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MAURICE TOURNEUR est un réalisateur français né Maurice Thomas le  02 février 1876 à Paris  et décédé le 06/08/1961.
Plus considéré aux États-Unis qu'en France, le réalisateur franco-américain Maurice Tourneur eut, entre autres mérites, celui d'apporter à Hollywood,  un raffinement et une culture alors peu communs .
Comme plusieurs de ses contemporains, Maurice Tourneur (1876-1961) était un ancien de chez Antoine, à l'Odéon, où durant plusieurs années il fut à la fois acteur et régisseur. Il avait débuté dans la vie comme dessinateur, puis était devenu décorateur, ce qui l'avait conduit à choisir décidément le théâtre. C'est alors qu'il fit la connaissance de camarades, futurs cinéastes qui s'appelaient Léonce Perret et Emile Chautard. Devenu assistant de Chautard, c'est tout naturellement qu'il le remplaça, quand celui-ci fut envoyé par la société Éclair aux Etats-Unis pour prendre en main la production de la filiale américaine de Fort Lee, dans le New Jersey.


Après le départ de Chautard, Maurice Tourneur fit donc ses débuts dans la mise en scène en septembre 1912, en réalisant l'adaptation d'un roman à succès de Gyp, interprété par Polaire, Le Friquet. Jusqu'en mai 1914, Tourneur allait réaliser quinze films pour Éclair, aujourd'hui tous disparus. On y trouve de tout, de Gyp (Le Dernier Pardon, 1913) à Courteline (Les Gaîtés de l'escadron, 1913, que Tourneur refera vingt ans plus tard), de Dumas (La Dame de Monsoreau, 1913) à Gaboriau (Monsieur Lecoq, 1914), tous interprétés par Henry Roussell, Polaire, Maurice de Féraudy, Charles Krauss et Mme Van Doren, femme de Tourneur et mère du futur Jacques Tourneur. Après le fameux Mystère de la chambre jaune (1914) de Gaston Leroux et sa non moins fameuse suite. Tourneur, devenu réalisateur consacré, fut à son tour envoyé à Fort Lee, en mai 1914, pour y faire un film par mois.

Sa vie allait prendre un autre cours, et son oeuvre aussi. Surpris par la guerre aux États-Unis, Tourneur y demeura, fut plus ou moins accusé de se dérober à ses obligations militaires et pour finir se fit naturaliser américain. Son œuvre importante, celle qui va en gros de 1915 à 1925, est une œuvre américaine, et un référendum de 1918 le sacrait quatrième grand metteur en scène américain, après Griffith, Ince et DeMille, avant Barker, Brenon, Dwan et quelques autres.


Éclair ayant liquidé sa filiale américaine, et son contrat ayant été repris par les nouveaux acquéreurs américains, c'est donc pour ceux-ci que Tourneur poursuivit sa nouvelle carrière. Dès 1917, il passait chez Paramount, pour qui il fit quelques-uns de ses plus grands succès, ce qui ne l'empêcha pas de travailler également pour First National, Goldwyn, Universal, etc. Son premier film marquant fut Trilby (1915) d'après un roman de George Du Maurier (l'auteur de « Peter Ibbetson ») avec Clara Kimball Young, une des premières grandes stars américaines. Les nombreux films suivants n'ont guère laissé de traces dans les mémoires, et il faut attendre 1917 pour voir Tourneur s'imposer vraiment au premier rang. Cette année-là, il tourne d'abord deux films de Mary Pickford, Fille d'Ecosse (The Pride of the Clan) et Pauvre Petite Riche (The Poor Little Rich Girl), ce dernier étant un immense succès commercial. Vinrent ensuite plusieurs films pour Elsie Ferguson, autre grande vedette du moment, dont une adaptation d'Ibsen, Maison de poupée (A Doll's House, 1918), puis Tourneur décida, avec l'aide de Paramount, de se produire lui-même. Il en résulta plusieurs films qui fondèrent sa grande réputation d'alors, et en firent un des maîtres de Hollywood vers 1918.

