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Julien Duvivier est né le 08 octobre 1896 à Lille et est décédé accidentellement le 30/10/1967.

La véritable carrière de Julien Duvivier débute en 1930. Et pourtant, à cette date, il est déjà l'auteur de dix-sept films, réalisés entre 1919 et 1929. Mais rien, dans cette production trop abondante, ne le distingue des nombreux faiseurs, qui, au même moment, travaillaient comme lui, en série. Dans la production muette de cet ancien acteur, passé du théâtre à la réalisation de films, sur le conseil du grand Antoine, on trouve de tout : des adaptations de romans (Les Roquevillard, L'Abbé Constantin), des films édifiants (La Tragédie de Lourdes, La Vie miraculeuse de Thérèse Martin), des films d'aventures (Le Mystère de la tour Eiffel), etc. Rien de tout cela ne sort de l'anonymat et ne suffit à imposer le metteur en scène. Seule, peut-être, une première adaptation de Poil de carotte de Jules Renard autorise quelques espoirs, assez vagues; encore pouvait-on être tenté, à l'époque, d'en attribuer les mérites à la forte personnalité du co-adaptateur, alors en pleine gloire : Jacques Feyder. Il faut se rendre à l'évidence : sans son œuvre parlante, Julien Duvivier n'aurait laissé aucun nom dans l'histoire du cinéma.

 

Dès son premier film parlant, tout change. David Golder (1930), pour une bonne part grâce à l'interprétation d'Harry Baur, nouveau venu qui s'impose d'emblée, est tout de suite reconnu comme un film important.

Les Cinq Gentlemen maudits (1931), deuxième film parlant du réalisateur, n'eut pas le même intérêt, malgré de bons acteurs comme Harry Baur, Le Vigan et René Lefèvre. Par contre, Allo Berlin... Ici Paris (1931), qui suivit, est un film aujourd'hui assez oublié, qui mériterait d'être redécouvert. Le scénario, assez original, reposait sur le principe de héros s'exprimant, les uns et les autres, dans leur langue natale, ce qui, à l'époque, était une nouveauté. Il s'agissait de téléphonistes, allemands d'un côté, français de l'autre, qui malgré la barrière des langues, finissaient par très bien se comprendre. Traité en comédie bien enlevée, où une musique allègre jouait son rôle, le film reste une des bonnes réussites de Duvivier, en dépit d'une interprétation privée de noms connus, exception faite pour Josette Day, alors débutante prometteuse.

En 1932, Duvivier connaît son premier vrai grand succès, avec la version parlante de Poil de carotte. Tout le monde admira l'interprétation d'Harry Baur en monsieur Lepic, et celle du jeune Robert Lynen en Poil de carotte.  La même année, Duvivier connaît une "nouvelle réussite, dans un genre bien différent, avec l'adaptation de La Tête d'un homme, d'après un roman de Simenon. C'est Harry Baur qui incarne, l'un des premiers, le fameux commissaire Maigret, et son interprétation d'un des personnages les plus souvent représentés à l'écran, reste sans doute la meilleure . A ses côtés on remarqua  la grande chanteuse réaliste Damia.

Après cette fameuse série, Duvivier va, pendant deux ans, accumuler plusieurs échecs, tout en déployant toujours le même savoir-faire. Il n'y a rien à dire du Petit Roi (1933), enfantine fadaise, ni du Paquebot Tenacity (1933), pièce filmée sans grande invention. En 1934, Maria Chapdelaine, adaptée du beau roman de Louis Hémon, valait un peu mieux. Au moins, avait-il le mérite d'avoir été filmé sur place, et de montrer les admirables paysages québécois du lac Saint-Jean et de la rivière Péribonka. Malheureusement, Jean Gabin, incarnant François Paradis avec l'accent parigot, enlevait toute crédibilité au film, et plus encore, Madeleine Renaud, en robuste paysanne québécoise, avec son impossible diction très « comédie-française »... Toutefois on verra pire avec Golgotha (1935) : le couple Jean Gabin (Ponce-Pilate)-Edwige Feuillère (sa femme), très boulevardier, empêchait tout à fait de croire à cette évocation de la vie du Christ, pétrifiée de respect et d'académisme. Le Vigan, lui-même, si souvent génial, n'arrivait pas à animer le personnage de Jésus qui, aux dires de son ami Céline, devait tant le marquer.. Seul, Harry . Baur, toujours excellent "chez Duvivier, parvenait, dans le rôle d'Hérode, à tirer son épingle du jeu, au sein de cette très lourde machinerie.

