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SUZANNE FLON

a été une grande dame du théâtre français  dont le rire franc et cordial avait séduit EDITHPIAF. Elle nous a quittés , à l'âge de  87 ans , le 15 juin 2005, Paris,  à la veille de remonter sur les planches dans « Savannah Bay », de Marguerite Duras. Elle avait reçu un César pour le personnage de « Sono cassée » dans « L'été meurtrier »
Il  émanait de Suzanne Flon une sérénité et une  douceur tranquille . Le dieu de Suzanne Flon, c'était le théâtre, Audiberti et Anouilh, et elle deviendra  l'une des plus grandes comédiennes de la scène française. Mais quelques années plus tôt, elle fut la secrétaire d' Edith Piaf,  et c'est Raymond Rouleau, qui lui avait donné son premier rôle .

Suzanne Flon était née dans une famille modeste de quatre enfants, le 28 janvier 1918, au Kremlin-Bicêtre. Son père, employé aux chemins de fer, la voyait institutrice et se montrait résolument hostile à ce qu'elle fasse une carrière artistique, malgré l'attrait qu'exerçait le théâtre sur sa fille. Mais l'enfant savait se montrer patiente et attendre son heure. Dans l'espoir du grand soir, pour son seul plaisir, elle écrit des saynètes, dont elle distribue les rôles à ses condisciples. A 17 ans, grâce à ses aptitudes pour les langues, elle entre aux grands magasins du Printemps comme interprète. Elle les quittera, quatre ans plus tard, pour devenir la secrétaire d'Edith Piaf, qu'elle avait accidentellement rencontrée lors d'un dîner chez des amis. Autour de la table, chacun y allait de sa petite histoire drôle, et Suzanne riait déjà de ce rire franc et cordial qui allait lui valoir de nombreuses conquêtes professionnelles. Le lendemain, la Môme lui téléphone : " Vous avez, Mademoiselle, un rire merveilleux. Je voudrais l'avoir pour moi toute seule. Voulez-vous devenir ma secrétaire? " Peu lui importait que Suzanne tapât à deux doigts. En plaçant, chaque soir, sa protégée au cœur des fauteuils d'orchestre, Piaf, qui chante alors un répertoire plus léger, ne doute pas que son rire contagieux se transmettra à toute la salle. Quand elle n'est pas dans le public, Suzanne suit avidement sa patronne depuis les coulisses. Au point qu'un jour, Daniel Maroni, l'imprésario de la chanteuse, lui propose d'être présentatrice de music-hall. C'est ainsi qu'elle annoncera les spectacles de la Gaîté, de Bobino et de l'A.B.C, et, de fil en aiguille, en viendra bientôt à ne plus présenter qu'elle-même. Mistinguett, dont elle introduit la revue à l'Etoile, l'y encourage, un jour, de sa gouaille légendaire : " Passe donc sur scène avec les filles du dernier tableau. Ça t'apprendra à marcher! "


Plus proche que jamais de la scène, elle court simultanément les auditions et prend des cours de comédie chez Solange Sicard, où elle a pour condisciple Simone Signoret. Vient l'heure tant attendue, lorsque Raymond Rouleau l'élit pour être la fille à soldats de la pièce de Jean-François Noël   "La survivante " (1943) et la partenaire d'un jeune inconnu de 21 ans, Serge Reggiani. Dans le public venu en nombre, le dramaturge Jean Anouilh et le metteur en scène André Barsacq, qui offrent à la débutante le rôle d'Ismène dans " Antigone ", sur le point d'être créée au Théâtre de l'Atelier. Sa doublure a pour nom Loleh BelIon, qui, quarante ans plus tard, fera de Suzanne Flon l'interprète fétiche de ses pièces. Commence alors une décennie prodigieuse, qui la verra notamment dans "Roméo et Jeannette " et dans " L'heure éblouissante ", d'Anouilh encore; dans " Le complexe de Philémon " (600 représentations), de Jean-Bernard Luc; dans " La petite hutte ", d'André Roussin, qu'elle jouera pendant cinq ans ; dans "On ne badine pas avec l'amour ", avec Gérard Philipe; et, surtout, dans " Le mal court ", de Jacques Audiberti, qui lui vaudra la reconnaissance de ses pairs. " Le miracle de Suzanne Flon", disait Jean-Luc Bernard, « c'est de vivre ses personnages de théâtre avec la spontanéité et la sincérité qu'elle met dans tous les moments de son existence. De recommencer ce prodige des centaines de soirs d'affilée, avec la fraîcheur des premiers jours.

