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YVES ROBERT est né à SAUMUR le 19/05/1920. il est décédé le 10 mai 2002.
Yves était issu d'un milieu modeste . De sa prime enfance au contact de la nature et baignée de la douceur angevine, il gardera un souvenir émerveillé, dont il imprégnera ses films et restituera l'esprit dans sa propriété champêtre de la Guéville, en forêt de Rambouillet. « La nature me paraissait plus miraculeuse que les miracles, et croyais plus en mon jardin qu'en Dieu ».

 

A 13 ans, il se hâte de passer son certificat d'études et entre comme ouvrier typographe dans une imprimerie parisienne. Il y restera sept ans. "On n'y mettait en pages le Kama-sutra », raconte-dans son autobiographie,  C'est ainsi que j'ai fait mon éducation sexuelle. » Sexuelle mais aussi politique, à la grande époque du socialisme triomphant et de la culture  ouvrière dans le sillage du Front populaire et des premiers congés payés. Le cœur résolument à gauche, il découvre l'art dramatique à travers l'engagement social. A l'époque, il est animateur dans le mouvement des Auberges de jeunesse, dont il deviendra, en 1942, le responsable pour  la zone libre. C'est Jean-Pierre Grenier et Olivier Hussenot qui lui communiquent le goût du mime et l'intègrent à leur troupe théâtrale, avec laquelle ils conquièrent Paris, la Libération venue.

Alors qu'il joue « Liliom », il tombe amoureux de sa partenaire, Rosy Varte. (  ils vécurent six années d'une grande passion. « Avec elle, j'ai découvert la sensualité », avoua-t-il dans son autobiographie, « Un homme de joie », parue chez Flammarion ). Ils vivront plusieurs années ensemble, dans le Saint-Germain-des-Prés existentialiste de l'après-guerre, où il monte des spectacles de cabaret à « La rose rouge ». Sophie Desmarets l'y remarque et presse le dramaturge Armand Salacrou de l'intégrer à sa prochaine pièce, « Une femme est libre ». Remarquable prémonition, puisque sa prestation vaudra à l'élu de remporter, en 1949, le prix du jeune comédien. De ces années de vaches maigres à courir le cacheton, Yves Robert devait se souvenir, vingt-cinq ans plus tard, dans « Salut l'artiste ».
Artiste protéiforme mais créateur avant tout, il devient producteur en 1961, pour réaliser ses films et ceux des autres en toute liberté (« Pour avoir un outil de travail, comme un menuisier un rabot. »). Une démarche encouragée par sa femme, Danièle Delorme, épousée en 1956, et qu'il concrétise par la fondation de la société La Guéville, inspirée par le refus de la profession de miser sur un roman populaire de Louis Pergaud. Demeuré neuf mois sur les étagères à l'état de projet, « La guerre des boutons » (« Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu... ») connaîtra un triomphe mondial et permettra à une France encore semi-urbanisée de s'émouvoir une dernière fois aux plaisirs simples d'une ruralité rousseauiste en voie de disparition. Et à Yves Robert, de revivre son enfance (« Mon enfance m'a tout offert, tout appris, alors que la vie d'adulte m'a désappris. »). Mais de « La guerre des boutons » à « Un éléphant... », l'artiste ne fera que passer des petits aux grands enfants. Que l'on songe aux « Copains », que l'étroite amitié préserve de l'entrée dans l'âge adulte, ou à « Alexandre le bienheureux », dont la paresse cultivée est une aspiration à l'innocence des premières années de la vie .

Epicurien, rêveur généreux, éternel gamin, Yves Robert doit aussi sa magnifique réussite au choix d'écrivains dont il partageait la philosophie (Jules Romains et « Les copains », Marcel Aymé et « Clérambard »), autant qu'à la confiance qu'il accordait aux personnes, bien plus qu'aux projets, et qui lui avait permis de produire les films de cinéastes aussi différents de lui que Jacques Doillon et Jean-Luc Godard.

 

Egalement à la charge d'émotion dont il lestait ses chroniques cocasses, jamais féroces, et que traduisait le retour récurrent d'acteurs visiblement heureux de se retrouver ensemble à l'affiche de l'un de ses longs métrages. Il est d'ailleurs paradoxal que Claude Sautet ait été l'un de ses amis les plus intimes, dans la mesure où l'un troussait de souriantes satires sur les déboires sentimentalo-professionnels des quadras, alors que l'autre, sur un thème identique, se focalisait davantage sur la crise de la mi-vie dans ses aspects les plus sombres et les plus désespérés.

