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JEAN GABIN

Fils d’un meneur de revues, qui se produisait sous le pseudonyme de « Gabin », et d’une chanteuse de cafés-concerts, Jean Alexis Moncorgé,né à Paris, le 17 mai 1904, passera le plus clair de sa prime enfance à la campagne, dans une maison proche du chemin de fer que ses parents possédaient à Mériel, dans l’Oise. De cette existence provinciale, il gardera le goût de la terre et l’ambition de devenir chauffeur de locomotive. Une aspiration qu’il se contentera d’approcher dans le film de Jean Renoir, « La bête humaine ». 1914 et la guerre ramènent les Moncorgé à Paris, où Jean poursuit médiocrement sa scolarité. Renvoyé du lycée en 1918, il entame sa vie professionnelle à l’âge de 15 ans. Cimentier, manoeuvre dans une fonderie, magasinier: une kyrielle de boulots sans gloire avant que son père, en 1922, n’use deses relations pour le faire entrer, comme figurant, aux Folies-Bergère. Sans enthousiasme .
Mais, de revue en opérette, le jeune Gabin va prendre goût à la scène. A l’époque, il vit avec Gaby Basset, une
comédienne qu’il épousera (1925-30) après son service militaire dans la marine.
Rendu à la vie civile, il est doublure aux Bouffes Parisiens, interprète, aux côtés de son père, dans l’opérette
« Trois jeunes filles nues », avant de s’essayer au tour de chant fantaisiste et d’intégrer une tournée en partance pour l’Amérique du Sud. En 1928, il est remarqué par Mistinguett, qui le fait engager comme « boy » au Moulin-
Rouge. Vient enfin sa première expérience théâtrale, avec son père encore, dans « Arsène Lupin banquier ». Mais ,en 1930, l’avènement du cinéma parlant crée une demande d’acteurs capables de chanter et danser. Et c’est « Chacun sa chance » avec Gabv Basset; Il ne peut imaginer alors qu’il ne remontera plus sur une scène avant 1949.
Ses premiers rôles au cinéma sont le prolongement naturel de ses années de music-hall : la chanson et la comédie naïve, qui ne laissent rien deviner des personnages d’ouvriers révoltés et d’aventuriers maudits qu’il campera bientôt, dans les films de Duvivier et de Renoir,

L’année 1935 marque le registre dramatique et les personnages de héros de faits divers, d’amants maudits et de prolos révoltés, qui culmineront avec « Pépé le Moko » et « Quai des Brumes ». Nourri de ses années d’immersion dans le Paris populaire des caf’conc’, il devient l’interprète idéal d’un genre, le réalisme poétique, qui trouvera sa plus belle illustration dans le cinéma de Carné et Prévert (« Le jour se lève »). Si l’on s’accorde à considérer « La grande illusion » comme en marge de ce courant, le film de Renoir confronte néanmoins un Gabin ouvrier au club aristocratique et solidaire des Fresnay et Stroheim. A l’époque, il a déjà divorcé de sa deuxième épouse, Jeanne Mouchine (1933-39), une ancienne girl des Folies-Bergère.

La guerre vient interrompre la carrière de Gabin. Mobilisé dans la marine, il obtient une permission pour terminer « Remorques », avant de s’exiler aux Etats-Unis, où il tourne deux films négligeables. Engagé, en 1943, dans les Forces Françaises Libres, il rentre au pays sur un char de la 2° D.B., avec Marlene Dietrich, qu’il appelle « La Prussienne », à son bras. Une passion amoureuse née à Hollywood, cinq ans plus tôt, mais qui ne résistera pas à l’échec de « Martin Roumagnac »(1946).

A l’époque,Jean Gabin est dans le creux de la vague. Il a pris de la bouteille. Il galérera ainsi pendant sept ans, source,pour ce pragmatique, d’une angoisse diffuse, dont il ne se départira jamais   plus. C’est l’époque où il achète de la terre, tant par peur de se voir un jour éjecté des plateaux, que pour assurer le bien-être de la famille qu’il vient de fonder (1949) avec le mannequin Christiane Fournier, mère de ses trois enfants.

C’est Jacques Becker qui orchestre son retour sur le devant de la scène avec « Touchez pas au grisbi »(1953). Dans la peau de Max le menteur, il y renoue avec les mauvais garçons de ses débuts, mais avec l’autorité et la tranquille assurance désormais de l’homme mûr. Le héros guetté par la fatalité s’est mué en un bourgeois rassurant et râleur, gardien de l’ordre et de la morale, même quand il lui arrive d’incarner les truands. Le Français  moyen se prend à rêver de sa puissance de persuasion quand il tance les voyous ou mouche les gommeux, tandis que les femmes fantasment sur son pouvoir .



