que, malgré la fidélité d'une majorité du public à son prédécesseur, il a su apporter au héros de lan Fleming une élégance, un détachement et une légèreté moqueuse, au point de se montrer supérieur à son modèle lorsque, en 1983, sortiront simultanément " Octopussy " et "Jamais plus jamais" . Mais, en 1984, une anesthésiante routine autant que la dangerosité des cascades le confirment dans l'impression qu'il a atteint la limite d'âge. « Dangereusement vôtre » sera son dernier Bond. Depuis, il ne se livre plus qu'exceptionnellement à la caméra, lui préférant le farniente, auquel il a toujours voué un culte dévot, et sa charge d'ambassadeur de l'UNICEF, héritée de sa défunte amie Audrey Hepburn. En 1989 encore, il avait déclaré forfait, alors qu'il devait monter pour la première fois sur scène dans un rôle chantant, celui d'un Roméo grisonnant, dans la comédie musicale d'Andrew Lloyd Webber « Aspects of love ». Mais est-ce le temps qui se réduit comme peau de chagrin, doublé d'ennuis de santé survenus en 1993, Roger Moore fait davantage l'actualité, ces dernières années, pour ses amours avec Cristina Tholstrup, une jeunesse de 61 ans, que pour ses projets artistiques. Par et pour les femmes, la carrière du Saint,  même au-delà de la limite d'âge, n'aura manqué ni de glamour ni de cohérence.

 



Il est décédé le 23 mai 2017.

GABRIEL PASCA ... CESAR ET CLEOPATRE ... CAESAR AND CLEOPATRA 1945
ALEXANDER KORDA ... ENTRACTE AU MARIAGE ... PERFECT STRANGERS 1945
GEORGE KING ... GAIETY GEORGE 1945
HELBERT WILCOX ... PICCADILLY INCIDENT 1946
ROY BAKER ... PAPER ORCHID 1949
BRIAN DESMOND HURST ... TROTTIE BLUE 1949
RICHARD BROOKS ... LA DERNIERE FOISQUE J'AI VU PARIS ... THE LAST TIME I SAW PARIS 1954
CURTIS BERNHARDT ...MELODIE INTERROMPUE ... INTERRUPTED MELODY 1955
ROBERT Z LEONARD ... LE VOLEUR DU ROI ... THE KING'STHIEF 1955
DAVID MILLER ... DIANE DE POITIERS ... DIANE 1955
IRVING RAPPER ...QUAND LA TERRE BRULE ... THE MIRACLE 1959
GORDON DOUGLAS ... LE TRESOR DES 7 COLLINES ... GOLD OF THE SEVEN SAINTS 1959


GORDON DOUGLAS ... AU PERIL DE SA VIE ... THE SINS OF RACHEL CADE 1959
RICHARD PORTTIER ...L'ENLEVEMENT DES SABINES ... IL RATTO DELLE SABINE 1961
FABRIZIO TAGLIONI ... BANDES DE LACHES ... UN BRANCO DI VIGLIACCHI 1961
ALVIN RAKOFF ... DOUBLE JEU ... CROSSPLOT 1969
BASIL DEARDEN ... LA SECONDE MORT DE HAROLD PELHAM... THE MAN WHO HAUNTED HIMSELF 1970
GUY HAMILTON ... VIVRE ET LAISSER MOURIR ... LIVE AND LET DIE 1973


PETER HUNT ... GOLD 1974


GUY HAMILTON ... L'HOMME AU PISTOLET D'OR ... THE MAN WITH GOLDEN GUN 1974


CHRISTOPHER MILES ...LE VEINARD ... THAT LUCKY TOUCH 1975
MAURIZIO LUCIDI ... L'EXECUTEUR ... GLI ESECUTORI 1975
PETER HUNT ...PAROLE D'HOMME ... SHOUT AT THE DEVIL 1976
LEWIS GILBERT ... L'ESPION QUI M'AIMAIT ... THE SPY WHO LOVED ME 1977


ANDREW V MCLAGLEN... LES OIES SAUVAGES ... THE WILD GEESE 1978

GEORGE PAN COSMATOS ... BONS BAISERS D'ATHENES ... ESCAPE TO AHENA 1978
LEWIS GILBERT ...MOONRAKER 1979
ANDREW V MCLAGLEN ... LES LOUPS DE LA HAUTE MER ... NORTH SEA HIJACK 1979
ANDREW V MCLAGLEN ... LE COMMANDO DE SA MAJESTE ... THE SEA WOLVES 1980
BRYAN FORBES ... LES SEDUCTEURS ...SUNDAY LOVERS1980


HAL NEEDHAM ... L'EQUIPEE DU CANNONBALLE ... THE CANNONBALL RUN 1980
JOHN GLEN ... RIEN QUE POUR VOS YEUX ... FOR YOU EYES ONLY 1981

JOHN GLEN ... OCTOPUSSY 1983

BLAKE EDWARDS ....CURSE OF THE PINK PANTHER 1983
BRYAN FORBES ...... MACHINATION ... THE NAKES FACE 1983
JOHN GLEN ... DANGEREUSEMENT VOTRE ... A VIEW TO KILL 1985
 
C STANNER ... THE MAGIC SNOWMAN 1987
ROBERT ELLIS MILLER ... UN LOUP DANS LA BERGERIE ... BED AND BREAKFASTS 1989
MICHAEL WINNER ... BULLSEYE 1990
WILLY BOGNER ... FEUER EIS UND DYNAMIT 1990
JEAN CLAUDE VAN DAMME ...LE GRAND TOURNOI ... THE QUEST 1994

BOB SPIERS ...SPICE WORLD 1997
TOM KININMONT ... THE ENEMY 2000
MORT NATHAN ...BOAT TRIP 2002

Paolo Cedolin Petrini....INCOMPATIBLES...2013
ROGER MOORE

ROGER MOORE

Publié dans ACTEURS

Commenter cet article