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DEANNA DURBIN

Née à Winnipeg (Canada), le 4 décembre 1921 et décédée le 30 avril 2013  Edna Mae Durbin est la fille d'immigrants anglais, originaires du Lancashire et installés très tôt en Californie. Conscients des qualités vocales de leur enfant, les Durbin l'initient à sa première leçon de chant à l'âge de 8 ans. Nul ne doute alors qu'elle deviendra une grande cantatrice. Mais s'imposer sur la scène du belcanto est tâche ardue, même pour une élève naturellement douée. Aussi Edna va-t-elle prendre la tangente et s'illustrer dans la comédie musicale, genre alors très en vogue dans un média qui vient tout juste d'accéder à la parole.

 

En 1935, un ami de son professeur de chant obtient de son père l'autorisation de lui faire passer une audition à la radio. Son passage dans l'émission d'Eddie Cantor et son duo avec le chanteur vont amplement contribuer à faire connaître sa voix, au point que, l'année suivante, elle signe un premier contrat avec la MGM, pour un salaire hebdomadaire de 56 dollars. Faut-il y voir un moment de relâchement consécutif à la mort brutale d'Irving Thalberg ? Toujours est-il que la firme au lion abandonne son contrat à Joe Pasternak, alors producteur chez Universal, après lui avoir mis le pied à l'étrier dans un court métrage avec Judy Garland.

 

Ignorant le filon sur lequel il vient de mettre la main, Pasternak distribue Deanna dans un spectacle familial au budget modeste, « Three smart girls ». Le film sera un triomphe et engrangera dix fois sa mise, tandis qu'Universal, qui avait connu des jours meilleurs, sera sauvé de la banqueroute par le succès inespéré de cette comédie sentimentale et par l'unanimité populaire autour de son héroïne. « Mad about music », « That certain age » et « Three smart girls grow up » seront bâtis sur le même canevas : la jeune fille alerte, ingénieuse et intuitive, dont la gentillesse, la bonne humeur et les grâces de soprano auront invariablement raison des obstacles et contrariétés dressés sur sa route. Une formule efficace, dont les artisans seront Joe Pasternak et Henry Koster, et qui vaudra à son interprète la signature d'un contrat de 250.000 dollars par film. « Tout comme les pin up incarnaient le sexe aux yeux des éroto-manes insatisfaits », devait confier Deanna Durbin, « je représentais, pour les parents, la fille idéale qu'ils avaient toujours secrètement souhaité avoir. » Dans la foulée, elle obtient la reconnaissance de son talent musical par nul autre que le chef d'orchestre Leopold Stokowski, son partenaire dans « One hundred men and a girl ». Un privilège auquel certains chanteurs auront aspiré, en vain, toute leur carrière.



Mais la jeunesse est un état éphémère, malgré l'obsession des tuteurs  de Deanna de le faire perdurer chez leur protégée. Le bien-nommé « Itl started with Eve » sera à cet égard le  signe tangible de la mue qui s'est opérée en elle au profit de la femme  et de l'adulte, même si son premier baiser de cinéma, deux ans auparavant, avait déjà défloré le mythe de la virginité idéale. Pour rompre définitivement avec l'enfance, elle se marie, une première fois, avec le producteur Vaughan Paul (1941-43). Une union à peine plus courte que la seconde, avec Félix Jackson (1945-49), producteur lui aussi, dont elle aura néanmoins une fille, Jessica (1946). 

Entre-temps, sa carrière poursuit son ascension et culmine en 1944 avec « Can't help singing ». A l'époque, elle gagne 330.000 dollars par film, plus que Bing Crosby, le crooner en vogue. Mais sa volonté de briser l'enchantement, par le choix de rôles dramatiques, va donner le signal des premières désaffections du public. Malgré l'excellente revue critique qu'elle obtient pour son personnage d'entraîneuse dans « Christmas holiday », le succès n'est pas au rendez-vous. Et comme Universal renâcle à l'encourager dans cette voie, elle va bientôt perdre tout enthousiasme dans la poursuite de sa carrière cinématographique. La fin d'un état de grâce qui avait, jusque-là, compensé le peu de goût qu'elle avait toujours nourri pour les contraintes de la vie publique et l'adulation des foules. « J'étais devenue la star la mieux payée de Hollywood, avec le plus pauvre des matériaux cinématographiques à défendre », devait-elle dire, dans un moment de désillusion.
En 1950, Deanna Durbin épouse, en Moselle, le réalisateur français de « Lady on a train », Charles David, et fait le choix d'un avenir français. Elle ne posera qu'une condition à leur union : que toujours, il la protège des miasmes de la célébrité. Malgré les prières réitérées de Joe Pasternak, Charles devait respecter son engagement. D'ailleurs, entre-temps, Deanna est devenue maman d'un petit Peter (1951) qui, plus tard, par ses études pianistiques, saura raviver en elle ce qui n'avait jamais cessé d'être une passion : le chant et la musique. Un demi-siècle d'une réclusion tranquille s'est écoulé depuis, à peine troublé par la présence, à Neauphle, de deux concitoyens grands consommateurs de paparazzis, de leur vivant : Marguerite Duras et l'ayatollah Khomeiny.

FELIX E FEIST...LE KIOSQUE A MUSIQUE...EVERY SUNDAY...1936


HENRY KOSTER...TROIS JEUNES FILLES A LA PAGE...THREE SMART GIRLS...1936

 
HENRY KOSTER...DEANNA ET SES BOYS...ONE HUNDRED MEN AND A GIRL...1937
NORMAN TAUROG...DELICIEUSE...MAD ABOUT MUSIC...1938
EDWARD LUDWIG...L'AGE INGRAT...THAT CERTAIN AGE...1938

HENRY KOSTER...TROIS JEUNES FILLES ONT GRANDI...THREE SMART GIRLS GROW UP...1939
HENRY KOSTER...PREMIER AMOUR...FIRST LOVE...1939
WILLIAM A SEITER...RENDEZ VOUS...IT'S A DATE...1940


HENRY KOSTER...CHANSON D'AVRIL...SPRING PARADE...1940
WILLIAM A SEITER...TOUTE A TOI...NICE GIRL?...1941

HENRY KOSTER...EVE A COMMENCE...IT STARTED WITH EVE...1941


BRUCE MANNING...THE AMAZING MRS HOLLIDAY......1942
FRANK RYAN...LIENS ETERNELS...HERS TO HOLD...1943

LOUIS DE ROCHEMONT...SHOW BUSINESS AT WAR......1943
FRANK BORZAGE...LA SŒUR DE SON VALET...HIS BUTLER'S SISTER...1943
LE ROY PRINZ...ROAD TO VICTORY......1944
ROBERT SIODMAK...VACANCES DE NOEL...CHRITMAS HOLIDAY...1944


FRANK RYAN...CARAVANE D'AMOUR...CAN'T HELP SINGING...1944
CHARLES DAVID...DEANNA MENE L'ENQUETE...LADY ON A TRAIN...1945


RICHARD WALLACE...PAR SA FAUTE...BECAUSE OF HIM...1946
WILLIAM A SEITER...MON CŒUR T'APPELLE...I'LL BE YOURS...1946


IRVING PITCHEL...CHANSON DANS LE VENT...SOMETHING IN THE WIND...1947
WILLIAM A SEITER...CARROUSEL...UP IN CENTRAL PARK...1948
FREDERIC DE CORDOVA...LA PETITE TELEPHONISTE...FOR THE LOVE OF MARY...1948

 

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