 

Le succès devait revenir en 1935, avec La Bandera qui reste un des meilleurs films de Duvivier. Bien adapté par lui-même et Charles Spaak, le célèbre roman de Mac Orlan sur la légion étrangère espagnole fournissait au cinéaste une matière cinématographique de premier ordre. Compromis heureux entre le romanesque et le documentaire, La Bandera (qui est dédié au colonel Franco, dont les troupes figurent dans le film) est excellemment joué par Jean Gabin, cette fois tout à fait dans son personnage, Le Vigan, Aimos, Gaston Modot, sans oublier Annabella, dans une étonnante composition de jeune Berbère amoureuse. Après ce film, et jusqu'à son départ pour Hollywood, en 1940, Duvivier va tourner neuf films en cinq ans, alternant le meilleur avec le moins bon, le meilleur étant le plus fréquent. Pendant ces quelques années, il est devenu, en quelque sorte, le quatrième « grand » (avec Renoir, Clair et Feyder), en attendant que le jeune Carné vienne se joindre au peloton.

Porté par la mode, aidé par de bons scénaristes et surtout de bons interprètes, comme en fourmillait alors le cinéma français, Duvivier n'aura guère de peine à soutenir cette réputation de grand cinéaste.  La Belle Équipe (1936),sera un  film social qui préfigure assez bien l'atmosphère d'un « Front populaire » .

Autre grand succès, en 1936 également, le fameux Pépé le Moko, qui contribua beaucoup à imposer le « mythe Gabin ». Jamais les qualités de cinéaste de Duvivier ne furent plus grandes, et, pourtant elles ont fort à faire contre un scénario artificiel et complaisant, dont les dialogues à effet, d'Henri Jeanson, soulignent les facilités.

Un carnet de bal (1937) qui  consacrait la mode du film à sketches en France, rencontra un succès encore supérieur. Raimu, Fernandel, Harry Baur, Louis Jouvet, Pierre Blanchar, Marie Bell, Françoise Rosay, sans compter une demi-douzaine de scénaristes (dont Henri Jeanson), c'est tout le cinéma français du moment qu'on retrouve au générique de ce film célèbre. Couronné à la Biennale de Venise, en 1937, c'est Un carnet de bal qui valut à Duvivier son premier engagement à Hollywood . Il réalisa pour la Metro-Goldwyn-Mayer, Toute la ville danse (1938), évocation brillante et fantaisiste de la vie de Johann Strauss, soutenue par la musique célèbre, le luxe des grandes productions américaines et, en prime, une collaboration épisodique du grand von Sternberg lui-même. Après quoi, Duvivier revint en France réaliser un projet qui lui tenait à cœur : La Fin du jour (1938). Ce film sur la vieillesse des comédiens retirés dans une maison de repos est réalisé avec brio et comporte d'étonnants numéros d'acteurs de Michel Simon, Louis Jouvet et Victor Francen. En 1939, Duvivier réalise un film insolite au milieu de sa production d'alors : un remake de La Charrette fantôme, classique du muet réalisé par Sjôstrôm, d'après Selma Lagerlôff. Il en fit un bel album d'images, froides et très soignées, sans recréer vraiment le climat de légende qu'exigeait la belle histoire. Le réalisme lui convenait mieux, tout comme à ses interprètes, Pierre Fresnay et Louis Jouvet. Pendant la drôle de guerre survenue juste après ce film, Duvivier fut convié officiellement, peut-être par Jean Giraudoux, à exalter les vertus nationales. Il en résulta une œuvre de circonstance, presque patriotique et empesée, Untel, père et fils, achevée à la veille de la défaite et qui ne put sortir en France qu'en 1945, après avoir servi à notre propagande aux Etats-Unis, tout au long de la guerre (sous le titre Le Cœur d'une nation). Malgré Jouvet, Raimu et Michèle Morgan, c'est une œuvre médiocre et qui tombe à plat. Sur cet échec, s'achevait une période de dix ans où Duvivier avait accumulé les succès. Agé alors de quarante-quatre ans, le cinéaste de Pépé le Moko ne se doutait pas qu'il avait réalisé le meilleur de son œuvre, et qu'il n'y ajouterait plus rien d'important.

 

Pendant l'été 1940, il regagna Hollywood où il passa toutes les années de guerre. Il y réalisa quatre films qui n'ajoutèrent pas à sa gloire. Trois furent des films à sketches qui s'efforçaient d'exploiter la veine d'Un Carnet de bal, avec de moins en moins de bonheur : Lydia (1941), Six Destins (1942), Obsessions (1943). Le quatrième était un film « patriotique », sur un sujet assez ridicule, pour lequel il retrouvait Jean Gabin, lui aussi exilé à Hollywood : L'Imposteur (1943). Pour Duvivier, comme pour Gabin, ce film est l'un des plus mauvais de leur carrière.

