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Danny Kaye a été le roi des répliques alambiquées et sibyllines, des jeux de mots subtils à la Lewis Carroll, souvent imaginés par son épouse Sylvia Fine. On considère actuellement que cet humour est forcé, son jeu plein de cabotinage, sa mimique grimacière et sa conception du cinéma passée de mode. Il n'en reste pas moins que le style de Danny Kaye et son intelligence d'acteur lui assurent à tout jamais une place de choix dans le cœur des cinéphiles. Il a connu l'apogée de sa gloire entre 1946 et 1956, période qui va de son interprétation un peu appuyée mais pleine de charme de la Vie secrète de Walter Mitty, de James Thurber, à celle, ultra-brillante, du Bouffon du roi. Son film préféré était  Un grain de folie (1954), où il tient le rôle d'un ventriloque impliqué dans une affaire confuse avec une psychiatre (Mai Zetterling) et des espions; mais la plus populaire de ses créations est celle qu'il a faite dans Noël blanc avec Bing Crosby (tous deux interprétant des soldats devenus amuseurs).

Il avait de son métier de clown une approche sociale, lui, pauvre fils d'immigré ukrainien, dont l'enfance n'avait été qu'une succession de privations, et qui sut s'en souvenir une fois devenu célèbre. De Brooklyn à Broadway, il n'y a que quelques miles. Une distance qui sépare l'anonymat de la gloire, et que Danny Kaye couvrit avec l'habileté de son bagou et l'élasticité de ses jambes. Certes, il n'était pas le seul à savoir danser, chanter et évoluer sur scène, mais il avait le talent très particulier de réduire ses textes en bouillie avant de les régurgiter dans un anglais approximatif, bancal et cassé, mais toujours compréhensible par son auditoire. C'est cette virtuosité verbale, domptée et formatée par une gagwoman qui allait devenir sa femme, qui fit sa renommée.  Ambassadeur de l'UNICEF depuis 1953, il avait, par le biais de spectacles et sur la foi de son seul nom, levé des millions de dollars au profit des enfants du tiers et quart monde.
Danny KAYE

Il était né David Daniel Kominsky, fils d'émigrants juifs ukrainiens, le 18 janvier 1913 à New York. Son père était tailleur, et la famille vivait dans une pauvreté à la limite de l'indigence. A la maison, la langue véhiculaire était le yiddish, et celui qui allait devenir Danny Kaye (Kai de Kominsky) n'apprendra l'anglais qu'à la faveur de ses études primaires. Pas besoin, en revanche, de connaître une langue pour faire parler son corps. Un avantage naturel que mettra précocement à profit le futur comédien, à l'occasion de fêtes communautaires puis, plus tard, de spectacles de cabaret dans les Brooklyn social clubs. A 13 ans, iI abandonne l'école, chante pour quelques cents dans les stations balnéaires de Floride, avant de revenir dans la région des Catskills, la borschtbelt, où se concentrait alors la communauté russe. De serveur à entertainer, son travail consiste à divertir la clientèle des hôtels par des blagues, des chansons et de véritables petits numéros de music-hall. Il connaît sa première promotion en 1933, lorsqu'une troupe de vaudeville itinérante l'Intègre à son spectacle. De ville en ville, voilà nos saltimbanques en tournée en Extrême-Orient, au grand désarroi de Danny Kaye, soudain confronté au défi de devoir amuser un public non anglophone. Le hasard et la nécessité vont se porter à son secours en lui inspirant ce qui deviendra le style Danny Kaye. Un panaché de chansons, de pantomime, mais surtout d'improvisations verbales multilingues et de tirades des plus fantaisistes débitées à toute allure, à la manière d'un Michel Leeb qui aurait disjoncté. La réaction du public l'encourage à persévérer. Mais il devra attendre sa rencontre avec Sylvia Fine, qu'il épousera en 1940, pour discipliner ce style et l'amener au succès véritable.
En 1939, elle lui écrit « The Straw Hat Review » (La revue du chapeau de paille), un show qui tiendra la scène pendant dix semaines. Une reconnaissance qui vaudra à Danny Kaye d'entrer dans le club des stars. Dans la foulée, iI se produit sur la scène de « La Martinique », boîte de nuit new-yorkaise dont le directeur se montrera si heureux de sa bonne fortune qu'il portera ses gages de 250 à 2.000 dollars hebdomadaires. Mais c'est « Lady in the dark », dont la vedette est pourtant Gertrude Lawrence, et sa déclinaison en accéléré des cinquante noms russes, qui vont définitivement asseoir sa réputation et éveiller l'attention de Hollywood. Entre-temps, Danny Kaye a épousé Sylvia Fine, son agent mais aussi sa pourvoyeuse d'inspiration. Quand on lui demandera plus tard à quoi il attribuait son succès, il aura le bon goût de répondre avec humour et franchise :  I am a wife (épouse) made man.
En 1944, Samuel Goldwyn le prend sous contrat et le place en tête d'affiche de comédies qui ne se justifient que par la mise en valeur de son talent de fantaisiste. La scène où il mime une représentation cinématographique, dans « Up in arms », est ainsi du plus haut comique, comme celle où il capture sans arme une patrouille japonaise. Avec « La vie secrète de Walter Mitty », sur le thème de l'employé timide qui rêve d'une vie héroïque, il atteint un sommet dans son art, tout en reconduisant un procédé inauguré dans « Le joyeux phénomène », et qu'il reproduira souvent : celui du double personnage.

