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L'INSOUMISE

L'INSOUMISE
titre original :Jezebel

Réalisation de William Wyler, États-Unis, 1938.
 inspiré de la comédie d'Owen Davis « Jezebel »
avec
 Bette Davis (Julie Marstonl, Henry Fonda (Près Dillard), George Brent (Buck Cantrell), Donald Crisp (Dr. Livingstone), Fay Bainter (Auntie Belle), Margaret Lindsay (Amy), Henry O'Neill (Général Bogardus), John Litel (Jean La Cour), Gordon Oliver (Dick Allen), Spring Byington (Mme Kendrick), Margaret Early (Stéphanie Kendrick), Richard Cromwell (Ted Dillard), Theresa Harris (Zette), Janet Shaw (Molly Allen), Irving Pichel (Huger), Eddie Anderson (Gros Bat), Symie Beard (Ti Bat), Lou Payton (oncle Cato), George Renevant (De Lautrec).

L'INSOUMISE

L'action se passe dans le sud des États-Unis vers 1850. Julie Marston, aussi capricieuse qu'excessive est aimée d'un jeune banquier très réservé, Près Dillard. Comme ce dernier refuse de céder pourtant à toutes ses fantaisies et n'approuve pas son attitude anticonformiste, elle projette de lui jouer un tour à sa façon à la première occasion. Alors qu'il est de tradition que toutes les jeunes filles à marier apparaissent dans les fêtes et réceptions en robe blanche, Julie décide d'arborer une provocante robe rouge  lors du bal de /'Olympus au cours duquel ses fiançailles avec le jeune homme seront officiellement annoncées. Son arrivée à sensation soulève la réprobation générale et scandalise Près.

L'INSOUMISE

Pour punir Julie de son comportement, il l'oblige à rester et à affronter le blâme des invités . La jeune femme se fait alors raccompagner par un de ses plus fidèles soupirants, Buck Cantrell. Au comble de l'exaspération, Près rompt ses fiançailles et quitte la Nouvelle-Orléans. Un an plus tard, son retour est annoncé. Persuadée que Près est toujours amoureux d'elle et qu'il finira par l'épouser, Julie organise une grande réception en son honneur dans la maison de campagne familiale. Près arrive mais il est accompagné d'une jeune personne douce et effacée : sa femme Amy . Au cours de la somptueuse réception , Julie se plaint auprès de Buck d'avoir été offensée par Près et pousse les deux hommes à s'affronter en duel. Mais Près est soudainement rappelé à la Nouvelle-Orléans où une épidémie de fièvre jaune vient de se déclarer. C'est son jeune frère Ted qui relève le défi.  L'issue du duel au pistolet est fatale à Buck . En apprenant que Près a été touché par l'épidémie, Julie abandonne la quiétude de la campagne et, malgré le danger, retourne en ville pour se rendre au chevet du malade . Quand Près est obligé de partir en quarantaine sur l'île réservée aux cas désespérés, Julie supplie Amy de l'autoriser à accompagner le moribond en lui promettant, s'il survit, de le lui ramener.

 

Bette Davis considéra le rôle de l'héroïne féminine qu'on lui offrit dans L'Insoumise comme une mince compensation au fait de ne pas avoir obtenu celui de Scarlett dans Autant en emporte le vent (Gone With the Wind, 1939). Tandis que la campagne publicitaire lancée pour compléter la distribution de la superproduction tant attendue de Selznick battait son plein, la Warner (qui, à un moment, était entrée en lice pour acquérir les droits d' « Autant en emporte le vent »), après des négociations compliquées, acquérait ceux d'une pièce d'Owen Davis Sr. intitulée : « Jezebel », une œuvre qui n'avait d'ailleurs pas rencontré un grand succès à la scène et que cette même firme avait précédemment écartée.
Toutefois, les points communs entre les deux sujets étaient trop évidents pour être fortuits. Tous les deux avaient pour héroïne une fille volontaire et capricieuse qui finissait par se détruire elle-même ; un gentilhomme du Sud, loyal et distingué, dont l'héroïne est amoureuse sans espérance ; un autre personnage féminin, doux et résigné, que le gentilhomme du Sud épouse, la préférant à l'extravagante héroïne ; une bonne dose de catastrophes : une épidémie de fièvre jaune, entre autres (l'incendie d'Atlanta dans le film de Selznick) ; des hymnes à la gloire du Sud désormais sur son déclin et des considérations sur l'inévitable victoire des nordistes dans la guerre de Sécession, ainsi qu'un échantillonnage coloré d'amateurs de jeux de hasard et d'aventuriers !

