LE PETIT GARÇON AUX CHEVEUX VERTS

Publié le par cinestranger

LE PETIT GARÇON AUX CHEVEUX VERTS

titre original The Boy with Green Hair

 USA 1948.
RÉALISATEUR : Joseph Losey. SCÉNARIO : Ben Barzman et A. Lewis Levitt.
Avec : Pat O'Brien (Gramp), Dean Stockwell (Peter), Barbara Haie (Miss Brand), Walter Catlett (The King).
Dans une petite ville de province, Peter, un petit orphelin d'une dizaine d'années, vit avec son vieil oncle. Vie insouciante et heureuse de l'enfance. Or, voici qu'un jour ses cheveux deviennent verts.


« Green hair », c'est le nom d'une nouvelle maladie dont sera atteint non pas le petit garçon, mais le groupe social environnant. C'est le nom de la bêtise agressive qui va peser de tout son poids sur le jeune Peter. Insultes, brimades, violences. Et surtout la convergence des regards. La présence de quelques amis (l'oncle, le médecin, l'Institutrice) ne suffit pas à atténuer ce véritable cauchemar vécu qu'est la présence des mille yeux de l'imbécillité. C'est dans le rêve que Peter comprendra la solidarité des opprimés dont il a fait brusquement partie. Uniquement pour une couleur de cheveux.
Peter s'enfuit. Il se réfugie dans le couleur de son Infortune, c'est-à-dire dans la forêt. Le vert, c'est à la fois son refuge et sa prison. Il s'intègre à cette nature printanière et, entendant soudain une voix qui l'appelle, il aperçoit des petits enfants juifs, fantômes de crématoires, qui lui envient sa jolie couleur verte.
Finalement, Peter trouve la solution la plus simple pour faire cesser l'originalité qui le tourmente : il se fera couper les cheveux. Les belles boucles vertes tombent sous la tondeuse du coiffeur. L'opération est publique. Avec des privilégiés au premier rang, et des resquilleurs derrière les vitres trop petites.

Et la coercition raciste aboutit à ce pauvre crâne rasé d'un enfant de dix ans. Le crâne rasé, symbole de toutes sortes d'oppressions ou de dépersonnalisation. Les tondus des camps de concentration et les tondus des casernes de marines. Le fait est d'autant plus dramatique que cette violence s'exerce sur un enfant. Cela annonce déjà les prochains films de Losey. Notamment Les damnés où, là encore, ce sont des enfants qui sont victimes de la violence des adultes : une violence délibérée, rationnelle. Celle des savants.
Comme toute fable, ce film propose sa moralité. Soulignée par le procédé du « flash-back », elle s'inscrit dans la conviction de Joseph Losey : « La pire corruption est celle de la résignation. » Les amis de Peter lui feront comprendre que la désertion n'est pas une solution valable. Il faut avoir le courage de ses cheveux verts, comme on a le courage de ses idées, et faire face. On ne pactise pas avec l'imbécillité. On l'affronte. L'enfant aux cheveux verts est un très beau film, dont il est impossible d'oublier les principaux temps forts, comme la toilette de Peter, l'appel des écoliers classés par couleur de cheveux, et surtout la séquence du coiffeur.
LE PETIT GARÇON AUX CHEVEUX VERTS

LE PETIT GARÇON AUX CHEVEUX VERTS

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