MARLON BRANDO

Publié le par cinestranger

MARLON BRANDO est mort dans la solitude et la pauvreté. Ses dernières années de vie étaient caractérisées par l'  unique ambition  de capitaliser sur sa légende et son mystère, pour négocier, à prix d'or, l'une ou l'autre participation dans des films. Que lui importait leur qualité, pourvu qu'ils pussent éponger ses énormes dettes, payer ses pensions alimentaires faramineuses et lui éviter d'émarger à un fonds de soutien aux acteurs nécessiteux. Il y a eu  la vente de son paradis polynésien et l'hypothèque faite sur sa maison de Mulholland Drive.

Interrogé par la revue Play boy, il devait un jour préciser : « L'acteur, c'est une gigantesque imposture, une tarte à la crème. Tout le monde joue. On passe sa vie à jouer. La seule différence, c'est que les acteurs professionnels (quelques-uns du moins) connaissent quelques ficelles et se font payer pour ça. »

Au tout début des années 50, avec le succès proprement phénoménal de ses premiers films, Marlon Brando s'était trouvé promu au rang de héros de la culture moderne, rénovateur du jeu cinématographique et théâtral, et c'est en vain que, par la suite, il avait essayé de se débarrasser de cette image qui lui collait à la peau .

Il était né à Omaha, le 3 avril 1924, et est décédé le 01 juillet 2004 ( Ses cendres ont été dispersées au large de l' île de Tahiti) .

Il était le fils d'un militaire et d'une actrice qui avait donné ses premières leçons de comédie à Henry Fonda. De sa mère, il héritera une passion pour la scène mais refusera la dérive alcoolique, qui avait brisé une famille de trois enfants, dont lui-même.  Son père l'enverra dans une académie militaire         ( Shattuck Military Academy de Fairbault, dans le Minnesota ) mais il n'y fait pas long feu en raison de son caractère agressif, reclus et déjà rebelle à toute forme de contrainte.

De cette vie sous l'uniforme, il devait néanmoins garder un culte éphémère du corps et de l'exercice physique.

 
En 1943, il entre à l'Actors Studio de New York, où il a la chance d'avoir pour professeurs Stella Adler et Lee Strasberg, dispensateurs d'une technique nouvelle, baptisée « la méthode », dont le principe fondamental est l'intériorité du personnage, en contradiction avec le jeu distant de l'acteur tel qu'il est alors pratiqué à Hollywood. Une discipline qu'illustrera Brando, en 1950, lorsqu'il passera un mois immobilisé sur un lit, dans le service de rééducation d'un hôpital, en préparation de son rôle de paraplégique dans « C'étaient des hommes ».

En 1944, Marlon Brando faisait ses débuts d'acteur professionnel sur une scène de Broadway, avec une pièce de Katherine Forbes intitulée « I Remember Marna ». Dès l'année suivante, il obtenait des rôles importants et voyait naître sa réputation avec « Truckline Cafe » de Maxwell Anderson, « Candida » de George Bernard Shaw, « A Flag Is Born » de Ben Hecht et « L'Aigle à deux têtes » de Jean Cocteau.

Il a rencontré le metteur en scène Elia Kazan, qui l'a présenté au dramaturge Tennessee Williams. Les deux hommes sont à la recherche d'un Stanley Kowalski pour  " Un tramway nommé désir ".  Et, dans cet acteur  aux épaules de déménageur, ils croient avoir trouvé leur interprète. Créé en 1947, " Un tramway nommé désir " sera, de fait, un succès immédiat sur la scène de Broadway, tandis que Brando, à travers le naturalisme de son jeu, catalysera les désirs d'émancipation sexuelle d'une jeunesse longtemps sevrée par un carcan moral que la guerre aura contribué à faire sauter.

Au lendemain de l'adaptation cinématographique de la pièce, il est très  courtisé. Mais  Brando est un  timide, insensible au culte de la personnalité qu'il génère, conscient de l'artifice de sa soudaine notoriété, et aux antipodes de la brutalité bestiale d'un personnage comme Stanley Kowalski. Au début de ces années 1950, deux événements vont, sans qu'il y paraisse en surface, ébranler l'homme et le comédien.
Le premier est la dénonciation par Elia Kazan de huit de ses anciens camarades lorsque, pressé par la commission McCarthy, qui lui reproche son appartenance au parti communiste dans les années 1930, il ne songe qu'à sauver sa peau, à défaut de son honneur. Brando poursuivra leur collaboration, glanant même un Oscar au passage (" Sur les quais "), mais, en lui, quelque chose est irrémédiablement cassé : le père a trahi. Deux ans plus tard, en 1954, il apprend la mort de sa mère. 

