INDOCHINE

Publié le par cinestranger

 

 

INDOCHINE

réalisé par

Regis Wargnier 1992

avec

 Catherine Deneuve, Linh Dan Pham, Vincent Perez, Jean Yanne, Dominique Blanc, Henri Marteau, Carlo Brandt, Gerard Lartigau


C'est l'histoire d'une jeune princesse vietnamienne, c'est l'histoire de la France et de l'Indochine qui s'aiment et qui vont s'affronter, se déchirer... Eliane, la planteuse,  adopte une  jeune princesse vietnamienne et l'élève à la française... L'arrivée d'un jeune officier français dans la plantation brouille toutes les cartes et accélère le destin. Notamment celui de la jeune princesse qui va rejoindre sur le sentier de la révolte les premiers combattants communistes...

 

 

 

Ce film est  un grand mélo, il y a des histoires d'amour violentes, des drames et de la politique. Il y a un arrière-plan historique, un contexte réel, lourd, fort et important - la naissance du mouvement communiste au Viêt-Nam - et en même temps, ce ne sont que des histoires romanesques. C'est la peinture d'un univers où les gens sont finalement toujours pris dans les tourments de leur vie personnelle - et c'est ça qui l'emporte sur tout. Ça ressemble à la vie mais c'est beaucoup plus romanesque que la vie.


Paysages magnifiques, intérieurs somptueux, visages intenses...

La complicité de Régis Wargnier avec ses interprètes est évidente.  Pendant les prises, Wargnier a toujours le visage tendu vers eux, le regard vibrant. Après, il va leur parler doucement, à chacun séparément. Il est toujours très près d'eux. On sent que pour lui le grand spectacle et les grands sentiments passent d'abord par la mise en valeur des émotions.
Il est  exigent, rigoureux.

 

Vincent Perez est radieux, les yeux brillants, héros romanesque .

Linh Dan, belle comme le jour, s'abandonne avec la confiance absolue d'une enfant.

Catherine Deneuve a coupé ses cheveux pour le film.Elle cherche le naturel, non seulement du dialogue, mais aussi du mouvement, du déplacement... Elle cherche à concilier à la fois la recherche de l'harmonie et celle du danger, la liberté et l'évidence.

  

 



Film tourné en partie au Viêt-Nam surtout dans le nord, et en partie en Malaisie, l'un des plus importants pays producteurs de caoutchouc.
Jean-Marc Barr avait donné un oui de principe au moment de l'écriture, puis  Régis Wargnier et le héros du "Grand bleu" ont décidé d'un commun accord de reporter leur rendez-vous sur un autre film. Vincent Perez aura le rôle  .

Pour la jeune princesse vietnamienne, il a fallu  mettre des petites annonces dans les quartiers chinois de Paris. Et là,  au milieu des deux cents filles qu'il voit, le réalisateur est  frappé - presque sans hésitation - par l'innocence, la beauté d'une jeune Asiatique  de 17 ans, qui rêve de devenir médecin, n'a jamais joué la comédie, et a quitté le Viêtnam  avec ses parents il y a  un an : Linh Dan Pham.

 

Pour les autres personnages qui entourent Deneuve, Henri Marteau, un comédien du  théâtre au visage buriné et magnifique d'aventurier, jouera son père, un homme qui s'est  abandonné complètement à l'Asie. Jean Yanne  sera un inspecteur de police, soupirant toujours et toujours éconduit, mais qui l'aide à retrouver la trace de sa fille. Et Dominique  Blanc et Hubert Saint-Macary .


Tout commence en avril 89. Eric Heumann, jeune producteur de 33 ans, rêve, en écoutant "Madame Butterfly" qu'il adore, d'un grand film romanesque où l'on retrouverait la splendeur et le lyrisme de l'opéra de Puccini. Et qui se déroulerait non pas au Japon mais au Viêt-Nam. Il n'y est jamais allé mais il a passé toute son enfance le nez dans les albums-photos de son grand-père, qui avait là-bas une plantation d'hévéas. Très vite, il pense que Régis Wargnier dont il a aimé "La femme de ma vie" et "je suis le seigneur du château", et qui semble avoir une inclination naturelle et un talent certain pour le romanesque et la peinture des passions, pourrait bien être l'homme de son projet. Il le rencontre et lui laisse quelques pistes de réflexion : les années 30, un officier français et une jeune princesse vietnamienne...
Wargnier réfléchit à peine et dit oui.

 Avec sa scénariste de "La femme de ma vie", Catherine Cohen, il se documente sur le Viêt-Nam et très vite tombe sur l'une des raisons de la présence de la France au Viêt-Nam : le caoutchouc, la puissance du caoutchouc, la puissance des planteurs de caoutchouc. « Et l'on
s'est dit : "Pourquoi ne serait-elle pas une planteuse ?"

"Indochine" était né. Restait à l'écrire.
Pour cela, Wargnier part d'une idée simple : qui dit romanesque dit roman, qui dit roman dit romancier, c'est-à-dire des auteurs prompts à élargir son horizon et à lui apporter leur univers singulier. 

Wargnier réussit  à convaincre Erik Orsenna, Prix Goncourt pour "L'exposition coloniale", et Louis Gardel, l'auteur de "Fort Saganne", de venir travailler avec Catherine Cohen et lui. Deneuve, contactée, est absolument emballée qu'une telle équipe écrive et rêve pour elle.
Tout de suite, les quatre scénaristes se mettent au travail.

Pendant le tournage d'une des premières scènes, les figurants, quasi affamés, s'en vont avec les sacs de riz prévus pour le plan. Un ponton construit pour le film s'effondre, plongeant une centaine de figurants dans l'eau. Il y a heureusement plus d'effroi que de mal. Un autre jour, c'est un décor qui s'envole littéralement, soufflé par un ouragan. Mais la beauté du pays l'emporte sur tout le reste.

INDOCHINE

INDOCHINE

Publié dans FILMS ANCIENS

Commenter cet article