 

En 1945, le cinéaste rentra en France, où il trouva un cinéma français qui avait beaucoup changé, avec l'apparition en 1941-1943 d'une nouvelle génération pleine de talent (Clouzot, Becker, Bresson, Autant-Lara). Adaptant Simenon, il se remit au travail en tournant Panique, dans la manière de l'avant-guerre. Le film parut démodé et ne fut pas pour son auteur la rentrée éclatante qu'il espérait. Après deux ans d'inaction, celui-ci partit tourner en Angleterre une nouvelle adaptation (due à Jean Anouilh) d'Anna Karénine, avec Vivien Leigh. Ni l'un ni l'autre ne firent oublier la version fameuse réalisée par Clarence Brown pour Greta Garbo. Deux ou trois films quelconques (le meilleur : Sous le ciel de Paris en 1950, lointain descendant de La Belle Équipe) conduisent jusqu'à 1951, où Duvivier renoue enfin avec le grand succès, en tournant Le Petit Monde de Don Camillo d'après le livre savoureux de Giovanni Guareschi. Il y eut, bien sûr, une suite où le public retrouva avec le même plaisir Don Camillo et son adversaire Peppone, toujours sous les traits de Fernande! et Gino Cervi : Le Retour de Don Camillo (1953). Entre-temps, La Fête à Henriette (1952), film plus ambitieux, avait été beaucoup moins bien reçu. La dernière grande tentative « ambitieuse » de Duvivier se situe en 1954 et se nomme Marianne de ma jeunesse.

Après cette incursion décevante dans la poésie, cet « à la manière » de Cocteau déjà anachronique, Duvivier revint à son savoir-faire passe-partout ; il reprit plusieurs films policiers, dont il n'y a rien à dire (on peut en excepter Voici le temps des assassins, 1956), adapta Zola (Pot-Bouille), Pierre Louys (La Femme et le pantin, avec Brigitte Bardot) ou Robert Sabatier (Boulevard). Ses ultimes œuvres, réalisées en pleine vogue de la « nouvelle vague » passèrent totalement inaperçues. La dernière, Diaboliquement vôtre, sortit à l'orée de cette année 1968 qui annonçait de nouveaux âges, dont il était dorénavant trop éloigné. Quand elle fut présentée, son auteur était déjà mort : le 29 octobre 1967, en plein Paris, sa Voiture avait percuté celle de Maurice Schumann, ministre du général de Gaulle. Le ministre était sauf, tandis que le cinéaste succombait à une crise cardiaque.

 

 

HACELDAMA OU LE PRIX DU SANG    1919

CREPUSCULE D'EPOUVANTE    1919

LA REINCARNATION DE SERGE RENAUDIER    1920

LES ROQUEVILLARD    1922

LE LOGIS DE L'HORREUR    1922

L'OURAGAN SUR LA MONTAGNE    1922

L'AGONIE DES AIGLES    1922

LE REFLET DE CLAUDE MERCOEUR    1923

LA MACHINE A REFAIRE LA VIE    1924

CREDO OU LA TRAGEDIE DE LOURDES    1924

L'ŒUVRE IMMORTELLE    1924

CŒURS FAROUCHES    1924

POIL DE CAROTTE    1925

L'ABBE CONSTANTIN    1925

L'HOMME A L'HISPANO    1926

LE MYSTERE DE LA TOUR EIFFEL    1927

LA MARIAGE DE MADEMOISELLE BEULEMANS    1927

L'AGONIE DE JERUSALEM    1927

LE TOURBILLON DE PARIS    1928

LA VIE MIRACULEUSE DE THERESE MARTIN    1929

MAMAN COLIBRI    1929

LA DIVINE CROISIERE    1929

DAVID GOLDER    1930

AU BONHEUR DES DAMES    1930

LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS    1931

ALLO BERLIN? ICI PARIS!    1931

LA VENUS DU COLLEGE    1932

POIL DE CAROTTE    1932

LA TETE D'UN HOMME    1933

LE PETIT ROI    1933

LA MACHINE A REFAIRE LA VIE    1933

LE PAQUEBOT TENACITY    1934

MARIA CHAPDELAINE    1934

GOLGOTHA    1935

LA BANDERA    1935

LE GOLEM    1936

L'HOMME DU JOUR    1936

LA BELLE EQUIPE    1936

PEPE LE MOKO    1937

UN CARNET DE BAL    1937

THE GREAT WALTZ    1938

LA FIN DU JOUR    1939

LA CHARRETTE FANTOME    1939

LYDIA    1941

SIX DESTINS    1942

OBSESSIONS    1943

UNTEL PERE ET FILS    1943

THE IMPOSTOR    1944

PANIQUE    1946

ANNA KARENINE    1948

AU ROYAUME DES CIEUX    1949

LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO    1951

LA FETE A HENRIETTE    1952

LE RETOUR DE DON CAMILLO    1953

L'AFFAIRE MAURIZIUS    1954

MARIANNE DE MA JEUNESSE    1954

VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS    1956

L'HOMME A L'IMPERMEABLE    1957

POT BOUILLE    1957

LA FEMME ET LE PANTIN    1959

MARIE OCTOBRE    1959

 

 

LA GRANDE VIE    1960

BOULEVARD    1960

LA CHAMBRE ARDENTE    1962

LE DIABLE ET LES DIX COMMANDEMENTS    1962

CHAIR DE POULE    1963

DIABOLIQUEMENT VOTRE    1967

JULIEN DUVIVIER

JULIEN DUVIVIER

Tag(s) : #REALISATEUR

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