MARLON jusqu'alors si consciencieux, se montre capricieux, indiscipliné et trouble sciemment la concentration de ses partenaires. Au point qu'il ne lui faudra pas dix ans pour voir les portes de Hollywood se refermer à la seule mention de son nom. Entre-temps, il frotte son talent à tous les genres. La comédie musicale avec " Blanches colombes et vilains messieurs ", le drame guerrier avec   " Le bal des maudits " et la comédie satirique avec " La petite maison de thé ", où le public le découvre grimé comme un Japonais.
Les premières ruptures de Brando avec le monde du cinéma datent de 1962 et du tournage des           " Révoltés du Bounty ", sur lequel, non content d'avoir exigé un salaire exorbitant, il pourrit l'ambiance par ses retards et ses improvisations, refusant de paraître tant qu'il n'aura pas été visité par l'inspiration. Si la star y a gagné un amour immodéré pour la Polynésie, au point de s'y installer, la MGM, affaiblie par l'échec commercial de cette superproduction, y perdra de son crédit. Il tournera      " Reflets dans un oeil d'or ", électrique avec Elizabeth Taylor, qui lui sauvera la mise .


Mais Marlon décrochera le rôle de de Vito Corleone dans "Le parrain" . L'Oscar qu'il décrochera, pour l'occasion, prouve que le talent est demeuré intact. Pour autant, l'homme ne s'est pas assagi. A la cérémonie de remise des prix, , par son insatisfaction chronique de l'état américain ,il préfère envoyer une Indienne armée d'un discours critique sur l'exécrable réputation faites aux « natives » dans les films américains.

Le film " Dernier tango à Paris " lui apporte une nouvelle nomination, la scène où il sodomise Maria Schneider en s'aidant d'une motte de beurre vaudra au film de Bertolucci d'être interdit dans de nombreux pays.

Brando demeure constant dans son souverain mépris à l'égard de Hollywood. Les quatre millions de dollars qu'il réclamera et obtiendra pour trois minutes dans " Superman ", en est une parfaite et cynique illustration. A l'époque, il passe pour un ermite mégalomane, dont la silhouette obèse, pourchassée par les paparazzis, fait la désolation de ses admirateurs de la première heure.



 

FRED ZINNEMANN ...C'ETAIENT DES HOMMES 1950
ELIA KAZAN ...UN TRAMWAY NOMME DESIR 1951


ELIA KAZAN ...VIVA ZAPATA 1951

JOSEPH L MANKIEWICZ ...JULES CESAR 1953


LASLO BENEDEK ...L'EQUIPEE SAUVAGE 1953
ELIA KAZAN ...SUR LES QUAIS 1954



HENRY KOSTER.. DESIREE 1954
JOSEPH L MANKIEWICZ ...BLANCHES COLOMBES ET VILAINS MESSIEURS 1955
DANIEL MANN ...LA PETITE MAISON DE THE 1956


JOSHUA LOGAN ...SAYONARA 1957


EDWARD DMYTRYK... LE BAL DES MAUDITS 1958

SIDNEY LUMET... L'HOMME A LA PEAU DE SERPENT 1959
MARLON BRANDO ...LA VENGEANCE AUX 2 VISAGES 1959


LEWIS MILESTONE ...LES REVOLTES DU BOUNTY 1962


GEORGE ENGLUND ...LE VILAIN AMERICAIN 1963
RALPH LEVY ...LES SEDUCTEURS 1964
BERNHARD WICKI ...MORITURI 1965

ARTHUR PENN ...LA POURSUITE IMPITOYABLE 1965


SIDNEY J FURIE... L'HOMME DE LA SIERRA 1966
CHARLES CHAPLIN ...LA COMTESSE DE HONG KONG 1966

JOHN HUSTON ...REFLETS DANS UN OEIL D'OR 1967


CHRISTIAN MARQUAND... CANDY 1968
HUBERT CORNFIELD ...LA NUIT DU LENDEMAIN 1968
GILLO PONTECORVO... QUEIMADA 1969



MICHAEL WINNER ...LE CORRUPTEUR 1971
FRANCIS FORD COPPOLA... LE PARRAIN 1972



BERNARDO BERTOLUCCI ...DERNIER TANGO A PARIS 1972


ARTHUR PENN ...THE MISSOURI BREAKS 1975
FRANCIS FORD COPPOLA... APOCALYPSE NOW 1976
RICHARD DONNER ...SUPERMAN 1977
JOHN G AVILDSEN ...LA FORMULE 1979
EUZHAN PALCY ...UNE SAISON BLANCHE ET SECHE 1988


ANDREW BERGMAN ...PREMIERS PAS DANS LA MAFIA 1989


JOHN GLEN ...CHRISTOPHE COLOMB/THE DISCOVERY 1991

 il jouait le rôle de (Tomas de Torquemada)


JEREMY LEVEN... DON JUAN DE MARCO 1994


RICHARD STANLEY... L'ILE DU DOCTEUR MOREAU 1995


JOHNNY DEPP ...THE BRAVE 1996
YVES SIMENEAU... FREE MONEY 1997
FRANK OZ... THE SCORE 2000

 

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