L'INSOUMISE
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La Warner ne se soucia guère des protestations de Selznick qui l'accusait de concurrence déloyale, éludant cependant certaines scènes trop semblables à celles de l'œuvre de Margaret Mitchell. La firme productrice considérait L'Insoumise comme un film tout aussi valable que celui de Selznick — sinon supérieur — et espérait bien que le public partagerait cet avis.
Pour s'assurer une distribution de choix, elle réunit autour de Bette Davis (qui avait toujours été le pivot de l'affaire) Henry Fonda dans le rôle de Près Dillard, le gentilhomme que l'héroïne aime sans retour, et George Brent dans le rôle de Buck Cantrell, le fidèle soupirant qui perdra la vie en voulant la venger d'une soi-disant offense.

L'INSOUMISE
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La mise en scène fut confiée à William Wyler. Toutefois, une question préliminaire restait à régler avant de commencer à tourner : Bette Davis, en effet, qui tenait rigueur à ce metteur en scène, opposa son veto à ce choix. Après avoir reçu de William Wyler les excuses auxquelles elle prétendait, l'actrice pensa, qu'en fin de compte, elle trouverait bien le moyen de s'entendre avec lui. Par la suite, et bien qu'il y eût encore, parfois, des heurts entre eux, le choix de Wyler se révéla excellent comme Bette Davis le reconnaîtra elle-même.
A cette époque, William Wyler était déjà un nom connu dans le monde du cinéma. Sa direction d'acteurs, impatiente et souvent violente, même avec les professionnels les plus chevronnés, en indisposait plus d'un. Avare d'instructions, il entretenait sur le plateau une ambiance oppressante, les éclats de colère succédant à de longs silences. Nombre d'acteurs évoquaient leur collaboration avec Wyler comme une longue torture. Pourtant Wyler savait aussi, en les exaspérant, obtenir le meilleur de ses acteurs.
Tous, et Bette Davis la première, reconnurent n'avoir jamais si bien travaillé que sous sa direction. L'Insoumise fut le premier des trois films que l'actrice tourna avec William Wyler. Suivirent en effet, en 1940, La Lettre (The Letter) et, en 1941, La Vipère (The Little Foxes).

 


En raison de l'étroite similitude entre L'Insoumise et Autant en emporte le vent, il y avait naturellement quelque urgence à activer le tournage du film qui, de toute façon, n'était pas conçu par la Warner comme une production particulièrement coûteuse. Le choix du noir et blanc, d'ailleurs,en dit long sur cette volonté d'économie. Toutefois, perfectionniste comme à son habitude, William Wyler dépassa rapidement le budget prévu. De ce fait, alors qu'on atteignait à peine la moitié du tournage, la firme productrice envisagea de le remplacer. Bette Davis intervint alors en affichant résolument son refus de travailler avec quelque autre metteur en scène que celui précédemment choisi, et la réalisation du film se poursuivit normalement. Précisons, pour l'anecdote, qu'il arriva à Wyler de tourner jusqu'à quarante-cinq fois la même scène, pour obtenir la perfection d'un geste ou d'une réplique I
En dépit des retards accumulés, le film sortit sur les écrans neuf mois avant le premier tour de manivelle d'Autant en emporte le vent. Pour la Warner, ce fut un des plus grands succès commerciaux de 1938 et, pour Bette Davis, sa plus remarquable prestation (et sans doute son meilleur rôle) depuis L'Emprise (Of Human Bondage, 1934); elle lui valut d'ailleurs un second Oscar, après celui qu'elle avait obtenu en 1936 pour L'Intruse (Dangerous, 1935).
 

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Tag(s) : #FILMS ANCIENS

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