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Glenda Jackson est une actrice hors norme à l'époque où elle faisait ses débuts, époque marquée par la morale victorienne  : on se souvient de son étreinte avec Oliver Reed dans « Love », ou de l'audace de son trio amoureux avec Peter Finch et Murray Head dans « Un dimanche comme les autres » , scènes sensuelles  et charnelles d'un cinéma. Femme intelligence, elle n'était pas un canon de beauté  mais a su prendre sa place  à une époque qui traquait davantage le renouveau des idées que la perfection physique.

Elle avait l' intelligence du métier d'acteur, une absence de barrières, et une naturelle aisance avec son corps comme avec sa sexualité .

Elle obtiendra  deux Oscars en moins de trois ans  avec souvent des personnages durs, autoritaires et insoumiss, telle Elisabeth l.

Cadette de quatre filles, elle est née dans un milieu ouvrier pauvre de la Merseyside, le bassin industriel de Liverpool, le 9 mai 1936. A 16 ans, elle quitte l'école pour entrer comme vendeuse dans un magasin de la chaîne Boots. « Je ne nourrissais aucune ambition artistique », dira-t-elle de cette période. « Mais je savais qu'il devait y avoir plus exaltant qu'être commis dans une droguerie. » Par ennui, mais aussi par curiosité esthétique, elle se glisse dans une troupe de théâtre amateur et, surprise, y éprouve ses premiers bonheurs. Elle va  postuler pour la Royal Academy of Dramatic Arts de Londres et réussit à s'y faire admettre. L'après-RADA sera moins flamboyant. Sans offre, sans communauté artistique pour mettre en pratique l'enseignement dispensé, elle se perd dans l'hôtellerie et d'autres occupations alimentaires.  Délaissant Londres, elle tâte de la scène provinciale. C'est à Crewe, dans sa Merseyside natale, qu'elle tombe sur Roy Hodges, de dix ans son aîné et aspirant acteur comme elle. Ils se marieront en 1958. Pendant quelques années encore, c'est Hodges qui pourvoira aux frais du loyer.
1963 est l'année décisive. Elle entre à la Royal Shakespeare Company et tient simultanément un rôle modeste dans un premier film appelé à devenir l'un des manifestes de la Nouvelle Vague anglaise : « Le prix d'un homme ». L'écho de sa toute fraîche renommée ne devait pourtant s'amplifier que l'année suivante, avec son incarnation imprégnée de fureur de l'exaltée Charlotte Corday, dans le « Marat-Sade » de Peter Weiss. Elle a été nominée pour un Tony Award en tant que Meilleure actrice dans un second rôle ou en vedette (dramatique).

Peter Brooks le dirige, comme il mettra en scène la version cinématographique. Brooks, qui a inventé le concept de « Théâtre of cruelty », pour sortir le spectateur de sa torpeur en privilégiant le son et le mouvement au détriment du verbe. Sollicitée physiquement, vocalement, mentalement et nerveusement par ce metteur en scène révolutionnaire, Glenda Jackson sera on ne peut mieux préparée pour affronter les délires cinématographiques de Ken Russell. Leur première collaboration lui vaudra d'emblée une réputation sulfureuse. Adaptation d'un roman de D.H. Lawrence condamné par les autorités morales, « Women in love » brasse en effet tous les thèmes embarrassants de l'époque : l'homosexualité, le multi-partenariat, et le fétichisme. La nudité de Glenda Jackson y fera d'autant plus impression, qu'elle est, à l'époque, enceinte de son fils Daniel. Mais, en cette période de mise à mort des derniers tabous sexuels, l'onde de choc suscitée par « Women in love » est salutaire, et elle obtiendra un Oscar.

Un autre rôle controversé s'ensuit dans celui de l'épouse nymphomane de  Tchaikovsky (Richard Chamberlain )  dans The Music Lovers (1970, Ken Russell). Les deux rôles ont ajouté à son image d'être une actrice prête à faire presque tout pour son art. Elle a de nouveau travaillé avec Russell sur la comédie musicale The Boy Friend (1971, Ken Russell).

« Women in love » a donc  amorcé, pour Glenda Jackson, un répertoire où dominent les femmes autoritaires, indépendantes et sexuellement affranchies, pente naturelle inspirée par sa propre et puissante personnalité. On songe à Elisabeth lre, qu'elle incarnera à deux reprises, à la flamboyante Sarah Bernhardt, à l'irascible Martha de « Qui a peur de Virginia Woolf ? «, à l'insatiable Phèdre, aux comédies américaines où elle tient la dragée haute à George Segal et à Walter Matthau, mais, en priorité, à l'insolent « Un dimanche comme les autres », chronique subtile et en parfaite adéquation avec son temps, où elle partage les faveurs d'un jeune amant avec un homosexuel quinquagénaire incarné par Peter Finch.

Au début des années 1970, Glenda Jackson était très demandée. Dans Sunday Bloody Sunday (1971, John Schlesinger), elle incarne une femme d'affaires divorcée dans une impasse avec un artiste bisexuel (Murray Head). Le film s'est avéré être un autre succès majeur. Elle a remporté le BAFTA Award de la meilleure actrice dans un rôle principal et a de nouveau été nominée pour le Academy Award.

Elle a confirmé sa réputation controversée en se rasant la tête afin de jouer le rôle de la reine Elizabeth I d'Angleterre dans la série à succès de la BBC, Elizabeth R (1971). Glenda  a reçu deux Emmy Awards pour son travail. Elle a également décrit la reine Elizabeth dans le film Mary, Queen of Scots (1971, Charles Jarrott) aux côtés de Vanessa Redgrave. Pour ce rôle, elle a remporté David di Donatello pour la meilleure actrice.

Elle est apparue dans la série humoristique Morecambe and Wise Show (1971), interprétant Cléopâtre dans un sketch très amusant.