L'Oiseau bleu (The Blue Bird, 1918) d'après la pièce symboliste de Maeterlinck fit sensation surtout par son climat poétique et ses décors féeriques. Ceux-ci étaient dus à deux Français, le décorateur Ben Carré (qui avait déjà travaillé avec Tourneur) et le peintre André Ibels. L'esthétique en était inspirée des Ballets russes, et cela parut alors le comble de la recherche et de l'audace cinématographique, au sein d'une production américaine  plutôt soucieuse de réalisme. Prunella (1918), autre œuvre symboliste, exécutée avec les deux mêmes décorateurs, vint confirmer cette tendance et la réputation de grand « artiste » de Tourneur. Celui-ci réalisa ensuite un grand film un peu à la manière à Intolérance (Intolérance, 1916), , Woman (1918) devenu en français L'Éternelle Tentatrice ou Les Fées de la mer.

   

D'autres films suivirent, nombreux et moins originaux — excepté Une victoire  (Victory,   1919)  d'après  le  roman   de Conrad  — Jusqu'à  un  nouveau  chef d'œuvre, L'île au trésor (Treasure Islamd, 1920). Tourneur y avait rendu l'étrangeté du climat de Stevenson, grâce à une photo  très  travaillée,   ainsi  qu'à   des décors insolites pour lesquels il avait retrouvé Carré et Ibels.

L'autre grand film américain de Tourneur fut encore l'adaptation d'un roman célèbre : Le Dernier des Mohicans (The Last of the Mohicans, 1921) de Fenimore Cooper, coréalisé avec Clarence Brown. Wallace Beery y fit une composition mémorable, déterminante pour la suite de sa carrière.
Ensuite, parmi une production abondante, on peut encore extraire quelques titres intéressants, comme L'île des navires perdus , 1923 à l'atmosphère onirique, La Frontière humaine (Never the Twain Shall Meet, 1925) et Aloma (Aloma of the South Seas, 1926), ces deux derniers tournés en Polynésie.

 
En 1926, Maurice Tourneur quittait Hollywood pour n'y plus revenir. En 1927, il réalisait un film à Berlin, Le Navire des hommes perdus (Das Schiff der verlorene Menschen) avec une Marlene Dietrich d'avant Sternberg, déjà éclatante, et qui est un bon film d'aventures. Sa carrière muette s'achevait, comme elle avait commencé, par un film français, L'Équipage (1928) d'après le célèbre roman de Kessel, grand succès que vint un peu troubler le rappel, par certains journaux, de la conduite de Tourneur pendant la guerre.
Sa carrière parlante n'eut pas le même éclat que la précédente. Metteur en scène à l'année chez Pathé-Natan, il y fit un peu de tout d'Accusée, levez-vous! (1930) aux Deux Orphelines (1933). On peut citer ensuite Justin de Marseille (1935), Koenigsmark (1936) repris après la mort de Léonce Perret, Katia (1938) et Volpone (1940). Pendant l'Occupation, il fut le réalisateur-champion de la Continental allemande, avec cinq films, dont Mam'zelle Bonaparte (1941) et La Main du diable (1942), son chef-d'œuvre parlant, sur un excellent scénario de J.-P. Le Chanois, et un des meilleurs rôles de Pierre Fresnay.
Sa carrière s'arrêta en 1948, après deux ultimes films de l'après-guerre, sans éclat. Victime d'un accident en 1949, il fut amputé d'une jambe et survécut jusqu'en 1961 soigné par Louise Lagrange, ancienne vedette du muet. Les dernières années, il s'occupait en traduisant des romans policiers américains pour la « Série noire », dernier avatar de la double carrière bien remplie d'un cinéaste franco-américain injustement oublié.

Il est le père de Jacques Tourneur.