 

« Les lumières de la ville » était son film préféré. J'éclatais chaque fois en sanglots, à tel point que je n'osais plus aller le voir au cinéma. Quand, à la fin, Chaplin est reconnu par l'aveugle, c'est la plus belle scène d'amour jamais filmée. »


De toutes les récompenses qu'on lui avait accordées, celle dont il était le plus fier, c'était le Mérite agricole. « Le jour où, chez moi, en présence de tous les membres de ma famille, un représentant du ministère m'a décoré de l'Ordre du poireau, j'ai essuyé une larme », reconnaissait-il. En vérité, Yves Robert, tout comme Alexandre le bienheureux, était un paresseux qui s'obligeait, préférant, de beaucoup, un plant de tomates à un plan cinématographique, et qui avait toujours résisté à l'envie d'abandonner plateaux et planches pour cultiver son jardin. Lorsque Jean-Loup Dabadie l'avait vu, en juillet 2000, appuyé sur une canne, à l'enterrement de son ami Sautet, il lui avait paru déjà très malade. Un an plus tôt, la mort de Xavier Gélin, le fils de Danièle Delorme et de Daniel Gélin, qu'il considérait comme le sien, l'avait mis sur le flanc. Quant à celle de son pote Jean Carmet, en 1993, elle l'avait touché comme celle d'un frère. C'est une hémorragie cérébrale qui devait finalement l'emporter, le  10 mai 2002. « Je ne crois ni au paradis ni à l'enfer », avait-il confié. « Je pense plutôt que nous sommes comme des arbres : quand le jour est arrivé, on tombe.  Il reste des graines, qui vont ).

REALISATIONS

LES HOMMES NE PENSENT QU'A CA 1953
NI VU NI CONNU 1958

SIGNE ARSENE LUPIN 1959
LA FAMILLE FENOUILLARD 1960
LA GUERRE DES BOUTONS 1961

BEBERT ET L'OMNIBUS 1963
LES COPAINS 1964

MONNAIE DE SINGE 1965
ALEXANDRE LE BIENHEUREUX 1967

CLERAMBARD 1969
UN GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE 1972


SALUT L'ARTISTE 1973
LE RETOUR DU GRAND BLOND 1974
NOUS IRONS TOUS AU PARADIS 1977
COURAGE FUYONS 1979

LE JUMEAU 1984
LA GLOIRE DE MON PERE 1990


LE CHÂTEAU DE MA MERE 1990
LE BAL DES CASSE PIEDS 1991
MONTPARNASSE PONDICHERY 1993

Yves Robert a joué dans les films d'autres réalisateurs :

Rene Lucot ... Les dieux du dimanche...1948
Henri Decoin...Trois télégrammes...1950
Maurice Labro... Le temps du capiston...1950
Marcel Blistene...Bibi Fricotin...1950
Marcel Pagliero... La rose rouge...1950
Marcel Carne...Juliette ou la clé des songes..1950
Jean Anouilh... Deux sous de violettes...1951
Georges Lampin...Suivez cet homme...1952
Carlo Rim...Virgile...1953
Marc Allegret...Futures vedettes...1955
Alexandre Astruc...Les mauvaises rencontres...1955
René Clair...Les grandes manoeuvres...1955
Carlo Rim..Les truands...1956
Jean Boyer...La terreur des dames...1956
Henri Decoin...Folies-Bergère...1956
Andre Hunnebelle...Les femmes sont marrantes...1957
Carlo Rim...Le petit prof...1958

Jean Boyer...Nina...1958
Claude Autant Lara...La jument verte...1959
Rene Clair...La française et l'amour...1960
Edouard Molinaro...La mort de Belle...1960
Robert Lamoureux...La brune que voila...1960
Agnes varda...Cleo de 5 à 7...1961
Jean Lhote...La communale...1965

Serge Korber...Un idiot à Paris...1967
Guy Blanc...Le mois le plus beau...1968
Claude Berri...Le pistonné...1969
Claude Berri...Le cinéma de papa...1970
Claude Lelouch...Le voyou...1970
Michel Audiard...Le cri du cormoran le soir au dessus des jonques...1970
Pierre Richard...Le distrait...1970
Pierre Tchierna...Le viager...1971
Gerard Calderon...La grande Paulette...1971
Philippe De Broca...Chère Louise...1971
Claude Lelouch...L'aventure c'est l'aventure ...1971
Pierre Richard...Les malheurs d'Alfred...1971
Guy Gilles...Absences répétées...1972
Francois Reichenbach...La raison du plus fou...1972
Jacques Fansten...Le petit Marcel...1975
Costa Gravas...Section Spéciale...1975

Bertrand Tavernier...Le juge et l'assassin...1975
Robert Ponsard Besson...Le rose te le blanc...1978
Joel Santoni...Ils sont grands ces petits...1979
André Delvaux...Femme entre chien et loup...1979
Claude sautet...Un mauvais fils...1980

Gerard Mordillat...Vive la sociale...1983
Claude Sautet...Garcon...1983
Gerard Mordillat...Pas de vieux os...1984
Gerard Mordillat...Billy Ze Kick...1985
Daniel janneau...Le débutant...1986
Marc Rivière...Le crime d'Antoine...1988
Gérard Mordillat...Cher frangin...1988
Jacques Trefouel...Les eaux dormantes...1991
Coline serreau...La crise...1992
Dominique Guerrier...Le nez au vent...1994
Jean denis Robert...Sortez des rangs...1994
Gilles Bourdos...Disparus...1998

 

YVES ROBERT

YVES ROBERT

Tag(s) : #REALISATEUR

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