Gabin est devenu un bourge, mais de ceux qui se mouillent pour la défense de l’ordre établi et la protection de la veuve et de l’orphelin. Peu ou prou, c’est le même genre d’individualité rude et sermonneuse, que l’on retrouvera dans la plupart de ses interprétarions ultérieures,sous des casquettes aussi différentes que le Maigret de « L’affaire Saint_Fiacre » et le Peintre fort en gueule de « La traversée de Paris», que l’avocat visité par le démon de midi d’ En cas de malheur  et le faux monnayeur du « Cave se rebiffe ». Avec la promesse de savoureux dialogues taillés sur mesure par Michel Audiard et Pascal Jardin.


Loin d’être rassuré par l’adulation dont il est l’objet, Jean Gabin se retire sur ses terres dès son contrat honoré, et chaque fin de tournage lui voit renouveler sa promesse d’abandonner les plateaux. Comme jamais, il tient le cinéma pour un métier de « mabouls », et le travail de la ferme comme « du solide ».
«Je ne calcule pas en francs », disait_il,« mais en vaches. “Maigret”, c’est tant de vaches. “Le Président”, un champ de fourrages, “Le cave se rebiffe”, une trayeuse électrique... » Il n’empêche, est-ce le paysan qui avait fini par investir le comédien, ou le comédien qui avait subtilement imprégué l’homme?
C’est inopinément qu’il nous quitte le 15 novembre 1976, peu de après la fin du tournage du délicieux
film de Jean Girault, « L’année sainte ». Il avait émis le désir que ses cendres soient, dispersées en mer.
Et ainsi en fut-il, quatre jours après ses funérailles, au large de Brest.

HENRI DEBAIN...MEPHISTO 1930
HANS STEINHOFF...CHACUN SA CHANCE 1930
AUGUSTO GENINA ... PARIS BEGUIN 1931
JACQUES TOURNEUR ... TOUT CA NE VAUT PAS L'AMOUR 1931
ANATOLE LITVAK... COEUR DE LILAS 1931
JEAN GODARD... POUR UN SOIR 1931
HANS SCHWARTZ... COEURS JOYEUX 1931
JEAN DAUMERY ... LA FOULE HURLE 1932
MAURICE TOURNEUR ... LES GAITES DE L'ESCADRON 1932
HARRY LACHMANN... LA BELLE MARINIERE 1932
HANS BEHRENDT ... GLORIA 1932
HOWARD HAWKS
...LA FOULE HURLE 1932
GEORG WILHELM PABST.. DU HAUT EN BAS 1933
KURT BERNHARDT ... LE TUNNEL 1933
SERGE DE POLIGNY ... L'ETOILE DE VALENCIA 1933
JOHANNES MEYER... ADIEU LES BEAUX JOURS 1933
MARC ALLEGRET...ZOUZOU 1934
JULIEN DUVIVIER... MARIA CHAPDELAINE 1934
JULIEN DUVIVIER.. GOLGOTHA 1934
JULIEN DUVIVIER... LA BANDERA 1934
NICOLAS FARKAS ...VARIETES 1934
JULIEN DUVIVIER ... PEPE LE MOKO 1936


JULIEN DUVIVIER... LA BELLE EQUIPE 1936
JEAN RENOIR ... LES BAS FONDS 1936
RAYMOND ROULEAU ... LE MESSAGER 1937
JEAN RENOIR... LA GRANDE ILLUSION 1937


JEAN GREMILLON ... GUEULE D'AMOUR 1937
MARCEL CARNE ... QUAI DES BRUMES 1938

JEAN RENOIR ... LA BETE HUMAINE 1938

 

MAURICE GLEIZE... LE RECIF DE CORAIL 1939
MARCEL CARNE... LE JOUR SE LEVE 1939

 

JEAN GREMILLON ...REMORQUES 1939
RALPH STAUB...SCREEN SNAPSHOTS SERIE 19 1940
ARCHIE MAYO ...LA PENICHE DE L'AMOUR 1942

JULIEN DUVIVIER... L'IMPOSTEUR 1943
GEORGES LACOMBE ...MARTIN ROUMAGNAC 1946
RAYMOND LAMY ...MIROIR 1947
RENE CLEMENT...AU DELA DES GRILLES 1948
MARCEL CARNE...LA MARIE DU PORT 1949

