VIVRE SA VIE

Publié le par cinestranger

 

 

VIVRE SA VIE

 France. 1962.

RÉALISATEUR : Jean-Luc Godard. AUTEURS : Jean-Luc Godard

MUSIQUE : Michel Legrand.

Avec : Anna Karina, Saddy Reblot, Jack Florenoy, Gilles Quéant. André S. Labarthe...
 Une jeune femme, Nana (Anna Karina) — ainsi nommée en mémoire du film que Jean Renoir tira du roman de Zola — a quitté son mari, Paul. Elle travaille mais son salaire ne lui suffit pas. Chassée par sa concierge, parce qu'elle n'a pas payé son loyer, elle se fait offrir une séance de cinéma par un homme qu'elle quitte à la sortie, puis passe la nuit avec un journaliste. Ses ennuis d'argent continuant, elle se prostitue.

 


Si ce film garde toute son originalité, s'il constitue une date dans l'histoire du cinéma moderne et s'il demeure l'une des oeuvres les plus attachantes du réalisateur, on constatera queplusieurs années après , son caractère de nouveauté ne nous surprend plus. Par là, comme avec A bout de souffle, on pourra comprendre et faire sentir, dans les ciné-clubs, l'apport considérable de l'auteur de Pierrot-le-Fou dans la modernisation du langage audio-visuel.

 


Dès les premiers plans, Godard précise son propos. Il ne fera pas de psychologie, Il se contentera de montrer. L'expression s'établira uniquement sur le mode du comportement. Le film est une suite de gestes, d'attitudes, de regards, de visages qui possèdent la même précision que les intertitres précédant chaque tableau. C'est au spectateur de déchiffrer ces comportements, d'établir un lien entre eux et d'en dégager ainsi les nombreuses et riches significations.
Venant après des séquences d'une froide objectivité (comme cet extraordinaire document sur la réglementation de la prostitution, ou la rencontre du premier client) ce dialogue est, par sa chaleur humaine, l'un des moments les plus émouvants d'un film qui se défend pourtant à chaque instant d'être émouvant. Car le propos de Godard n'est pas d'attendrir. Chaque fois que le spectateur est sur le point de céder à une émotion, un plan nouveau, inattendu, en rupture de ton, remet tout en question.

 

 

Vivre sa vie (1962), tourné en noir et blanc, est une œuvre très grave, qui reçut le prix spécial du jury au festival de Venise 1962.
On retrouvera à plusieurs reprises chez Godard le thème de la prostitution, mais Vivre sa vie est surtout, par l'intermédiaire d'un sujet de fiction, le portrait de l'actrice Anna Karina, de la femme qui, partageant sa vie, en constitue le présent et l'inspiration vivante. "J'ai essayé, déclare-t-il, de filmer l'intérieur de quelqu'un vu du dehors." Douze tableaux, de durée inégale, illustrent ce principe. On apprend à connaître Nana du dehors par son comportement, ses problèmes d'argent et ce qu'il faut bien appeler son mal de vivre. Le personnage tombe aux mains d'un souteneur, Raoul (Sady Rebbot), auquel Godard, au huitième tableau, fait réciter tout ce qu'il faut savoir sur le métier et sur la prostituée type — ce qui n'a pas, pour autant, une valeur sociologique. Même prostituée, Nana reste un être unique. Le réalisme dépouillé à l'extrême donne au film une dimension morale, comme chez Bresson et Rossellini

VIVRE SA VIE
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Publié dans FILMS ANCIENS

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