ODETTE LAURE

Publié le par cinestranger


ODETTE LAURE
 
Comédienne née à PARIS le 28/02/1917 décédée le 10/ 06/ 2004.
surnommée "Le BOURVIL en jupon" connue comme lui et également interprète de nombreuses opérettes en dehors du cinéma .
 

Elle était un  petit bout de femme qui avait formé Gérard Depardieu et Isabelle Huppert, fait carrière dans le music-hall. Venue tardivement au théâtre et épisodiquement au cinéma, Odette Laure du fait de sa voix et de son mètre cinquante aura été un infatigable boute-en-train au  pouvoir comique  .
Ses parents étaient  restaurateurs, propriétaires du Café des Arts » à Belleville. A 4 ans, elle se hisse déjà sur les tables de l'établissement pour chanter des airs de Damia et Mistinguett, tandis qu'à l'école, sa fantaisie et sa drôlerie font mouche.

Vedette de revues scolaires, elle se présente à des concours radio-phoniques. Saint Granier, l'animateur du Poste Parisien, n'hésitera pas sur sa personnalité artistique. « Avec la petite gueule que vous avez, jamais vous ne ferez croire aux gens que vous mourez d'amour. Devenez une fantaisiste », lui conseille-t-il prophétiquement.

Son père refuse  d'envisager son entrée au Conservatoire. Pour faire plaisir à ses parents, elle choisit alors de devenir coiffeuse-esthéticienne, caressant l'espoir d'autant moins fou de rencontrer ses idoles qu'elle fait des stages chez le grand coiffeur Antoine et chez le visagiste Fernand Aubry. Elle  se marie mais le mari se révèle volage. Un soir qu'elle le surprend au lit avec sa maîtresse, il a cette réaction candide de présomption : « J'ai été mis au monde pour le bonheur des femmes. Elle me le disent toutes : je suis un amant de première classe. »

Elle se libère  et  décide de se donner à sa passion et frappe à la porte du cabaret de Suzy Solidor, rue Sainte Anne. Elle y restera trois ans.

Avec la complicité du metteur en scène Max Revol, elle devient une véritable show-woman. Michel Emer, l'un des auteurs-compositeurs d'Edith Piaf, lui écrit une chanson sur mesure « Moi je tricote, je suis idiote » Francis Blanche lui offre un autre succès avec « Ça tourne pas rond dans ma p'tite tête », pour lequel elle se voit couronner en 1954 du prix Charles Cros. Du cabaret, elle passe au music-hall, et c'est Bobino et l'Olympia. A l'époque, elle collabore déjà aux émissions radiophoniques de Jean Nohain dont la célébrissime « C'est arrivé à 36 chandelles ».

Elle a fait ses débuts au cinéma dans « La Marie du port ». Pour sa première et modeste contribution, Jean Gabin, qu'elle a mission de séduire tout en mangeant un sandwich, est son unique partenaire. « Il paraît que c'est votre premier rôle », lui fait-il, la scène terminée. « Eh bien, je ne me fais pas de souci pour vous. Quand on peut parler avec autant de nature tout en boulottant un sandwich c'est qu'on est fait pour ce métier. •

Avec les années 1960, avec  le déferlement de la vague yé-yé commence une traversée du désert qui durera douze ans  et  elle décide, en 1961, d'effectuer « une retraite intellectuelle et métaphysique » au Japon. Elle y découvre la philosophie zen et ses corollaires, la maîtrise et le goût de la méditation.

Sa rencontre avec le metteur en scène Jean-Laurent Cochet la remet en selle. Non seulement il l'invite à l'assister dans le nouveau cours d'art dramatique qu'il vient d'ouvrir, et qui formera, outre Huppert et Depardieu, Bernard Giraudeau et Fabrice Luchini, mais en plus, il parraine ses débuts au théâtre, dans « Boudu sauvé des eaux ».
En 1976, elle vit une tragédie intime avec le décès de Jean Valmence, après vingt années de vie commune.

Et retour au théâtre. Dans l'opérette d'André Messager « Véronique » (1979). En Mme Peloux, mère de « Chéri », dont Michèle Morgan est l'initiatrice. En héritière de Valentine Tessier dans « Revenu de l'Etoile » (1984). A l'époque, elle crée le prix de la « Louche d'or », décerné chaque année à tous les comédiens « qui servent la soupe aux autres ».

Téléfilms et séries et tous les vendredis soir, au « Studio Gabriel » de Michel Drucker, où son sens de la répartie et sa faconde font mouche. Le cinéma lui offrira de beaux seconds rôles.

 

Mais, en 1996, elle doit abandonner ses rendez-vous hebdomadaires pour la pose d'un pacemaker. A dater de ce jour, elle se ménagera , une existence moins chahutée,vouant une partie de son temps à l'aide aux nécessiteux, par le biais de l'association des Petits Frères des Pauvres. Odette Laure, que l'on avait appelée « le Bourvil en jupon », devait décéder le 10 juin 2004 à Paris.
HENRI JEANSON ...LADY PANAME 1949
MARCEL CARNE... LA MARIE DU PORT 1949
GEORGES COMBRET... LA POCHARDE 1952
JULIEN DUVIVIER... LA FETE A HENRIETTE 1952
ROBERT SIODMAK ...LE GRAND JEU 1953
JACQUELINE AUDRY... MITSOU 1956



HENRI DIAMANT BERGER... C'EST ARRIVE A 36 CHANDELLES 1957
JACQUELINE AUDRY ...L'ECOLE DES COCOTTES 1957



JEAN DELANNOY... GUINGUETTE 1958
PIERRE TCHERNIA... LE VIAGER 1971


ERIC LE LUNG... MOI FLEUR BLEUE 1977
PETER KASSOVITZ... AU BOUT DU BOUT DU BANC 1979
JEAN PIERRE DARRAS... LE BRACONNIER DE DIEU 1982

 



ANNICK LANOE ...LES NANAS 1984


NICOLAS RIBOWSKI ...PERIGORD NOIR 1988
BERTRAND TAVERNIER ...DADDY NOSTALGIE 1990



YVES ROBERT ...LE BAL DES CASSES PIEDS 1991
CEDRIC KLAPISCH ...RIENS DU TOUT 1991
KATHLEEN FONMARTY ...JALOUSIE 1991
GEORGES LAUTNER ...L'INCONNU DANS LA MAISON 1992
EVELYNE DRESS ...PAS D'AMOUR SANS AMOUR 1992
ANNICK LANOE ...LES MAMIES 1992


PASCAL THOMAS ..LA DILETTANTE 1999


ALEXANDRE JARDIN ...LE PROF 1999

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