 


LUIGI ZAMPA...POUR L'AMOUR DU CIEL 1950
CLAUDE HEYMANN... VICTOR 1951
GEORGES LACOMBE ... LA NUIT EST MON ROYAUME 1951
MAX OPHULS... LE PLAISIR 1951
HENRI DECOIN ... LA VERITE SUR BEBE DONGE 1951

 

JEAN DELANNOY ...LA MINUTE DE VERITE 1952
GUIDO BRIGNONE...FILLE DANGEREUSE 1952
GEORGES LACOMBE ...LEUR DERNIERE NUIT 1953
GILLES GRANGIER...LA VIERGE DU RHIN 1953
JACQUES BECKER ...TOUCHEZ PAS AU GRISBI 1953


EDMOND T GREVILLE ... LE PORT DU DESIR 1954
JEAN RENOIR...FRENCH CANCAN 1954


HENRI DECOIN ...RAZZIA SUR LA CHNOUF 1954
SACHA GUITRY...NAPOLEON 1954

MARCEL CARNE ... L'AIR DE PARIS 1954
JEAN DELANNOY...CHIENS PERDUS SANS COLLIER 1955
GILLES GRANGIER ...GAS OIL 1955
HENRI VERNEUIL...DES GENS SANS IMPORTANCE 1955
JULIEN DUVIVIER...VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS 1955


GILLES GRANGIER...LE SANG A LA TETE 1955
CLAUDE AUTANT LARA ... LE TRAVERSEE DE PARIS 1955


GEORGES LAMPIN ...CRIME ET CHATIMENTS 1955
JEAN PAUL LE CHANOIS... LE CAS DU DOCTEUR LAURENT 1956
GILLES GRANGIER...LE DESORDRE ET LA NUIT 1957
JEAN PAUL LE CHANOIS... LES MISERABLES 1957
GILLES GRANGIER... LE ROUGE EST MIS 1957

JEAN DELANNOY...MAIGRET TEND UN PIEGE 1957


CLAUDE AUTANT LARA ...EN CAS DE MALHEUR 1958
DENYS DE LA PATELLIERE ...LES GRANDES FAMILLES 1958
GILLES GRANGIER ...ARCHIMEDE LE CLOCHARD 1958

 

JEAN DELANNOY...MAIGRET ET L'AFFAIRE ST FIACRE 1959
DENYS DE LA PATELLIERE...RUE DES PRAIRIES 1959


JEAN DELANNOY...LE BARON DE L'ECLUSE 1960


GILLES GRANGIER ....LES VIEUX DE LA VIEILLE 1960
HENRI VERNEUIL ...LE PRESIDENT 1961
GILLES GRANGIER ...LE CAVE SE REBIFFE 1961


GILLES GRANGIER...LE GENTLEMAN D'EPSOM 1962
HENRI VERNEUIL...UN SINGE EN HIVER 1962
HENRI VERNEUIL ...MELODIE EN SOUS SOL 1963
GILLES GRANGIER ... MAIGRET VOIT ROUGE 1963


JEAN PAUL LE CHANOIS ... MONSIEUR 1964
GILLES GRANGIER ... L'AGE INGRAT 1964
DENYS DE LA PATELLIERE...LE TONNERRE DE DIEU 1965
DENYS DE LA PATELLIERE... DU RIFIFI A PANAME 1965
JEAN PAUL LE CHANOIS ... LE JARDINIER D'ARGENTEUIL 1965
GEORGES LAUTNER...LE PACHA 1967

JEAN DELANNOY ...LE SOLEIL DES VOYOUS 1967
DENYS DE LA PATELLIERE ...LE TATOUE 1968


HENRI VERNEUIL... LE CLAN DES SICILIENS 1969


GILLES GRANGIERGRANGIER ... SOUS LE SIGNE DU TAUREAU 1969
PIERRE GRANIER DEFERRE...LA HORSE 1970

 PIERRE GRANIER DEFERRE... LE CHAT 1970
MICHEL AUDIARD...LE DRAPEAU NOIR FLOTTE SUR LA MARMITE 1971
DENYS DE LA PATELLIERE...LE TUEUR 1972
CLAUDE BERNARD AUBERT ... L'AFFAIRE DOMINICI 1973
JOSE GIOVANNI ...DEUX HOMMES DANS LA VILLE 1973


ANDRE CAYATTE ... VERDICT 1974
JEAN GIRAULT... L'ANNEE SAINTE 1976

 

 

texte d'après téléciné revue

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