 Le cinéaste américain Melvin Frank a vu le potentiel comique de Glenda Jackson et lui a offert le rôle principal féminin dans A Touch of Class (1973, Melvin Frank), co-vedette George Segal. Sa performance amusante lui a valu un deuxième Oscar aux prix de la meilleure actrice, ainsi qu'un Golden Globe.

Hollywood ne pouvait donc demeurer plus longtemps indifférent à l'écho de sa réputation. Mais une féminité étrangère au goût du public américain et son aversion pour la sophistication y entraveront son ascension.

Au cours des années suivantes, elle a notamment interprété Solange dans The Maids (1974, Christopher Miles) avec Susannah York, Hedda Gabler dans Hedda (1975, Trevor Dunn) et Sarah Bernhardt dans The Incredible Sarah (1976, Richard Fleischer)
A l'aube des années 1980, sa carrière marque le pas. Son talent et son envie d'en découdre sont intacts, mais elle est entrée dans cet âge ingrat où l'inspiration des auteurs, tant au théâtre qu'au cinéma, a du mal à imaginer des rôles pour les femmes.

Glenda Jackson a ainsi souvent travaillé pour la télévision. Elle a dépeint l'actrice Patricia Neal dans The Patricia Neal Story (1981, Anthony Harvey, Anthony Page) avec Dirk Bogarde; elle sera  Yelena Bonner dans Sakharov (1984, Jack Gold) avec Jason Robards , le  scientifique et dissident Andrei Sakharov. Elle a de nouveau été nominée pour un Emmy Award, mais les deux fois, elle n'a pas gagné. Elle a été l'une des stars invitées du Muppet Show : elle interpréterait  une capitaine de pirate qui détournera le théâtre des Muppets comme son navire.Elle continua à faire des films intéressants, notamment Le Retour du soldat (1982, Alan Bridges) avec Julie Christie et Turtle Diary (1985, John Irvin), mais tous deux eurent un succès modeste. En 1989, elle est apparue dans The Rainbow de Ken Russell, interprétant Anna Brangwen.

Mais voila,  comme elle ne se voit pas attendre le moment encore lointain de jouer les matrones de Shakespeare, elle va réorienter ses forces vives vers un domaine où elle n'avait cessé d'être discrètement active : la politique. L'aiguillon est une déclaration incendiaire de Margaret Thatcher, alors Premier ministre, niant la nécessité de ce que la gauche appelle « le dialogue social ». Son sang de travailliste ne fait qu'un tour et précipite la mise en léthargie, dès 1992, de ses activités artistiques, contre un siège à Westminster. Elle sera Ministre régional des Transports londoniens de 1997 à 1999.

Glenda Jackson a été mariée à l'ancien acteur de théâtre Roy Hodges de 1958 à leur divorce en 1976. Ils ont un fils, Daniel Hodges (1969)

LINDSAY ANDERSON...LE PRIX D'UN HOMME...THIS SPORTING LIFE...1962
PETER BROOK...MARAT SADE......1966


PETER WHITEHEAD...AU BENEFICE DU DOUTE...BENEFIT OF THE DOUBT...1967
PETER BROOK...TELL ME LIES......1967
PETER MEDAK...NEGATIVES......1968
KEN RUSSELL...LOVE...WOMEN IN LOVE...1969
KEN RUSSELL...LA SYMPHONIE PATHETIQUE......1969
JOHN SCHLESINGER...UN DIMANCHE COMME LES AUTRES...SUNDAY BLOODY SUNDAY...1971


CHARLES JARROTT...MARIE STUART REINE D'ECOSSE...MARY QUEEN OF SCOTS...1971
KEN RUSSELL...THE BOY FRIEND......1971
MICHAEL APTED...TRIPLE ECHO...THE TRIPLE ECHO...1972
MELVIN FRANK...UNE MAITRESSE DANS LES BRAS...UNE FEMME DANS LE DOS...A TOUCH OF GLASS.....1972

UNE MAITRESSE DANS LES BRAS
UNE MAITRESSE DANS LES BRAS


JAMES CELLAN JONES...L'AFFAIRE NELSON...A BEQUEST TO THE NATION...1972

L'AFFAIRE NELSON...A BEQUEST TO THE NATION
L'AFFAIRE NELSON...A BEQUEST TO THE NATION


DAMIANO DAMIANI...IL SORRISO DEL GRANDE TENTATORE......1973
CHRISTOPHER MILES...LES BONNES...THE MAIDS...1974
JOESPH LOSEY...UNE ANGLAISE ROMANTIQUE...THE ROMANTIC ENGLISHWOMAN...1974


TREVOR NUNN...HEDDA......1975
RICHARD FLEISCHER...INCROYABLE SARAH...THE INCREDIBLE SARAH...1976


HOWARD ZIEFF...HOUSE CALLS......1977
ROBERT ENDERS...STEVIE......1978
SILVIO NARIZZANO...THE CLASS OF MISS MACMICHAEL......1978
MELVIN FRANK...L'AMOUR SUR BEQUILLES...LOST AND FOUND...1978
ROBERT ALTMAN...JEUX D'ESPIONS...HOPSCOTCH...1980
ALAN BRIDGES...LE RETOUR DU SOLDAT...THE RETURN OF THE SOLDIER...1981


KARL FRANCIS...GIRO CITY......1981
JOHN IRVIN...TURTLE DIARY......1985
LEZLI ANN BARETT...BUSINESS AS USUAL......1986
ROBERT ALTMAN...BEYOND THERAPY......1987
KEN RUSSELL...THE RAINBOW......1988
PETER DUFELL...KING OF THE WIND......1989
COLIN FINBOW...DOOMBEACH......1989

 

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GLENDA JACKSON
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