C'est en 1947 qu'elle débute modestement au cinéma, dans "Capitaine Blomet ". Mais jamais l'écran ne devait durablement la distraire de la scène, où elle connaît, en 1953, une apothéose avec le rôle de Jeanne d'Arc dans " L'alouette ". Un personnage spécialement écrit pour elle par Anouilh, et dans lequel, cheveux ras et visage transfiguré, elle fera de chaque soirée, deux années durant, un triomphe. Au point, dira Marcel Mithois, l'auteur de " Croque Monsieur ", que certains spectateurs se plairont à croire en la réincarnation de la Pucelle. "Ne croyez pas que j'entre facilement dans mes personnages ", nuançait-elle, avec sa simplicité coutumière. " Pour bien les jouer, je dois en être habitée, et il m'est arrivé d'être sur le point d'en refuser certains, devant la difficulté de les composer. Quand je prépare un rôle, il faut que je l'aie dans la tête le matin dès mon réveil, et en face de moi au petit déjeuner. "
Entre-temps, le cinéma demeure en retrait de son parcours de comédienne, malgré deux collaborations américaines, et non des moindres, avec John Huston et Orson Welles. Avec le premier, elle aura une relation intime, que sa pudeur lui interdira d'évoquer. Le réalisateur du   " Trésor de la Sierra Madre" le fera pour elle quand il exprimera son regret de ne pas l'avoir épousée. Suzanne Flon se montre si peu enthousiasmée par le cinéma qu'elle en restera même totalement absente entre 1954 et 1961, entièrement habitée par la scène et par la diversification d'un répertoire qu'elle tirera occasionnellement vers la franche comédie ("De doux dingues", "La mégère apprivoisée "). Cette relative stagnation, Suzanne Flon la doit autant à elle-même qu'à un physique austère et passe-partout, qui restreint le registre dans lequel elle peut jouer.

A l'époque des Bardot et des Dany Robin, il n'est pas fortuit qu'on la retrouve surtout dans des rôles de surveillante de maison de redressement, de mère-la-vertu ... En un mot comme en cent, des personnages plutôt ternes et crépusculaires, qui la font paraître plus âgée qu'elle ne l'est. Pour la jeune génération, elle est à jamais la vieille tante Cognata, sourde (« Sono cassée »), mais qui entend tout, dans « L'été meurtrier ». Pour les autres, elle demeure étroitement associée à Jean Gabin, dont elle fut, à trois reprises, l'épouse discrète, résignée, voire sentencieuse, dans " Un singe en hiver ", " Le soleil des voyous" et "Sous le signe du Taureau  .
Entre la Suzanne Flon de l'écran et celle des planches, le divorce n'était qu'un leurre : trois fois " moliérisée ", dont la dernière, en 2000, pour l'ensemble de son parcours artistique, elle fut aussi deux fois « césarisée ». Il n'empêche que son bonheur était d'évidence sur scène, où les années n'avaient altéré ni son jeu ni son apparence, corrigeant,bien au contraire, en douceur et en malice, ce que la jeunesse pouvait encore retenir de rigidité et de crispation. " L'âge n'a pas d'importance, pas plus que les rides ", assurait-elle, sans fausse coquetterie. " Comme j'aime rire, j'ai eu très tôt des pattes-d'oie. Un visage qui s'affaisse me préoccupe davantage. " Dans la bouche d'une comédienne qui avait fait le sacrifice de la maternité et de la vie conjugale pour être en étroite symbiose avec son art, l'aveu traduisait une satisfaction sans ambiguïté du choix qu'un jour déjà lointain, elle avait fait.