En 1949 il sera invité  à se produire devant la famille royale britannique, à Buckingham Palace.
Les années 1950 sont une période faste, au point qu'il se veut acteur indépendant, avant de revenir dans le giron de la Paramount avec « Le bouffon du roi » et « Un grain de folie ». Dans ce dernier film, la séquence où son héros est poursuivi jusque sur la scène du music-hall et contraint de participer au spectacle illustre on ne peut mieux l'efficacité de son comique gestuel et de sa virtuosité verbale. En 1954, il connaît la consécration, artistique et philanthropique, par la réception d'un Oscar d'honneur, conforte son image de bouffon avec « La doublure du général » et « Les pieds dans le plat », mais assiste au déclin de sa popularité dès l'aube de la nouvelle décennie. Trop irrégulier à l'écran et de plus en plus accaparé par son engagement au service de l'UNICEF, Il en oublie, en effet, d'entretenir son image auprès de la jeune génération, qui lui a entre-temps préféré Jerry Lewis.

 

Malgré le succès local que rencontrera entre 1963 et 1967 le « Danny Kaye Show », « Les pieds dans le plat » sera son chant du cygne cinématographique. Certes, ses compatriotes le verront encore occasionnellement sur scène et à la télévision — dans la comédie musicale de Broadway « Two by two » (1970), notamment —, mais c'est essentiellement dans la fonction d'ambassadeur bénévole de l'UNICEF que son nom survivra désormais. En 1978, pour le 25e anniversaire de sa présence au sein de l'organisation, il avait même mis sur pied une collecte de fonds d'une proportion telle qu'elle fut enregistrée dans le Guinness Book des records : soixante-cinq villes d'Amérique du Nord couvertes en cinq jours, par jet privé. A cette occasion, il avait réussi à réunir une somme de plusieurs millions de dollars. Tragique ironie du sort, ce philanthrope qui n'avait cessé de se battre pour une meilleure médecine, surtout enfantine, devait décéder le 2 mars 1987 d'une hépatite aggravée d'une hémorragie interne, due à la transfusion, quatre ans auparavant, d'un sang contaminé.

 

AL CHRISTIE… DIME A DANCE… 1937

WILLIAM WATSON… CUPID TAKES A HOLIDAY … 1937

ELLIOTT NUGENT … UN FOU S'EN VA-T-EN GUERRE ...UP IN ARMS …. 1945 :

BRUCE HUMBERSTONE … LE JOYEUX PHENOMENE… WONDER MAN … 1946

NORMAN Z. MCLEOD… LE LAITIER DE BROOKLYN …THE KID FROM BROOKLYN…1947

NORMAN Z. MCLEOD… LA VIE SECRETE DE WALTER MITTY, … THE SECRET LIFE OF WALTER MITTY … 1948

HOWARD HAWKS …SI BEMOL ET FA DIEZE …SONG IS BORN … 1949

DAVID BUTLER… LES TRAVAILLEURS DU CHAPEAU… IT'S A GREAT ILING …1949

HENRY KOSTER …VIVE MONSIEUR LE MAIRE…THE INSPECTOR GENERAL …1949

WALTER LANG… SUR LA RIVIERA.. ON THE RI­VIERA 1951

CHARLES VIDOR ….HANS CHRISTIAN ANDERSEN ET LA DANSEUSE… HANS CHRISTIAN ANDERSEN…1952

NORMAN PANAMA ….UN GRAIN DE FOLIE ….KNOCK ON WOOD… 1953 .

MICHAEL CURTIZ …NOEL BLANC ….WHITE CHRISTMAS … 1955

 

NOR­MAN PANAMA ….LE BOUFFON DU ROI ….THE COURT JESTER…1955

RALPH STAUB… SCREEN SNAPSHOTS : PLAYTIME IN HOLLYWOOD …1956

MICHAEL KIDD… LE FOU DU CIRQUE … MERRY ANDREW… 1958

PETER GLENVILLE…. MOI ET LE COLONEL ….ME AND THE COLONEL … 1958

MELVILLE SHA VELSON ….MILLIONNAIRE DE CINQ SOUS …THE FIVE PENNIES …1959

ANTHONY ASQUITH …LES DESSOUS DE LA MILLIONNAIRE...THE MILLIONAIRES…1960

MEL­VILLE SHAVELSON…. LA DOUBLURE DU GENERAL...ON THE DOUBLE…. … 1961

FRANK TASHLIN …. LES PIEDS DANS LE PLAT...THE MAN FROM THE DINER'S CLUB  ….1962

BRYAN FORBES ….LA FOLLE DE CHAILLOT...THE MADWOMAN FROM CHAILLOT …. 1968

 

. A LA TV, NOTAMMENT « SEE IT NOW : THE SECRET LIFE OF DANNY KAYE » (1956), « WINTER OLYMPICS OPENING CEREMONY » (1960), « AN HOUR WITH DANNY KAYE » (1960), « WHAT'S MY LINE? » (1961), « THE MERV GRIFFIN SHOW » (1962), « THE DAN­NY KAYE SHOW » (1963-1967), « HERE'S HOLLYWOOD » (1962), « THE LUCY SHOW : LUCY MEETS DANNY KAYE » (1964), « A SALUTE TO STAN LAUREL » (1965), •< PASS­WORD » (1966), « THE ENCHANTED WORLD OF DANNY KAYE : THE EMPEROR'S NEW CLOTHES » (1972), « HERE COMES PETER COTTONTAIL » (1972), « PINOCCHIO » (1976), <- PE­TER PAN » (1976), THE MUPPET SHOW » (1979). <■ SKOKIE » (1981, DE HERBERT WISE), « THE TWILIGHT ZONE : PALADIN OF THE LOST HOUR » (1985. LA 4E DIMENSION) « THE COSBY SHOW : A TRIP TO THE DENTIST » (1986).

DANNY KAYE

DANNY KAYE

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