FILMOGRAPHIE

1912 LE FRIQUET; JEAN LA POUDRE; LE SYSTEME DU DOCTEUR GOUDRON ET DU PROFES-SEUR PLUME; FIGURES DE CIRE. 1913 LE DER­NIER PARDON; LE PUITS MITOYEN; LE CAMEE; SŒURETTE; LE CORSO ROUGE; MLLE 100 MIL­LIONS; LES GAFTES DE L'ESCADRON; LA DAME DE MONSOREAU. 1914 M. LECOQ; LE MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE; LA DERNIERE INCARNATION DE LARSAN. TOUS LES FILMS SUIVANTS SONT AMERICAINS SAUF INDICATION CONTRAIRE : MOTHER (MAMAN) ; THE MAN OF THE HOUR (LA TREI­ZIEME HEURE); THE WISHING RING (FILLE DE PIRATES); 777E PIT (LE SPECULATEUR). 1915 ALIAS JIMMY VALENTINE (JIMMY LE MYSTÉ­RIEUX) ; THE CUB; TRILBY; THE IVORY SNUFF BOX ( LE CODE SECRET) ; 777E BUTTERFLY ON THE WHEEL (INSOUCIANCE); HUMAN DRIFTWOOD (DÉTRESSE HUMAINE) ; THE PAWN OF FATE (LA FOLLE CHIMÈRE). 1916 THE HAND OF PERIL; THE CLOSED ROAD; THE RAIL RAIDER; THE VELVET PAW (L'AMÉRIQUE CHAMPION DU DROIT); A GIRL'S FOLLY; THE WHIP (LA CASA­QUE VERTE). 1917 THE UNDYING FLAME (LA FLAMME ÉTERNELLE); EXILE (L'EXILÉE); 777E IAW OF THE LAND; THE PRIDE OF THE CLAN (FILLE D'ECOSSE); THE POOR LITTLE RICH GIRL (PAUVRE PETITE RICHE); BARBARY SHEEP (LA DÉLAISSÉE) ; 77?E RISE OF JENNY CUSHING (LES ÉTAPES DU BONHEUR). 1918 ROSE OF THE WORLD (LES YEUX MORTS); A DOLL'S HOUSE (MAISON DE POUPÉE); 777E BLUE BIRD (L'OISEAU BLEU); PRUNELLA; WOMAN (L'ÉTER­NELLE TENTATRICE/LES FÉES DE LA MER). 1919 SPORTING LIFE (LADY LOVE) ; MY LADY'S GAR­TER; THE WHITE HEATHER (LA BRUYÈRE BLAN­CHE); 777E LIFE LINE (LA LIGNE DE VIE); VIC­TORY (UNE VICTOIRE); THE BROKEN BUTTERFLY (LE PAPILLON BRISÉ). 1920 777E COUNTY FAIR; THE GREAT REDEEMAR (UN LACHE); WHILE PARIS SLEEPS (DANS LA VILLE ENDORMIE) ; TREA­SURE ISLAND (L'ILE AU TRESOR) ; THE WHITE CIR­CLE (LE CERCLE BLANC); DEEP WATERS (AU FOND DE L'OCEAN). 1921 THE BAIT (LA FANGE) ; 777E LAST OF THE MOHICANS (LE DER­NIER DES MOHICANS) ; THE FOOLISH MATRONS. 1922 LORNA DOONE. 1923 THE CHRISTIAN (CALVAIRE D'APÔTRE); THE ISLE OF THE LOST SHIPS (L'ILE DES NAVIRES PERDUS) ; THE BRASS BOTTLE; JEALOUS HUSBANDS (LES DEUX GOS­SES). 1924 TORMENT; THE WHITE MOTH (LA PHALÈNE BLANCHE). 1925 NEVER THE TWAIN SHALL MEET (LA FRONTIÈRE HUMAINE); SPOR­TING LIFE; CLOTHES MAKES THE PIRATE (LE CORSAIRE AUX JAMBES MOLLES). 1926 ALOMA OF THE SOUTH SEAS (ALOMA) ; THE MYSTE­RIOUS ISLAND (INACHEVÉ). 1927 DAS SCHIFF DER VERLORENE MENSCHEN (LE NAVIRE DES HOMMES PERDUS, AIL). LES FILMS SUIVANTS SONT FRANÇAIS : 1928 L'ÉQUIPAGE. 1930 ACCUSEE, LEVEZ-VOUS!. 1931 MAISON DE DANSES; PARTIR. 1932 AU NOM DE LA LOI; LES GAITES DE L'ESCADRON; LIDOIRE (CM.). 1933 LES DEUX ORPHELINES; OBSESSION (CM.). 1934 LE VOLEUR. 1935 JUSTIN DE MARSEILLE. 1936 KOENIGSMARK; SAMSON; AVEC LE SOU­RIRE. 1938 LE PATRIOTE; KATIA. 1939 VOLPONE. 1941 PECHE DE JEUNESSE; MAM'ZELLE BONA­PARTE. 1942 LA MAIN DU DIABLE. 1943 LE VAL D'ENFER; CECILE EST MORTE. 1947 APRES L'AMOUR. 1948 IMPASSE DES DEUX-ANGES

MAURICE TOURNEUR

MAURICE TOURNEUR

Tag(s) : #REALISATEUR

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