 


ANDREE FELIX...CAPITAINE BLOMET...1947
YVES CIAMPI...SUZANNE ET SES BRIGANDS...1948
JEAN STELLI...DERNIER AMOUR...1949


MAURICE CLOCHE...LA CAGE AUX FILLES...1949
EMILE E REINERT ...RENDEZ VOUS AVEC LA CHANCE ...1949


CLAUDE HEYMANN...LE BELLE IMAGE...1950
ANDRE HAGUET...LE PROCES AU VATICAN...1951
JOHN HUSTON...MOULIN ROUGE ...1952
ANDRE HAQUET... LA VIE DE SAINTE THERESE DE LISIEUX ...1952
ORSON WELLES...MR ARKADIN...CONFIDENTIEL REPORT...1954
ORSON WELLES ...DOSSIER SECRET...MR ARKADIN...1955
CLAUDE AUTANT LARA...TU NE TUERA POINT...1961
MICHEL BOISROND...AMOURS CELEBRES...1961
FREDERIC ROSSIF...MOURIR A MADRID...1962
ORSON WELLES ...LE PROCES ...LE PROCES ...1962
HENRI VERNEUIL...UN SINGE EN HIVER...1962
ROGER VADIM...CHATEAU EN SUEDE...1963...


MAURICE CLOCHE...LA PORTEUSE DE PAIN...1963...
JOHN FRANKENHEIMER ...LE TRAIN ...1964
ROBERT ENRICO ...TANTE ZITA ...1967


JEAN DELANNOY...LE SOLEIL DES VOYOUS...1967


FRANCOIS LETERRIER...LA CHASSE ROYALE...1968


CLAUDE AUTANT LARA...LE FRANCISCAIN DE BOURGES...1968
JEAN HERMAN...JEFF...1969


GILLES GRANGIER ...SOUS LE SIGNE DU TAUREAU ...1969


GERARD VERGEZ...TERESA...1970
FREDERIC ROSSIF ...AUSSI LOIN QUE L'AMOUR ...AUSSI LOIN QUE L'AMOUR ...1970
CLAUDE PINOTEAU ...LE SILENCIEUX ...LE SILENCIEUX ...1972
JEAN CLAUDE BRIALY ...UN AMOUR DE PLUIE ...1973


JEAN CLAUDE BRIALY ... LES VOLETS CLOS ...1973
JACQUES RENARD...MONSIEUR ALBERT...1975
JEAN LOUIS BERTUCELLI...DOCTEUR FRANCOISE GAILLAND...1975
JOSE GIOVANNI...COMME UN BOOMERANG...1976.
JOSEPH LOSEY...MR KLEIN...1976.
PHILIPPE MORDACQ ...BLACK OUT ...1977
JAMES IVORY...QUARTET...1980
DOMINIQUE CREVECOEUR...UNE VOIX...1980
JEAN BECKER...L'ETE MEURTRIER...1982
YVES THOMAS ...TRIPLE SEC ...TRIPLE SEC ...1986.
ALAIN JOSSUA...EN TOUTE INNOCENCE...1987


LILI RADEMAKERS...JOURNAL D'UN VIEUX FOU...DAGBOEK VAN EEN OUDE DWAAS...1987
PIERRE GRANIER DEFERRE...NOYADE INTERDITE...1987

GEORGE WILSON...LA VOUIVRE...1988


TONY GATLIF...GASPARD ET ROBINSON...1990


MICHEL LENGLINEY...VOYAGE A ROME...1992


TONY GATLIF...JE SUIS NE D'UNE CIGOGNE.1998
REMI WARTERHOUSE...MILLE MILLIEMES...2001
JEAN BECKER...UN CRIME AU PARADIS...2001
JEAN BECKER...EFFROYABLES JARDINS...2002


CLAUDE CHABROL...LA FLEUR DU MAL...2002
CLAUDE CHABROL ...LA DEMOISELLE D'HONNEUR ...2004
CHRISTIAN CARION...JOYEUX NOËL ...2005
DANIELE THOMPSON...FAUTEUILS D'ORCHESTRE...2006.

SUZANNE FLON
Tag(s) : #ACTRICES

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