UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE

Publié le par cinestranger

UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE

Franco-Italienne 1972.
RÉALISATEUR : Jean-Louis Trintignant.
Avec Jacques Dufilho (Jean Rousseau). André Falcon (directeur de la piscine), Vittorio Caprioli (M. Magiavacca), Franco Pesce (le père Rousseau), Luce Marquand (la mère).


 Après avoir cuit son pain, embrassé son père, le boulanger Rousseau installe sa mère dans le « side » de sa moto, enfourche celle-ci et prend la route... Quelques instants plus tard, un automobiliste est soulevé avec sa voiture par une grue et promptement assassiné. C'est le premier des neuf crimes que Rousseau, aidé par sa mère, puis seul, va accomplir durant cette «journée bien remplie». La gendarmerie fera assez rapidement le lien entre les premiers meurtres : les victimes firent toutes partie d'un même jury d'une cour d'assises...


La mère de Rousseau est arrêtée. Lui-même est traqué. Il réussira néanmoins à réaliser son « programme » jusqu'au bout.


 Pour son premier film de réalisateur, Trintignant a refusé la facilité : écartant tout sujet qui aurait pu rappeler les œuvres dont il a été l'interprète, il nous propose un film qui relève d'un genre dont on ne trouve guère de trace dans le cinéma français depuis Drôle de drame. Une comédie de meurtres, l'humour noir... On pense naturellement à Monsieur Verdoux et plus encore à Noblesse oblige. En fait, l'humour noir selon Trintignant, est fait de demi-teintes et n'a rien de sarcastique. Aussi méthodiques soient-ils, les crimes du boulanger Rousseau conservent une profonde « Innocence ». Ils sont traités sur un mode poétique, un peu comme des figures de ballet. A bon pain, bons meurtres. L'assassin d'Une journée bien remplie est un doux, presque un tendre. Rien en lui de diabolique. L'œuvre, certes, est insolente, puisque contraire à la morale, mais elle le doit moins à l'accumulation de meurtres en série qu'à la naïveté de son héros, l'excellent Jacques Dufilho, un brave homme transformé, comme malgré, lui, en ange exterminateur. L'ironie tient surtout à des « private jokes ». comme la mise en scène par Trintignant lui-même d'un Hamlet caricatural... et surtout à une bande sonore très travaillée avec des bruits « éloquents », des contrepoints musicaux puisés dans Bach. Verdi ou Mahler. De cet humour au second degré, fondé sur le déjà-vu, on trouve d'autres exemples dans le film : un pastiche de poursuite de voitures à l'américaine, un morceau de « cinéma dans le cinéma » avec une caméra mobile qui « perd » son sujet...
UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE

UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE

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